Nouvellement élue présidente du Comité territorial olympique et sportif de Martinique, Marie-Noëlle CATAYEE entend poursuivre le redressement financier de l’institution, renforcer l’accompagnement des ligues et comités, et donner davantage de place au sport martiniquais dans son environnement caribéen. Elle répond aux questions de Roland Dorival, pour Antilla.

Antilla : Vous venez d’être élue présidente du Comité territorial olympique et sportif de Martinique. Quel sentiment domine aujourd’hui ?
Marie-Noëlle CATAYEE : Je mesure d’abord la grande responsabilité qui m’est confiée. Il s’agit de donner une nouvelle dynamique au CTOSMA, de mener à bien les projets déjà engagés, mais aussi d’en imaginer de nouveaux, avec une dimension réellement structurante pour le mouvement sportif martiniquais.
Vous arrivez à la tête d’une institution très attendue par les ligues, les comités et les clubs. Disposez-vous aujourd’hui des moyens nécessaires pour répondre à ces attentes ?
Je ne suis pas seule dans cette aventure. Il y a une équipe autour de moi, avec le conseil d’administration, le bureau et le comité directeur. Ce sont des personnes engagées, impliquées, qui connaissent les réalités du terrain. Je compte sur elles, et elles comptent aussi sur moi.
Sur le plan financier, nous sortons d’une période difficile. L’année 2024 a été compliquée, mais nous sommes aujourd’hui dans une phase de rétablissement de l’équilibre en 2025, sous le contrôle de notre excellent trésorier.
Le CTOSMA a donc engagé un redressement financier ?
Oui. Après une période très difficile en 2024, nous sommes en train de rétablir un équilibre. Grâce à un résultat exceptionnel, nous avons aujourd’hui la possibilité de mener certains projets. Mais nous ne devons pas nous arrêter à ce résultat ponctuel.
Nous devons aller chercher de nouvelles sources de financement pour assurer le fonctionnement du CTOSMA et lui permettre d’agir durablement. Le résultat exceptionnel que nous avons dégagé sera consacré à un projet structurant au service du mouvement sportif.
Quels sont vos principaux objectifs pour cette mandature ?
Plusieurs dossiers importants ont déjà été initiés par le président René Méril. Je pense notamment à l’octroi de mer, à la question des billets d’avion, à la formation des encadrants, mais aussi à la problématique du recrutement.
Ce sont des sujets très concrets pour les clubs et les ligues. Elles ne peuvent faire de déplacement, la capacité à former les encadrants, la difficulté à recruter ou à fidéliser des bénévoles et des professionnels sont des réalités quotidiennes pour le mouvement sportif.
Vous évoquez aussi le rôle du sport face aux difficultés sociales et à la violence. Quelle place le CTOSMA peut-il prendre sur ce sujet ?
Le mouvement sportif doit apporter une contribution très active à cette question. Nous devons trouver des solutions pour mettre davantage de jeunes en activité sportive. Le sport peut leur donner un cadre, des repères, des règles, un collectif.
Il ne s’agit pas de dire que le sport règle tout, mais il peut contribuer à éloigner certains jeunes d’activités illicites ou dangereuses. C’est un enjeu de société, pas seulement un enjeu sportif.
La Martinique est souvent comparée à la Guadeloupe ou à d’autres territoires de la Caraïbe dans les compétitions régionales. Comment améliorer la présence martiniquaise ?
Cela fait partie de nos objectifs et de nos priorités. Il nous faut chercher d’autres types de ressources pour dépendre moins exclusivement des financements publics. Cela nous permettrait d’accompagner davantage nos actions de coopération régionale.
Nous avons intégré des organisations sportives régionales et nous voulons une présence sportive martiniquaise beaucoup plus importante au sein de ces organisations. Mais cela suppose des moyens, car la coopération régionale a un coût important.

Les Jeux d’Amérique centrale et des Caraïbes, prévus cette année en République dominicaine, illustrent-ils cette difficulté ?
Oui. Pour ces Jeux, qui auront lieu en République dominicaine au mois de juillet, une petite délégation martiniquaise va partir. Nous aurions souhaité envoyer une délégation plus importante, mais pour des raisons financières évidentes, plusieurs ligues ne peuvent pas faire le déplacement, alors même qu’elles étaient en capacité d’envoyer des athlètes.
C’est précisément pour cela que nous devons travailler à renforcer nos moyens. La Martinique a des talents, des athlètes capables de représenter dignement le territoire, mais il faut pouvoir leur donner les conditions concrètes pour participer à ces rendez-vous régionaux.
Quel message souhaitez-vous adresser au mouvement sportif martiniquais ?
Je veux dire que nous allons travailler avec sérieux, avec méthode et avec l’ensemble des acteurs. Le CTOSMA doit rester au service du mouvement sportif. Il doit accompagner, représenter, soutenir, mais aussi construire des perspectives nouvelles.
Nous avons des défis importants devant nous, financiers, humains, sociaux et sportifs. Mais nous avons aussi des forces, des compétences et une vraie volonté collective. C’est sur cette base que nous devons avancer.
De notre envoyé spécial Roland Dorival





Vous évoquez aussi le rôle du sport face aux difficultés sociales et à la violence. Quelle place le CTOSMA peut-il prendre sur ce sujet ?