Les acteurs économiques guadeloupéens remettent au cœur du débat public l’utilisation de l’article 73 de la Constitution, présenté comme un outil juridique encore largement sous-exploité au service du développement du territoire. Réunis lors d’une conférence de presse organisée à Pointe-à-Pitre, la Chambre de Commerce et d’Industrie des Îles de Guadeloupe, la CPME Guadeloupe et l’UDE-MEDEF Guadeloupe ont souhaité poser un constat clair : la Guadeloupe dispose déjà de marges de manœuvre juridiques significatives, mais ne les mobilise pas suffisamment.
Selon les organisations patronales, de nombreuses difficultés économiques locales trouvent leur origine dans des normes inadaptées, des procédures complexes et des délais excessifs qui freinent l’investissement, ralentissent les projets structurants et pénalisent durablement la création d’emplois. Dans ce contexte, l’article 73 de la Constitution apparaît comme un levier concret permettant d’adapter les lois et règlements aux réalités spécifiques du territoire.
Cet article offre notamment la possibilité d’ajuster certaines règles nationales aux contraintes locales, d’habiliter les collectivités à définir elles-mêmes des dispositions dans des domaines non régaliens, ou encore d’expérimenter des dispositifs juridiques et économiques ciblés. Il permet également d’alléger des normes jugées bloquantes sans remettre en cause le cadre institutionnel, tout en clarifiant les responsabilités respectives de la Région et du Département afin de favoriser une action publique plus coordonnée.
Les organisateurs ont tenu à lever toute ambiguïté : il ne s’agit ni d’un projet d’autonomie politique, ni d’une remise en cause de l’unité républicaine. L’enjeu est celui d’un usage stratégique, responsable et pleinement assumé du droit existant, dans le respect de l’État unitaire et du principe d’égalité. L’objectif affiché est pragmatique : accélérer le développement économique, renforcer la compétitivité des entreprises locales et améliorer concrètement la qualité de vie des Guadeloupéens.
Au-delà des aspects juridiques, les intervenants ont insisté sur les conséquences très concrètes de ce débat pour la population. Emploi, pouvoir d’achat, avenir des jeunes et capacité à vivre dignement sur le territoire sont directement concernés par la capacité de la Guadeloupe à adapter ses règles et à se donner les moyens d’agir efficacement.
Pour les organisations économiques, adapter les règles ne fragilise pas la République. Au contraire, c’est permettre à la Guadeloupe de réussir pleinement en son sein, en utilisant intelligemment les outils déjà prévus par la Constitution.





