Le bâtiment ravitailleur de forces a fait escale en Martinique, ce jeudi. Fraîchement livré en novembre 2025, le BRF este encore en phase de rodage et est venu se tester dans les eaux tropicales après avoir navigué dans les eaux froides de l’Atlantique.
200 mètres de long, 32 mètres de large, 30 000 tonnes et jusqu’à 20 nœuds. Dans les eaux du port de Fort-de-France s’élève le bâtiment ravitailleur de forces (BRF) Jacques Stosskopf. Ce mastodonte des mers a comme son nom l’indique pour principale mission de ravitailler d’autres navires en mer. Fraîchement sorti de Scandinavie, le bateau a fait escale sous les tropiques de la Martinique. En effet, livré fin novembre 2025, le bateau flambant neuf fait ses gammes dans l’Atlantique, la Méditerranée ou encore le Pacifique. Pour mettre à l’épreuve l’équipement du Jacques Stosskopf, le capitaine de vaisseau Sébastien Fajon guide son navire vers les conditions les plus diverses. « On fait un déploiement longue durée qui va durer environ quatre mois et demi. Il nous permet de tester le navire dans différentes conditions pour être sûr qu’il correspond bien à l’objectif que l’on avait lorsqu’on l’a acheté. »
Conditions de grand froid, de mer formée, d’eaux tropicales, le jeune BRF Jacques Stosskopf est en phase de test intense. La ronde des tests n’est pas finie. Après la Martinique, le BRF prendra la direction du Pacifique pour vérifier ses capacités interalliées avec les forces de l’Otan. Outre la vérification de ses capacités militaires, le ravitailleur prête main-forte aux navires alliés qu’il croise. « Nous les ravitaillons ou nous apportons un support médical. » Il poursuit : « Nous ne sommes plus sur un ravitailleur comme nous l’avions à l’époque, qui ne faisait que du carburant, des vivres et de l’eau. Maintenant, nous apportons du support plus large en terme atelier, en terme médical et en terme état-major. » Autre nouveauté de ce BRF : il peut stocker des munitions pour en assurer le ravitaillement.
140 personnes à bord
Le capitaine de vaisseau Sébastien Fajon, explique qu’un bon ravitaillement est un ravitaillement rapide : « Pendant que vous ravitaillez, vous êtes vulnérable. Il faut le minimiser. Le navire a donc été construit en termes de flux. »

L’équipage qui se compose de 140 personnes permet au navire d’être autonome pendant 6000 nautiques. « Ce sont des durées de l’ordre du mois sans aucun besoin de ravitaillement. Le seul besoin que nous avons d’aller à quai, c’est soit d’aller récupérer du ravitaillement pour les autres bateaux, soit de permettre aux marins de se régénérer. »
À l’arrière du bateau, un espace réservé à l’atterrissage des plus gros hélicoptères comme le V22 Osprey de l’armée américaine. « Cela montre la totale intégration interalliée pour arriver à bien se connecter à tous nos amis. » Le BRF Jacques Stosskopf est également équipé de moyens de défense. « Il y a deux systèmes d’autodéfense, c’est du canon 40 mm de marque RapidFire dans une situation de surface-surface. En aérien, le bâtiment dispose de missile type mistral envoyé depuis le central opération pour traiter les cibles aériennes. »

Mis en chantier il y a trois ans, le capitaine de vaisseau affirme que le BRF est à la pointe de la technologie. « Quand on fait un bateau, on prévoit dès le début ses capacités d’évolution. Concrètement, il y a des espaces vides qui serviront à installer du matériel pour faire évoluer le bateau qui en a pour quarante ans de vie. Ce navire n’est pas conçu pour soutenir le porte-avions Charles-de-Gaulle. Il est conçu pour soutenir le porte-avions de nouvelle génération qui arrivera en 2035 et qui sera le successeur du Charles-de-Gaulle.
Le parcours qu’effectue le BRF Jacques Stosskopf n’est pas une simple promenade de santé. L’objectif est que le bâtiment soit admis au service actif à l’été 2026. « Une fois admis au service actif, il pourra être déployé sur des missions opérationnelles partout dans le monde. »
Laurianne Nomel





