ANTILLA MARTINIQUE | Avec vous depuis 1981

TÉMOIGNAGE. Harcelée au collège, elle veut que « les adultes comprennent la violence » entre jeunes

TÉMOIGNAGE. Harcelée au collège, elle veut que « les adultes comprennent la violence » entre jeunes
septembre 24
23:13 2022

Ce qui se passe dans l’Hexagone nous concerne nos jeunes aussi, nous publions ici ce texte issu de notre confrèsre www.ouest-france.fr – À 19 ans, Carole (1) a subi quatre ans de harcèlement au collège. Elle raconte son calvaire dans l’espoir que de véritables mesures soient prises pour lutter contre ce fléau dans les établissements scolaires.

« Pendant quatre ans, je suis allée au collège avec la peur au ventre. Parfois, je ne mangeais pas le midi. Je restais enfermée dans les toilettes. » À 19 ans aujourd’hui, Carole (1) veut témoigner du harcèlement qu’elle a vécu, « pour que les adultes comprennent la violence du phénomène » .

Quand elle entre au collège à Quimper (Finistère), elle vient d’une petite commune voisine et n’a qu’une amie avec elle. Alors, elle entre en contact avec les ados de sa classe sur les réseaux sociaux. Juste ça.

Il n’en fallait pas plus pour qu’une élève de quatrième, jalouse, s’agace de voir son petit ami demandé en ami par Carole. « De là, on m’a inventé une vie. La fille, populaire, a fait courir des rumeurs sur moi. Ça n’a jamais cessé » se souvient Carole.

Insultes et humiliations

En 6e et 5e, elle est régulièrement harcelée, insultée, humiliée, dans la cour ou les couloirs, par des groupes d’élèves. « Ça arrivait au moins toutes les semaines. On criait que j’étais une pute, que je couchais avec tout le monde. » Des rumeurs qui vont très vite totalement l’isoler.

Chez elle, Carole ne raconte rien à sa famille, donne le change. Mais à la maison, le harcèlement continue sur les réseaux sociaux. Là, les insultes pleuvent, allant jusqu’aux menaces de mort. En 4e, les choses s’aggravent lorsque son premier petit ami la quitte et raconte leur intimité à tout le collège. La 3ne sera pas plus facile.

« J’allais souvent raconter au conseiller principal d’éducation ce qui m’arrivait. Parfois, on convoquait des harceleurs. Mais jamais de sanctions. Je n’ai jamais vu un surveillant intervenir pour me protéger » regrette la jeune fille.

Idées noires

En 3e, Carole se mutile. Conséquence d’un « trop-plein de voir que je ne pouvais avoir confiance en personne. Jamais. » Carole dort mal. Des idées noires la traversent « tous les jours. Je ne comprenais pas pourquoi il fallait vivre dans tant de douleurs… J’ai tenu parce que j’avais une famille ».

En 2016, la situation dégénère. Les rumeurs des réseaux sociaux se sont propagées. Alors qu’elle se trouve en ville, pour une obscure histoire de jalousie, la jeune fille se retrouve seule, encerclée par une bande d’élèves d’un autre établissement. Les insultes pleuvent. Elle est violemment agrippée, on la gifle, on lui tire les cheveux. Deux passantes appellent la police. Les forces de l’ordre lui proposent simplement de venir porter plainte plus tard.

Cette fois, la mère de Carole l’apprend. Elle l’accompagne chez le médecin : trois jours d’ITT. Elles vont porter plainte. La réponse ne tombe qu’un an plus tard : classement sans suite.

Après l’agression, Carole consulte une psychologue. « Elle m’a aidée à dire à ma mère qu’il fallait que je change d’établissement. » Pour son lycée, Carole quitte le département pour aller en internat. Ses années lycée se passeront mieux.

Cercle vicieux

Aujourd’hui, Carole souhaite que les jeunes visés par du harcèlement « trouvent le courage de parler. Il faut porter plainte contre les harceleurs, contre les établissements s’ils ne font rien » Elle prévient : « Un jeune qui réussit à parler, ne dira que le quart de ce qu’il vit. » Carole veut que les adultes comprennent « la violence, et le cercle vicieux qu’entraîne le harcèlement ». Elle réclame « de vraies mesures dans les écoles. Que les harceleurs portent la mention de leur comportement dans leur dossier par exemple » .

Un peu timide, « hypersensible » parfois fragile, mais très consciente de l’impact du harcèlement qu’elle a vécu, Carole continue d’avancer. Après une année de fac de droit, l’an passé, elle a affronté le monde du travail, « souvent avec angoisse » À la rentrée, elle a repris, plus sereinement, des études.

(1) Prénom d’emprunt

Source : https://www.ouest-france.fr/

 


Warning: count(): Parameter must be an array or an object that implements Countable in /homepages/39/d698375107/htdocs/backup2311/wp-content/themes/legatus-theme/includes/single/post-tags.php on line 5
Partager

Articles semblables

0 Commentaires

Aucun commentaire encore!

Il n'y a aucun commentaire pour le moment, voulez-vous en ajouter un?

Ecrivez un commentaire

Ecrivez un commentaire

Laissez votre commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Abonnez-vous et lisez dès maintenant !

Pour savoir qu’est-ce que Songhaï et le Professeur Godfrey N’Zamujo

archives

NOS DIFFÉRENTES RUBRIQUES

%d blogueurs aiment cette page :
Antilla1

GRATUIT
VOIR