Entre choc énergétique, fragilités structurelles et accélération des défaillances d’entreprises, l’économie martiniquaise entre dans une zone de turbulences majeures. L’année 2026 pourrait marquer un point de bascule.
Un choc externe aux conséquences immédiates
La guerre en Iran va chambouler les perspectives de reprise de l’économie pour la Martinique. Le conflit pourrait faire grimper, cette année, l’inflation à 3,6 % et amputer la croissance de 2 points. Un retournement brutal pour la Collectivité territoriale de Martinique.
Force est de souligner que cette crise complique l’équation budgétaire. Un choc énergétique majeur affecterait des finances publiques déjà exsangues. « On a connu le quoi qu’il en coûte. La maîtrise des finances publiques doit désormais se faire quoi qu’il arrive », a déclaré le Premier ministre Sébastien Lecornu.
Une économie déjà fragilisée en 2025
L’économie de la Martinique aborde 2026 dans un climat de grande fragilité. L’INSEE constate un recul de 0,8 % de l’activité en 2025, confirmant une inversion de tendance.
La construction chute de 5,8 %, le tertiaire ralentit et l’industrie recule. Seul le secteur public amortit encore le choc, révélant une dépendance structurelle à la dépense publique.
Un marché du travail sous tension
La baisse de l’emploi salarié, notamment dans le privé, confirme le ralentissement. L’intérim s’effondre, signe d’une crise durable. Le chômage reste élevé, masquant une dégradation plus profonde.
Une dépendance structurelle aux importations
Le déficit commercial atteint des niveaux élevés. Malgré certaines exportations, le poids des importations rend l’économie extrêmement vulnérable aux chocs extérieurs, notamment énergétiques.
Une explosion des défaillances d’entreprises
En 2025, 2 832 défaillances ont été enregistrées en Outre-mer (+12,2 %). En Martinique, la hausse atteint 15,6 % en fin d’année, avec plus de 500 entreprises en difficulté.
Le BTP et la restauration sont les secteurs les plus touchés, pris entre hausse des coûts et baisse de la demande.
Vers un choc inflationniste généralisé en 2026
Le conflit au Moyen-Orient accentue les tensions sur les prix de l’énergie. Les coûts de production et de transport explosent.
En Martinique, tous les produits importés sont concernés : matériaux, biens industriels et alimentation. Les projets deviennent moins rentables, voire impossibles.
Le risque de stagflation
La hausse des prix et le ralentissement économique pourraient entraîner une stagflation. Le pouvoir d’achat recule, la consommation baisse et les recettes publiques diminuent.
Des finances publiques sous pression
La rigueur budgétaire limite les capacités d’intervention de l’État. Les territoires ultramarins, très dépendants du soutien public, pourraient être particulièrement exposés.
Un tourisme en mutation
Malgré un trafic aérien en hausse, la fréquentation hôtelière diminue et les séjours se raccourcissent, limitant les retombées économiques.
2026, une année de bascule ?
L’accumulation des facteurs de crise annonce une année critique. Inflation, faillites, baisse de la demande : le risque d’un enlisement économique est réel.
La transformation du modèle économique martiniquais apparaît désormais comme une nécessité.





