La Soges se débarrasse du plastique pour passer à l’inox pour les portages de repas dans trois communes de l’Espace sud. Les nouveaux contenants désormais réutilisables seront disponibles pour 200 bénéficiaires.
« On ne jette plus, on réutilise ! » Aux anses d’Arlets et bientôt au François et à Rivière-Salée, le portage de repas, se verdit. Exit les barquettes en plastique pour servir de contenant aux repas. Bienvenue aux contenants en inox avec leur couverture silicone et verre trempé. Le portage de repas se met aux barquettes réutilisables. Il faudra désormais vider sa barquette et la remettre au livreur. La Soges (Société de gestion d’équipements du sud de la Martinique) a été missionnée par ses actionnaires (la ville du François, la ville de Rivière-Salée et la ville des Anses d’Arlets) pour le portage de repas. Les contenants réutilisables seront destinés à 200 bénéficiaires répartis sur les trois communes.

Ces nouvelles barquettes en inox peuvent passer au micro-onde. Les 200 repas sortiront de la cuisine centrale de Ducos. Elle est pour l’occasion équipée d’un lave-vaisselle spécifique et de deux machines à placer le banderolage.
Un coût de 300 000 euros
Mais passer au vert a un coût. 300 000 euros auront été nécessaires pour mettre en place ce plan de déploiement de barquettes réutilisables. Citéo a accompagné le projet à hauteur de 80%. Il est question de faire de la Soges un organisme « moderne, responsable et tournée vers l’avenir », explique sa présidente Sylvia Saïthsoothane. « Avec le constat de 1200 barquettes plastique utilisées par jour, on s’est posé la question du recyclable pour travailler sur l’environnement », poursuit la présidente de la Soges.

La Soges, comme de nombreux organisme de restauration collective a été contrainte par la réglementation. En effet, depuis le 1er janvier 2022, la loi Agec interdit les gobelets, couverts, assiettes et récipients jetables à usage unique pour les services de portage à domicile. La Soges s’était d’abord tournée vers des emballages carton/bois. L’expérimentation ne s’est pas révélée concluante contrairement à celle des barquettes en inox qui a convaincu les bénéficiaires et le personnel. « Elles gardent mieux au chaud. Au niveau design, ce n’est pas la même chose que les barquettes en plastique. Cela fait plus qualitatif », explique Anne-Laure Panevel, chargée QHSE à la Soges.

Avec le récipient en inox et le couvercle en verre trempé et en silicone rouge ou jaune, l’allure de ce contenant est plus convaincante que les emballages plastiques beiges. Mais cette jolie barquette peut creuser le budget de la Soges. À Fontenay-les-Roses où elle est également employée, on compte un taux de perte de 60%. Afin de ne pas se retrouver dans une même situation, la Soges a mis en place un système de traçabilité avec un QR code et un RFID (Radio frequency identification). « Avoir une bonne traçabilité était une condition sine qua non, intervient Anne-Laure Panevel. Avec notre insularité, on ne peut pas se permettre de perdre une barquette et d’attendre trois à quatre mois des barquettes qui arrivent de l’Hexagone. » Une barquette en inox coûte 12 euros contre 12 centimes pour un emballage plastique à usage unique.
Le plan de déploiement n’en est qu’à ses prémices. Il a été pleinement mis en place aux Anses d’Arlets où la commune est en liaison chaude pour les repas. Les barquettes en inox pour le portage de repas seront déployées très prochainement à Rivière-Salée et au François.
Laurianne Nomel
3 questions à Philippe Moccand, directeur du schéma industriel et Outre-mer chez Citeo

« Le réemploi est une solution concrète pour réduire les emballages à usage unique »
À l’occasion du lancement du projet de réemploi des barquettes de la Soges en Martinique, Philippe Moccand, directeur du schéma industriel et Outre-mer chez Citeo, revient sur les ambitions de cette initiative et les moyens mobilisés pour accompagner la transition vers des emballages plus durables.
Pourquoi Citeo accompagne-t-il le projet de réemploi des barquettes porté par la Soges ?
Ce projet s’inscrit pleinement dans la stratégie que nous déployons partout en France autour des « 3R » : réduire, réemployer et recycler les emballages. L’idée est simple : utiliser moins de plastique à usage unique en remplaçant les barquettes jetables par des contenants réemployables et lavables destinés aux foyers martiniquais. Nous accompagnons ce type d’initiatives depuis plusieurs années. Le projet de la Soges a été lancé il y a plus d’un an et constitue aujourd’hui une étape importante pour développer le réemploi sur le territoire. Il démontre qu’il est possible de mettre en place des solutions concrètes pour limiter la production de déchets tout en conservant un service efficace pour les consommateurs.
Quel est le soutien financier apporté par Citeo à cette initiative ?
À l’échelle nationale, Citeo a accompagné depuis 2023 près de 550 projets de réemploi, pour un montant total d’environ 120 millions d’euros. Concernant la Martinique, nous soutenons le projet de la Soges à hauteur de 200 000 euros, soit environ 80 % des dépenses éligibles. Cette aide permet notamment de financer l’acquisition des barquettes réemployables, leur système de traçabilité, les équipements nécessaires à leur retour, leur étiquetage ainsi qu’une laveuse indispensable au fonctionnement du dispositif. Le montant global de l’investissement est légèrement inférieur à 300 000 euros.
D’autres projets similaires pourraient-ils voir le jour en Martinique ?
Nous l’espérons. Les projets sont sélectionnés dans le cadre d’appels à projets nationaux ouverts également aux territoires ultramarins. Des bonifications spécifiques sont prévues pour les territoires insulaires afin de tenir compte de leurs contraintes particulières. Pour l’instant, la Soges est le seul porteur de projet martiniquais à avoir été retenu dans ce domaine. Mais nous espérons que cette initiative jouera un rôle de précurseur et inspirera d’autres acteurs. L’objectif est de réunir l’ensemble de l’écosystème local : distributeurs, metteurs sur le marché, prestataires de services et collectivités, afin de construire progressivement une véritable filière du réemploi à l’échelle du territoire. Les Outre-mer sont pleinement intégrés à cette dynamique nationale. D’ailleurs, l’an dernier, Citeo a investi environ 80 millions d’euros dans les territoires ultramarins pour accompagner les projets liés à l’économie circulaire et à la gestion des emballages.





