Par la rédaction de CiberCuba — Illustration : avion de la compagnie Rossiya. Photo © Wikimedia.
La Russie et Cuba négocient le rétablissement des vols directs entre les deux pays, suspendus depuis février en raison de la pénurie de carburant sur l’île. Ces discussions interviennent alors que les arrivées de touristes russes ont chuté de 73,3 % au cours des huit premiers mois de 2026.
Le directeur de l’Agence fédérale russe du transport aérien, Rosaviatsiya, Dmitri Yadrov, a rencontré le président de la Corporation de l’aviation civile de Cuba, Joel Beltrán Archer Santos, afin d’examiner les possibilités de rétablir les liaisons aériennes, a rapporté le quotidien russe Vedomosti le 9 octobre.
Si cette rencontre confirme la volonté des deux gouvernements de renouer les liaisons, aucune date de reprise ni aucun accord concret n’ont été annoncés.
Selon les données de l’Office national des statistiques et de l’information de Cuba (ONEI), l’île n’a accueilli que 21 563 visiteurs russes entre janvier et août, contre 80 653 pendant la même période en 2025, soit 59 090 visiteurs de moins.
Le recul a été encore plus marqué en août : Cuba n’a reçu que 189 touristes russes, contre 8 463 un an auparavant, soit une baisse de 97,8 %.
Cette situation affecte également les ventes de séjours touristiques. Selon les données de l’Association des voyagistes de Russie (ATOR), citées par Vedomosti, Cuba ne figure plus parmi les dix destinations les plus vendues pour les départs prévus à la fin du mois d’octobre.
Le carburant reste le principal obstacle
Le 5 octobre, Alexander Shchetinin, directeur du département Amérique latine du ministère russe des Affaires étrangères, a confirmé que la reprise des vols restait à l’ordre du jour des discussions bilatérales, mais qu’elle supposait de réunir certaines conditions.
Dans des déclarations à l’agence RIA Novosti, reprises par le portail spécialisé TourDom, le diplomate a exprimé l’espoir de voir ces obstacles levés, sans avancer de calendrier.
Les compagnies Rossiya et Nordwind ont suspendu leurs vols réguliers vers Cuba en février, après que les autorités aéroportuaires eurent signalé une pénurie de kérosène Jet A-1 dans les aéroports internationaux du pays.
Cette crise a nécessité l’organisation de vols de rapatriement pour les touristes russes encore présents sur l’île. Elle a également interrompu les liaisons régulières avec l’un des marchés que les autorités cubaines souhaitaient développer.
Un effondrement plus général du tourisme
Les difficultés du marché russe s’inscrivent dans une contraction beaucoup plus large du tourisme à Cuba. Entre janvier et août 2026, le pays n’a accueilli que 450 353 visiteurs internationaux, soit une baisse de 64,4 % par rapport à la même période de l’année précédente.
À ce stade, les discussions engagées ne garantissent donc pas la reprise des vols. Celle-ci dépend toujours de la résolution des difficultés d’approvisionnement en carburant et de la capacité à assurer des liaisons aériennes régulières.




