Dans son Itinéraire de Paris à Jérusalem, Chateaubriand se révèle « archéologue enthousiaste ». Nous pensons qu’il imite l’attitude de ses jeunes professeurs dolois dont il fut témoin en 1778.

Pourquoi le manuscrit parachevé des fouilles des autels tauroboliques du Mont-Dol explorées par l’abbé Rever, professeur de Chateaubriand n’était-il pas encore publié quand son auteur disparaît à 75 ans ? 245 ans après la découverte, 195 ans après la disparition de son auteur, il est grand temps de renouer avec le mémoire de Marie-François Rever.

Son texte intégral a été reproduit grâce au travail entrepris par Théotiste et Alfred Jamaux. Afin de donner plus de facilité aux chercheurs qui voudraient le consulter, les époux Jamaux ont inclus le numéro des feuillets tels qu’ils sont classés aux archives départementales de l’Eure, département où plusieurs paroisses de l’estuaire de la Seine appartenait à l’évêché de Dol-de-Bretagne. L’auteur initial, l’abbé Rever a rédigé un préambule vers l’année 1820 ; il contient des indications qu’il est utile de lire dans une grammaire parfaite d’un érudit qui était d’abord un fin lettré.

Comme les autres abbés professeurs au collège de Dol-de-Bretagne où étudia Chateaubriand, celui qui enseigna la philosophie et la physique, pour laquelle il se passionna, connaissait parfaitement le latin, le lisant aussi facilement que le français.

Aussi, il est possible de retrouver des citations parfois longues en latin. L’écriture originale est généralement très fine. En même temps que nous rendons hommage au grand archéologue dolois que fut Marie-François Rever, nous devons aussi dédier cette recherche à Chateaubriand, tant son goût pour l’archéologie parait ancré dans son pays natal.

Chateaubriand : la nature contre le temps qui passe ? Le pupitre des lettres sur le balcon maritime du barrage du Mont-Saint-Michel a inscrit sur son belvédère les traces de quatre alphabets : latin, grec, hébreu et arabe. Là où s’entremêlent les connaissances anciennes et modernes dans une transition évolutive des religions, les fouilles des autels tauroboliques du Mont-Dol soulèvent l’accomplissement du dialogue des cultures et des civilisations. Comme si se réveillaient les mots de Pline l’Ancien.

« Ce n’est pas chose aisée que de rajeunir des objets vieillis ; donner du crédit à des nouveautés ; raviver ce qui se perd dans l’éloignement des siècles, mettre en jour favorable ce qui ne s’entrevoit que dans l’ombre ;
s’inspirer de l’intérêt
pour des sujets dont on ne parle plus
et changer en preuve des doutes
Et des hypothèses » Pline l’Ancien, Livre I

Pline l’Ancien (en latin Caius Plinius Secundus), est né à Novum Comum (l’actuelle Côme) dans le nord de l’Italie (en Gaule transpadane) et décédé près de Pompéi, lors de l’éruption du Vésuve.

L’héritage de ce grand naturaliste romain du Ier siècle, auteur d’une monumentale encyclopédie intitulée Histoire naturelle (Naturalis Historia) émerveille par son goût de la prospective et pousse le rêve et l’envie que le Mont-Dol soit identifié auprès des générations futures comme une « Pompéi bretonne », lieu où Chateaubriand explora la nouvelle science de l’archéologie en 1778, avant de s’intéresser aux fouilles de la riche région de Campanie, que les Romains qualifiaient de « Terre des dieux » pour sa fertilité, sa proximité avec la mer et son climat, berceau de la cité antique de Pompéi au sud de Naples.

Kevin LOGNONÉ

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