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Facebook expose les mécaniques d’une campagne de discrédit contre deux vaccins

Facebook expose les mécaniques d’une campagne de discrédit contre deux vaccins
août 21
11:07 2021

Manifestation contre la diffusion sur les réseaux sociaux de fausses informations sur les vaccins contre le Covid, à Washington DC, le 25 mars 2021. ALEX WONG / GETTY IMAGES VIA AFP

Le réseau social a publié un rapport détaillant comment une campagne orchestrée fin 2020, selon lui depuis la Russie, a tenté de décrédibiliser les vaccins AstraZeneca et Pfizer-BioNTech. 

Le Monde avec AFP

Spams, faux documents, création de hashtags, de mèmes ou tentatives de recrutement d’influenceurs… Facebook a publié mardi 10 août un rapport dans lequel le réseau social expose le démantèlement d’une campagne de désinformation. Le document permet de comprendre les mécaniques mises en œuvre en ligne pour interférer dans des débats nationaux sur la vaccination dans de nombreux pays, comme aux Etats-Unis, en Inde, en France ou au Brésil.

Les campagnes en ligne visaient à discréditer les vaccins AstraZeneca et Pfizer-BioNTech contre le Covid-19. Menées à partir de novembre 2020, elles ont été repérées en mai 2021 par des influenceurs français et allemands. Elles ont été orchestrées par une agence de marketing d’influence en ligne appelée Fazze, basée au Royaume-Uni, mais Facebook affirme, sans expliquer comment ils sont arrivés à cette conclusion, que cette opération a été lancée « depuis la Russie ».

 

Une première campagne de désinformation est menée entre novembre et décembre 2020 : elle consiste alors principalement à publier des mèmes et des commentaires grâce à de faux profils Facebook, ceux-ci racontant que le vaccin AstraZeneca « transforme les personnes vaccinées en chimpanzés ». De nombreuses images tirées des films La Planète des singes sont ainsi diffusées et commentées en ligne. « La désinformation n’est pas toujours subtile », relevait ironiquement Ben Nimmo, directeur d’un des services de cybersécurité de Facebook, lors d’une conférence de presse mardi.

Soixante-cinq comptes Facebook et 243 Instagram ont ainsi été identifiés par l’entreprise, qui estime que leur audience cumulée, située principalement en Inde et en Amérique latine, est de plus de 24 000 personnes. La campagne sur Instagram était « grossière » et « organisée autour d’une poignée de hashtags »comme #AstraZenecakills (AstraZeneca tue), #AstraZenecalies (AstraZeneca ment) ou #StopAstraZeneca, mentionne le rapport, qui considère que ces hashtags n’étaient pas présents sur la plate-forme avant l’opération.

Des influenceurs donnent l’alerte

La deuxième phase de l’opération remonte à mai 2021. Fazze s’attaque alors à un autre vaccin, celui de Pfizer, en prétendant que celui-ci entraînerait un fort taux de mortalité. Leurs arguments se basent sur de faux documents fabriqués, prétendument issus du piratage des infrastructures d’AstraZeneca. Fazze les utilise dans des articles trompeurs et des pétitions lancés sur différents forums et réseaux (dont Reddit, Medium, Change.org, Facebook, Instagram, etc.). Ces articles sont ensuite relayés sur les réseaux sociaux par de faux comptes.

Fazze entre alors en contact avec des influenceurs en leur proposant de diffuser les faux documents à leur audience contre une rémunération de 2 000 euros. C’est à ce moment-là que la campagne est mise au jour grâce au « rôle clé »d’influenceurs venant d’Allemagne puis de France, selon Facebook.Lire aussi  Des youtubeurs français incités à dénigrer le vaccin contre le Covid-19 de Pfizer-BioNTech

Le rapport cite d’abord le vidéaste allemand Mirko Drotschman, dont la chaîne YouTube MrWissen2go compte plus d’1,5 million d’abonnés. Il signale l’opération à ses abonnés dès le 18 mai. En France, le 20 mai, des influenceurs comme Et ça se dit médecin ou Sami Ouladitto font de même. Une publication du 24 mai du vidéaste Léo Grasset, un vulgarisateur scientifique comptant plus de 1 million d’abonnés sur sa chaîne YouTube Dirtybiology, alerte aussi

Dans ce tweet, il diffuse des captures d’écrans des échanges avec l’agence Fazze qui présente les consignes de la campagne. On peut notamment y lire que l’influenceur doit dire qu’il partage avec son audience un sujet « que les médias mainstream ignorent », un argument typique des opérations de désinformation. Léo Grasset note en outre que les profils « chelous » de ses interlocuteurs, qui ont, selon lui, tous « bossé en Russie avant », se voient peu à peu supprimés du réseau social professionnel LinkedIn.

« Le procédé était sophistiqué »

En effet, en réaction aux dénonciations, Fazze a tenté de masquer ses traces. Ses fausses publications ont été supprimées, ses employés ont retiré le nom de leur employeur de leurs profils en ligne, puis son site Internet a été mis hors ligne début août.

« C’était une campagne bâclée, mais le procédé était sophistiqué », a détaillé Nathaniel Gleicher, le directeur des règlements sur la sécurité de Facebook. « Il y avait du spam, des influenceurs, du piratage de documents. (…) C’est plus difficile pour une seule plate-forme d’appréhender ce genre de campagne dans son entièreté », a-t-il ajouté.

Le bilan de cette campagne de désinformation est maigre : la plupart des contenus prétendant que le vaccin AstraZeneca transforme les gens en chimpanzés sur Instagram n’ont reçu « aucun like », selon le rapport. « C’est tombé à plat », a souligné Ben Nimmo. La pétition contre le vaccin Pfizer publiée en anglais n’a reçu qu’à peine cinq cents signatures contre neuf cents pour celle en hindi. Facebook n’a repéré que deux influenceurs, un Indien et un Brésilien, tous deux recrutés.

Facebook est régulièrement accusé de contribuer à la diffusion massive de désinformation. En juillet, le président américain, Joe Biden, a même estimé que Facebook et d’autres plates-formes « tuaient » des gens en laissant circuler de fausses informations sur la vaccination contre le Covid-19. Lundi 19 juillet, Joe Biden était revenu sur ses propos très vifs pour les préciser : « Facebook ne tue pas les gens », avait-il rectifié, dénonçant les fausses infos diffusées par les utilisateurs qui peuvent « faire du mal à ceux qui les écoutent » et « tuer des gens ».

Le Monde avec AFP


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