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I HAVE A STREAM

I HAVE A STREAM
septembre 15
02:32 2020
Fin de party pour le livestream? Sur Facebook, tout du moins: comme l’ont découvert plusieurs journalistes versés dans les affaires de business et de technologie, la plateforme américaine a révélé dans ses nouvelles conditions de service, effectives au 1er octobre, que les usagers ne pourront plus créer de vidéos live accompagnées d’œuvres de musique dont ils ne possèdent pas les droits.

Autrement dit, les DJ ne pourront plus y diffuser leurs mixes, en direct ou en différé. Le coup est dur pour la scène électronique au premier front, qui avait élu Facebook son deuxième média de choix, après YouTube, pour se produire sur les espaces virtuels d’Internet, une pratique dont on sait à quel point elle est devenue vitale depuis que la crise sanitaire a mis à l’arrêt les clubs du monde entier.

Mais faut-il vraiment se désoler de cette nouvelle? Car Facebook est très en retard, technologiquement, sur la question des droits d’auteur, les usagers ayant profité jusqu’ici d’une béance juridique qui leur permettait de créer des contenus audiovisuels sans avoir à se soucier que soient crédités puis rémunérés les artistes propriétaires des œuvres qui y étaient diffusées. Une solution légale existait, infiniment laborieuse, qui consiste à demander à l’avance l’autorisation de diffusion des morceaux directement auprès des artistes ou ayants droit, mais on mesure à quel point elle est éloignée des usages, voire aberrante dans la manière dont elle entrave le régime créatif des DJ. De fait, il est de la responsabilité de la plateforme diffuseuse, et non de ses utilisateurs, de se préoccuper de répertorier les œuvres de manière à faire en sorte que leurs auteurs soient rétribués.

Le durcissement des règles d’usage du premier réseau social au monde devrait donc avoir pour première conséquence un exode massif des DJ vers des plateformes plus vertueuses et respectueuses des intérêts des créateurs – DJ et/ou compositeurs – même si moins équipées pour la promotion, et toutes payantes. Car contrairement à ce que de nombreux fatalistes préfèrent croire, les solutions technologiques existent, et sont d’ores et déjà mises à profit par des sites entièrement voués à la cause des créateurs. Par exemple la plateforme britannique Mixcloud, spécialisée dans la diffusion des contenus «longs» (podcasts ou mixes de DJ) et dont l’engagement dans la préservation de la propriété intellectuelle dans l’intérêt des créateur a abouti à la création d’outils toujours plus perfectionnés («audio fingerprinting», algorithmes permettant de reconnaître un morceau de musique grâce à son empreinte acoustique…) pour répertorier les œuvres. L’Internet grand public étant désormais entre les mains, pour son immense majorité, de multinationales obèses, la libre circulation des œuvres qu’appelaient autrefois de leurs vœux des utopistes aux idéaux légitimes, a de moins en moins lieu d’être. A fortiori celles des musiciens, dont les revenus n’ont cessé de se réduire ces derniers temps, à cause de la mainmise des plateformes de streaming et d’une pandémie qui les empêchent de se produire sur scène. Plus que jamais les alternatives aux offres insatisfaisantes des plateformes dépendantes de l’engagement à tout prix de leurs usagers doivent se faire jour – et tant mieux si elles ne sont pas le fait de géants qui n’ont que très peu d’intérêt dans la défense et la préservation des expressions artistiques minoritaires.


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Gérard Dorwling-Carter

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