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    Home » Jean-Yves Bonnaire quitte la présidence de Contact Entreprises pour se consacrer à de nouveaux engagements publics
    Actualité

    Jean-Yves Bonnaire quitte la présidence de Contact Entreprises pour se consacrer à de nouveaux engagements publics

    juin 18, 2026Aucun commentaire
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    Jean-Yves Bonnaire en compagnie du nouveau président, Cédric Walle Clerc.

    À l’occasion de l’Assemblée générale ordinaire de Contact Entreprises, ce 18 juin 2026, Jean-Yves Bonnaire a annoncé son départ de la présidence de l’association avant la fin de son mandat. Une décision volontaire, assumée, qu’il explique par les nouvelles responsabilités qu’il exerce désormais au service de la Martinique, notamment au Marin, à l’Espace Sud et au sein du Syndicat Martiniquais de Traitement et de Valorisation des Déchets.

    C’est un geste assez rare pour être souligné. Plutôt que de conserver une fonction par principe, Jean-Yves Bonnaire a choisi de quitter la présidence de Contact Entreprises afin de se consacrer pleinement à d’autres engagements importants pour la Martinique, en particulier sur la question stratégique des déchets, devenue l’un des grands défis du territoire. Dans son discours, publié ci-dessous dans son intégralité, il revient sur le rôle de Contact Entreprises, la nécessité d’une unité patronale renforcée, l’importance de Martinique Économique, et la responsabilité collective de construire des passerelles entre monde économique, élus, administration et citoyens.

    Il y a des départs qui ressemblent à des renoncements. Celui de Jean-Yves Bonnaire à la présidence de Contact Entreprises ressemble plutôt à un passage de relais réfléchi.

    Élu au conseil municipal du Marin, devenu vice-président de la Communauté d’Agglomération de l’Espace Sud Martinique en charge de la gestion et de la valorisation des déchets, puis vice-président du Syndicat Martiniquais de Traitement et de Valorisation des Déchets, Mr Bonnaire a considéré qu’il ne pouvait plus exercer pleinement la présidence de Contact Entreprises avec le niveau de disponibilité et d’engagement qu’exige cette fonction.

    Dans un territoire confronté à des crises multiples, économiques, sociales, démographiques, environnementales et institutionnelles, cette décision prend une résonance particulière. Elle rappelle qu’un mandat associatif ou public n’est pas une propriété personnelle, mais une responsabilité temporaire au service d’un projet collectif.

    Le discours prononcé lors de cette assemblée générale est aussi un texte de fond sur la Martinique économique, sur la nécessité de sortir des logiques de silos, sur l’urgence de faire territoire, et sur le rôle que doivent jouer les organisations intermédiaires dans la construction d’un avenir commun.

    Nous le publions ci-dessous dans son intégralité.

    Philippe Pied


    Discours de Jean-Yves Bonnaire

    Assemblée générale ordinaire de Contact Entreprises, 18 juin 2026

    « Chers adhérents,

    Chers partenaires,

    Mesdames et Messieurs,

    Chaque Assemblée Générale constitue un moment particulier dans la vie d’une association.

    C’est un temps d’arrêt qui permet de regarder le chemin parcouru, d’évaluer les actions engagées et de s’interroger sur les défis qui restent à relever.

    Pour Contact Entreprises, cet exercice revêt une importance particulière tant les dernières années ont été marquées par des évolutions profondes de notre environnement économique, social et institutionnel.

    Notre territoire est confronté à des transformations majeures qui interrogent son modèle de développement, sa capacité à créer de la richesse, à maintenir sa cohésion sociale et à préparer son avenir dans un contexte de plus en plus complexe et incertain.

    Dans ce contexte, les organisations intermédiaires comme la nôtre ont une responsabilité particulière. Celle de contribuer au débat public, de faire émerger des propositions, de favoriser le dialogue entre les acteurs et, chaque fois que possible, de participer à la construction de solutions collectives.

    C’est avec cet état d’esprit que le Comité Directeur et les autres membres adhérents et nos permanents se sont engagés depuis le début de cette mandature.

    C’est également dans cet esprit que je souhaite aujourd’hui partager avec vous quelques réflexions sur le travail accompli, les défis qui demeurent devant nous et les évolutions que je défends pour la gouvernance de notre association.

    Lorsque nous avons accepté de nous engager à nouveau en juin 2024, mes collègues du Comité Directeur et moi, nous savions que la période serait exigeante. Mais peu d’entre nous imaginaient probablement l’ampleur des défis auxquels la Martinique serait confrontée.

    Notre territoire traverse désormais une succession de crises qui ne relèvent plus de l’exception mais tendent à devenir un état permanent. Crise économique, crise démographique, crise sociale, crise de confiance, crise du logement, crise environnementale, difficultés croissantes des services publics, interrogations sur notre modèle de développement : autant de défis qui se superposent et se nourrissent parfois les uns des autres.

    Dans ce contexte, Contact Entreprises n’a jamais été un simple observateur.

    Fidèle à sa vocation historique, notre association a cherché à défendre l’entreprise martiniquaise, à valoriser l’entrepreneur et l’esprit d’entreprendre. Mais elle a également cherché à éclairer le débat public, à porter la voix des acteurs économiques et à contribuer à la recherche de solutions pour le territoire.

    Cette ambition nous a conduits à nous interroger sur notre propre rôle.

    Devions-nous rester dans une posture traditionnelle de représentation des intérêts économiques ou devions-nous investir davantage notre mission de construction de passerelles entre les différents mondes qui composent notre société : entreprises, élus, administration, syndicats, associations, monde académique et citoyens ?

    Cette réflexion a suscité des débats parfois intenses au sein de notre gouvernance.

    Je tiens à le dire clairement : je considère que ces débats étaient légitimes.

    Dans une société complexe, il est normal que des femmes et des hommes engagés puissent avoir des analyses différentes. L’unanimité permanente n’est pas un signe de bonne santé démocratique. Au contraire, le débat est souvent la condition d’une décision éclairée.

    Mais l’expérience m’a également appris qu’il existe une différence entre le débat et la division.

    Dans les périodes de crise, l’enjeu n’est pas seulement d’avoir raison. L’enjeu est surtout d’être capable d’agir ensemble.

    Or, si nous avons progressé, nous devons reconnaître avec lucidité que le chantier de l’unité patronale reste largement ouvert.

    Nous continuons parfois à raisonner par filière, par organisation, par secteur ou par intérêt particulier, alors même que les difficultés auxquelles nous sommes confrontés exigent davantage de convergences que de cloisonnements.

    Cette ambition de convergence ne date pas d’hier. Elle s’inscrit dans une volonté portée depuis de nombreuses années par Contact Entreprises : contribuer à donner une réalité toujours plus opérationnelle à Martinique Économique, cet espace collectif destiné à rassembler les organisations représentatives du monde économique afin de porter une parole commune sur les grands enjeux du territoire.

    Nous savons tous combien cet objectif est ambitieux. Les acteurs économiques sont divers par leur taille, leur secteur d’activité, leur histoire et parfois leurs sensibilités. Pourtant, les défis auxquels nous sommes confrontés sont tels qu’ils imposent de rechercher davantage ce qui nous rassemble que ce qui nous distingue.

    Les progrès réalisés au cours des dernières années sont réels. Ils doivent être consolidés. Je demeure convaincu que la construction d’une voix économique collective forte et respectée reste l’une des conditions de la réussite de la Martinique.

    Faire entreprise est déjà difficile.

    Faire filière l’est davantage.

    Faire territoire est sans doute le défi le plus exigeant de tous.

    Faire territoire, cependant, ne consiste pas uniquement à mieux travailler ensemble à l’échelle martiniquaise.

    Cela nous oblige également à nous interroger sur la place de notre territoire dans les ensembles plus vastes auxquels il appartient.

    La Martinique n’est pas une île isolée. Elle est à la fois une collectivité de la République française, une région ultrapériphérique de l’Union européenne et un territoire inséré dans son environnement caribéen.

    Ces différentes appartenances constituent autant de richesses que de défis.

    Les grandes questions qui s’imposent aujourd’hui à nous, qu’il s’agisse de la compétitivité de nos entreprises, du logement, de l’énergie, de la mobilité, de la souveraineté alimentaire, de l’adaptation au changement climatique ou encore de l’accès aux marchés régionaux, ne peuvent plus être appréhendées uniquement à l’échelle locale.

    Elles nous conduisent à réfléchir aux conditions dans lesquelles les politiques nationales et européennes prennent en compte les réalités particulières de nos territoires insulaires et éloignés.

    Les débats récents sur les normes, la circulation des marchandises, la transition environnementale, la compétitivité de nos entreprises ou encore l’application de certaines réglementations européennes montrent à quel point cette question est devenue centrale.

    Nous devons être capables de faire entendre la voix de la Martinique, non dans une logique de revendication permanente, mais dans une logique de construction et de proposition.

    Car l’avenir de notre territoire dépendra aussi de notre capacité à influencer les décisions qui se prennent parfois loin de nous, mais dont les conséquences se font sentir chaque jour dans la vie de nos entreprises et de nos concitoyens.

    C’est également cette conviction qui a guidé une partie des travaux et des prises de position de Contact Entreprises au cours de ces dernières années.

    Car les grands enjeux martiniquais ne trouveront pas de réponse durable dans l’addition de stratégies individuelles.

    Ils nécessitent la construction patiente d’un projet collectif.

    C’est précisément cette conviction qui a guidé mon engagement au sein de Contact Entreprises.

    Et c’est aussi elle qui guide aujourd’hui mon engagement dans la vie publique.

    Au mois de mars dernier, les électeurs du Marin m’ont accordé leur confiance pour siéger au Conseil municipal. Mes collègues élus m’ont ensuite confié des responsabilités au sein de la Communauté d’Agglomération de l’Espace Sud Martinique où j’exerce les fonctions de Vice-Président en charge de la gestion et de la valorisation des déchets. Plus récemment, j’ai également été élu Vice-Président du Syndicat Martiniquais de Traitement et de Valorisation des Déchets, structure essentielle pour notre territoire, confrontée à des défis majeurs et bien identifiés.

    J’ai accepté ces fonctions avec humilité mais également avec le sentiment que notre territoire a besoin que davantage de citoyens issus de la société civile acceptent de prendre leur part de responsabilité dans la conduite des affaires publiques.

    J’y porte également une conviction profonde : le développement économique que nous appelons de nos vœux ne pourra durablement s’épanouir sans des services publics locaux performants et des infrastructures adaptées aux besoins de la population et des entreprises.

    Garantir l’accès à une eau de qualité, assurer une mobilité efficace des personnes et des marchandises, relever le défi de la gestion et de la valorisation des déchets, améliorer le fonctionnement des services essentiels à la vie quotidienne ne sont pas des sujets distincts du développement économique. Ils en constituent au contraire l’un des fondements.

    Une entreprise ne prospère pas sur un territoire qui dysfonctionne. De la même manière, un territoire ne peut durablement se développer sans une économie créatrice de richesse, d’emplois et d’innovation.

    C’est cette complémentarité entre performance économique et qualité de l’action publique qui guide désormais mon engagement d’élu.

    Je n’ai pas changé de convictions.

    Je n’ai pas changé de boussole.

    Je continue à croire que la création de richesse est indispensable au développement humain.

    Je continue à croire que l’entreprise est un acteur majeur du progrès économique et social.

    Je continue à croire que le dialogue vaut toujours mieux que l’affrontement.

    Je continue à croire que l’intérêt général ne se construit pas contre les acteurs économiques mais avec eux.

    Simplement, les responsabilités qui me sont désormais confiées exigent une disponibilité, une énergie et un investissement personnel que je ne suis plus en mesure de consacrer pleinement à la présidence de Contact Entreprises.

    J’ai donc considéré qu’il était de ma responsabilité de ne pas m’accrocher à une fonction si je ne suis plus en mesure de l’exercer avec le niveau d’engagement qu’elle mérite.

    La fonction de président n’appartient à personne.

    Elle est un mandat temporaire au service d’un projet collectif.

    C’est pourquoi j’ai proposé qu’une transition puisse être organisée dans les meilleures conditions afin qu’un Comité Directeur légèrement remanié puisse poursuivre sereinement le travail engagé et préparer les échéances à venir dans la continuité des orientations qui ont été collectivement définies.

    Je tiens à remercier tout particulièrement Cédric Walle Clerc qui a accepté de se rendre disponible pour contribuer cette continuité en devenant le nouveau Président de l’association, une décision que nous avons entériné lors de la partie administrative de notre assemblée générale.

    Je resterai quant à moi membre de Contact Entreprises.

    Je resterai disponible pour contribuer aux réflexions de l’association.

    Je resterai un ambassadeur de ses valeurs.

    Et je resterai convaincu que la Martinique a besoin d’espaces comme le nôtre, capables de réunir des acteurs différents autour d’une même ambition : préparer l’avenir.

    Au fond, les combats qui ont été les nôtres au sein de Contact Entreprises ont toujours poursuivi le même objectif : renforcer la capacité de la Martinique à agir sur son propre destin.

    Qu’il s’agisse de faire dialoguer les acteurs économiques, de bâtir des passerelles avec les autres composantes de la société, de promouvoir une parole économique collective à travers Martinique Économique ou encore d’interroger la place de notre territoire dans son environnement national, européen et caribéen, il s’agit toujours de la même ambition : construire davantage de cohérence, davantage de confiance et davantage de capacité d’action collective.

    Avant de conclure, permettez-moi de partager une conviction plus personnelle.

    Au fil des années, j’ai appris qu’il est souvent plus facile de choisir son camp que de construire des ponts et des passerelles.

    Plus facile de défendre son pré carré que de rechercher un compromis.

    Plus facile de cultiver les oppositions que de bâtir des convergences.

    Pourtant, les sociétés qui avancent sont rarement celles qui s’enferment dans leurs certitudes.

    Ce sont celles qui acceptent la complexité du réel, qui confrontent leurs points de vue et qui cherchent inlassablement les chemins du dialogue.

    La Martinique aura besoin de cette maturité collective dans les années qui viennent.

    Elle aura besoin d’entrepreneurs engagés.

    Elle aura besoin d’élus responsables.

    Elle aura besoin d’administrations performantes.

    Elle aura besoin d’organisations intermédiaires capables de faire le lien entre ces différents mondes.

    Elle aura besoin, surtout, de femmes et d’hommes qui placent l’avenir du territoire au-dessus de leurs intérêts particuliers.

    Dans un monde où les centres de décision sont souvent éloignés des réalités territoriales, nous avons plus que jamais besoin d’organisations capables d’articuler les enjeux locaux avec les enjeux nationaux, européens et régionaux. C’est à cette condition que nous pourrons pleinement maîtriser notre destin collectif et transformer nos contraintes en opportunités de développement.

    Je forme le vœu que Contact Entreprises continue à jouer pleinement ce rôle.

    Je forme le vœu que notre association demeure un lieu de débat, mais aussi un lieu de rassemblement.

    Je forme le vœu que l’ambition portée depuis tant d’années autour de Martinique Économique continue à progresser, car aucun acteur, aucune organisation et aucune institution ne pourra relever seul les défis qui nous attendent.

    Je forme enfin le vœu que nous restions fidèles à l’idée qui a présidé à la création de Contact Entreprises : défendre l’entreprise martiniquaise, valoriser l’entrepreneur et l’esprit d’entreprendre, mais aussi faire dialoguer, faire comprendre, faire converger les énergies et faire avancer la Martinique.

    Les fonctions passent, les responsabilités évoluent, mais l’exigence demeure : continuer à agir ensemble pour une Martinique plus forte, plus solidaire et davantage maîtresse de son destin.

    Je vous remercie.

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