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Le jeu dangereux de l’Europe contre Viktor Orban

Le jeu dangereux de l’Europe contre Viktor Orban
juillet 24
08:39 2021
Temps de lecture : 3 minutes

Site de l’IREF

dimanche 4 juillet 2021, par Thierry Benne

Il faudrait gentiment rappeler à tous nos censeurs incultes et ingrats qui, depuis le Parlement de Strasbourg ou le Conseil des Ministres où ils siègent tranquillement, n’ont de cesse de faire régulièrement les gros yeux à certaines capitales magyare ou slaves, que c’est successivement à Budapest, à Prague et à Gdansk que le communisme a pour la première fois vacillé sur ses bases.

N’oublions jamais que les poitrines des patriotes hongrois contre les tanks soviétiques, l’audace du printemps de Prague contre l’oppression de Moscou et les grèves à répétition de Solidarnosc contre le pouvoir fantoche ont davantage fait pour le rétablissement de la démocratie en Europe que tous les réquisitoires des procureurs qui, aujourd’hui, stigmatisent si volontiers les libérateurs d’hier. Où étaient donc ces accusateurs ou leurs ancêtres, lors des événements de Budapest lâchement abandonnée par le monde occidental ? Qu’ont-ils fait, sinon lire leurs journaux, lors du Printemps de Prague ? Et où donc se trouvaient nos Saint-Just au plus fort des grèves de Gdansk ? Que l’on sache, ce n’est pas l’étendard arc-en-ciel LGBT qui a terrassé la domination soviétique ! Et l’importance des peuples alors libérés, comme leur contribution héroïque à l’essor de la démocratie, devraient inciter nos dirigeants à aborder avec plus de modération, plus de persuasion et plus d’humilité aussi leurs divergences d’aujourd’hui.

Car contrairement à ce qui est généralement publié et rapporté, il ne s’agit nullement d’un anathème lancé par la Hongrie contre le mouvement LGBT, mais – ce qui n’est pas tout à fait pareil – de l’interdiction de la promotion en milieu scolaire de l’homosexualité et du changement de sexe auprès des mineurs de moins de 18 ans. Et ce, au moment même où la Suède, en pointe sur cette dernière question, reconsidère sa position sans que les ligues LGBT suédoises n’envahissent séance tenante les artères de Stockholm. D’ailleurs combien de parents français seraient-ils prêts à accepter que l’on vante à leurs enfants au sein même de l’école, du collège ou du lycée tous les avantages d’un changement de sexe à des âges où l’on commence simplement à apprendre et à explorer le sien ? Assurément nous sommes bien loin des instructions de Jules Ferry dans sa magnifique lettre aux instituteurs du 17 novembre 1883 : Demandez-vous si un père de famille, je dis un seul, présent à votre classe et vous écoutant , pourrait de bonne foi refuser de donner son assentiment à ce qu’il vous entendrait dire. Si oui, abstenez vous de le dire…/… Vous ne toucherez jamais avec trop de scrupule à cette chose délicate et sacrée, qui est la conscience d’un enfant. Manifestement ce scrupule parfaitement républicain et qui devrait toujours faire partie de nos valeurs ne semble plus avoir cours face au prosélytisme tous azimuts LGBT et à tous ceux qui sont prêts aujourd’hui à l’imposer servilement comme l’unique référence universelle.

Mais, revenons-en à notre propos : l’Europe – s’en souvient-elle ? – a donc une dette imprescriptible et immense de démocratie envers la Hongrie, la Tchécoslovaquie et la Pologne. C’est ainsi que toutes les menaces que, tour à tour, les dirigeants européens brandissent avec arrogance contre un ou plusieurs de ces trois pays, toutes les sanctions les plus sévères qu’ils agitent à leur endroit, montrent simplement qu’ils cumulent les signes d’une rare ingratitude, et d’un autoritarisme envahissant avec les prémices d’un Alzheimer préoccupant.

Certes depuis qu’elle a renié ses origines chrétiennes, l’Europe s’est voulue un arbre sans racine et sans histoire. Mais il n’appartient qu’à elle, si elle continue à se raidir stupidement dans l’excommunication de certains de ses membres, de compromettre gravement d’abord son unité et ensuite sa pérennité. Car les Hongrois -pour ne citer qu’eux- comptent plusieurs solides soutiens parmi les pays qui, avant 1989, ont souffert avec eux de l’autre côté du rideau de fer. L’Europe aurait-elle donc oublié qu’il n’y pas si longtemps, le Royaume-Uni lui a montré qu’on pouvait parfaitement la quitter et pour des raisons où la souveraineté, le bon sens et les choix nationaux l’emportaient sur la doxa mercantile et unanimiste du progressisme mondial ?


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