Rouge Vert Noir, le rhizome du chaos.

Rouge Vert Noir, le rhizome du chaos.
Rouge Vert Noir, le rhizome du chaos
Mon problème avec les Rouges Verts Noirs vient de la position que j’ai prise quand j’ai dénoncé la manipulation qu’ils ont fait de la jeunesse, amenant des jeunes femmes à bousiller la statue de Schoelcher, de Marie Thérèse Lung Fu, dans la ville de Schoelcher. Ces gens me haïssent parce que j’ai osé dire que les destructions qu’ils commettaient n’étaient pas conformes aux valeurs martiniquaises. Même si nous faisons partie d’une République où la liberté d’expression est une valeur fondamentale, dès que je poste quelque chose, image ou autre, ils le prennent en mauvaise part, pour m’insulter, tenir des propos homophobes et me menacer. La Martinique a, depuis des années, pratiqué une politique de développement qui est mauvaise. Tous les gouvernements successifs et les gouvernants martiniquais ont tenté d’acheter la paix civile avec cette politique de développement, laissant la jeunesse de côté, sans plus de possibilités de faire des études sur la terre de Martinique que de possibilités de s’y établir avec un travail qui y apporterait sa plusvalue, tant en termes de services, que d’industrie ou d’agriculture. Beaucoup d’autres choses ont été laissées de côté par ailleurs pour acheter la paix civile. Toute la Martinique se trouve en rade, en quelque sorte. Sa jeunesse se trouve désœuvrée, sur le plan social, sans travail, découragée, facile à récupérer par les extrémistes. Ces extrémistes-là, eux ne sont pas désœuvrés. Depuis des années, ils travaillent à l’université, ont investi les sphères politiques, de l’éducation, des syndicats, ils sont partout. Chaque année, beaucoup de jeunes obtiennent leur bac, et quittent la Martinique pour aller se former sur le continent, en France métropolitaine, y faire les études supérieures qu’ils ne peuvent faire chez eux. Quand ils reviennent avec leur bagage, qu’ils sont super diplômés, ils cherchent du travail sur l’île. Mais le pays n’a pas les possibilités de leur donner du travail, et ils se retrouvent à galérer. Ils voudraient faire quelque chose, de concret, pour changer les choses, pour faire avancer leur pays sur une voie où ils pourraient avancer avec lui. Mais ils se trouvent isolés, sans pouvoir sur les choses. Les discours des extrêmes deviennent alors très séduisants, ne serait-ce que pour trouver un bouc émissaire à leur galère. Je ne retrouve pas la Martinique que je connais et qui m’a construit dans cette nouvelle forme de vie, de revendication. Je n’en ai pas les codes. Je pense que cela ne vaut pas la peine d’essayer de dialoguer, de porter une discussion avec des gens qui cultivent une succession de souffrances. Il n’est pas possible de discuter avec ces gens qui ont une souffrance ancestrale de l’esclavage, qu’ils relient en plus avec les souffrances actuelles liées au chlordécone. Ils se sentent légitimes à exprimer cette souffrance, et n’arrivent pas à comprendre que moi, Habdaphaï, je puisse critiquer leur position, même si nous sommes en démocratie. Chaque fois que je dis quelque chose, ils me tombent dessus, parce que je suis le plus visible. C’est facile de m’attaquer : je suis celui qui parle. Comme personne ne dit rien (peut-être aussi pour ne pas avoir à subir leurs avanies, parce que dans les urnes, où le bulletin est secret, ils se trouvent repoussés), ils se pensent légitimes à détruire des statues, à empêcher les martiniquais de travailler, à barrer des entreprises, à provoquer et à se battre contre les forces de l’ordre, en les poussant à la faute. Ils sont tellement sûrs de leur action et de leur pouvoir, qu’ils arrivent à manipuler des gens pour qu’ils aillent se faire battre, en leur disant que ce sont les forces de l’ordre qui les agressent. Ils préparent les gens au sacrifice, à devenir des kamikazes. Ils restent dans la récupération et la désacralisation des objets patrimoniaux de Martinique, comme le fanion Rouge Vert Noir. Même s’il ne s’agit pas d’un drapeau, il représentait les valeurs martiniquaises, il est devenu l’étendard de l’intolérance martiniquaise. Cet étendard a été tellement récupéré de toutes parts que la CTM a décidé de fabriquer un autre fanion pour représenter la Martinique. Le Tambour Bèlè, qui représente la résistance culturelle et le lien avec nos ancêtres africains, est devenu l’instrument de la propagande. Son usage s’est banalisé pour devenir l’expression de tout et n’importe quoi. J’avais demandé aux RVN d’enlever leurs propos homophobes, intolérants, racistes, et leurs menaces de ma page Facebook. Ils ne l’ont pas fait. C’est leur choix. Je ne peux pas, moi, Habdaphaï, me battre seul contre des gens qui ont le pouvoir dans l’île. Je créée, comme Frankétienne en Haïti, ma forteresse autour de mon travail, de ma création et de la Martinique que j’aime. Je quitte mentalement et symboliquement, cette île de Martinique pour entrer en résistance dans mon travail pictural. Je quitte, mentalement et symboliquement, cette île où l’intolérance et le racisme sont en train de monter, une île où la médiocrité, l’impolitesse sont manifestes, où brûler et casser des objets devient monnaie courante, où la glorification des souffrances passées et actuelles est valorisée ; pour imposer une liberté supposée et imposée, qui annonce le chaos. Il n’y a pas de dialogue avec ces gens. Ils n’en veulent pas, ils veulent le chaos. Je ne serai jamais un pleurnicheur. Je respecte trop la jeunesse, car c’est parmi eux que se trouvent nos dirigeants futurs, pour leur laisser penser que, en parlant, en dénonçant, je vienne les insulter, eux. Ce sont ceux qui les manipulent, le problème. Les gens du dehors voient la Martinique comme un paradis, mais ce n’est pas un paradis.
Habdaphaï

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