Acteur important du transport routier – entre autres activités – BAMITEL Martinique a récemment organisé sur son site de Manhity (Lamentin) sa deuxième édition annuelle d’une journée placée sous le signe de la sécurité routière, de la protection des personnes et des diverses économies relatives aux coûts de fonctionnement des véhicules. Les précisions de Louis-Philippe de Jaham, le directeur-adjoint de BAMITEL Martinique.

Louis-Philippe de Jaham :

« Nous devons aussi apporter des conseils et de la pédagogie à nos clients »

Antilla : Pour rappel, quelles sont les activités de BAMITEL ?

Louis-Philippe de Jaham : BAMITEL a 20 ans et nous sommes importateurs et concessionnaires des marques IVECO, SCANIA, CATERPILLAR, TOYOTA, et charriots élévateurs HAULOTTE. Nous importons et vendons, nous faisons l’entretien et le service après-vente, nous vendons des pièces détachées et proposons la location de tous les matériels que nous représentons. Concernant les véhicules il y a les utilitaires légers, qui peuvent être conduits avec un permis B, et les véhicules industriels qui sont conduits avec un permis poids lourds, au dessus de 7,5 tonnes, ou un permis super lourds pour les 38 tonnes.

La manifestation de ce jour était déclinée autour de deux thématiques centrales, dont la première était l’éco-conduite : de quoi s’agit-il ?

C’est la deuxième année consécutive où nous accueillons trois formateurs de SCANIA France, venus former les chauffeurs de SCANIA à l’éco-conduite. Cette conduite est beaucoup basée sur l’anticipation – ralentir, respecter les distances de sécurité etc. – et sur l’utilisation de l’inertie du véhicule. L’idée est donc de rouler en sécurité, de consommer moins de carburant et ne pas en gaspiller, de moins appuyer sur l’accélérateur, d’avoir une vitesse plus souple, etc. A l’intérieur du camion il y a un tableau de bord où sont indiquées les notes du chauffeur sur certains éléments comme l’anticipation, les freinages et dépars brusques, etc. Les notes c’est-à-dire qu’il y a entre zéro et quatre étoiles – et ces notes sont établies par la technologie du camion -, ce qui permet de situer la conduite du chauffeur et, par exemple, de calculer la consommation de carburant. D’ailleurs, suite à un test effectué avec certains transporteurs ils ont pu économiser 2000 à 3000 euros de carburant par camion et par an ; ce qui n’est pas négligeable. Et ces économies touchent aussi les freins et les pneus, autres charges très importantes pour les transporteurs.

On ne peut pas faire d’économies sur l’entretien et sur tous les contrôles périodiques des camions » 

Suite à cette formation, quelle est la durée moyenne avant d’atteindre les résultats que vous mentionnez ?  

Les résultats sont immédiats. Et le formateur ne prend jamais le volant : il est assis à côté du chauffeur et n’intervient pas dans son programme et itinéraire de travail. Dans un premier temps le formateur observe la conduite du chauffeur et après il lui demande de faire tout ce qu’il lui dit, en ayant remis les notes du chauffeur à zéro afin de voir ce qu’elles seront après avoir suivi ses instructions. L’an dernier les formateurs de SCANIA France ont formé 38 chauffeurs. Cette année ces formateurs sont restés huit jours et ont formé 28 chauffeurs, travaillant dans différentes activités : transport de marchandises, de camions-frigo, de bennes, de tracteurs, d’hydrocarbures, etc. Durant la manifestation d’aujourd’hui il y avait aussi la DEAL et l’entreprise DEKRA, qui fait le contrôle technique des véhicules poids lourds, contrôle qui doit être effectué tous les ans. Vu la taille des véhicules poids lourds, les accidents routiers peuvent avoir beaucoup d’impact(s) et être tragiques. Donc on ne peut pas faire d’économies sur l’entretien et sur tous les contrôles périodiques des camions. D’ailleurs à BAMITEL nous faisons le pré-contrôle technique pour nos clients, avant que le véhicule soit contrôlé par DEKRA. La police et la gendarmerie nationales étaient aussi présentes aujourd’hui à notre manifestation, et il y a eu des jeux de rôle pour rappeler tout ce qu’il faut présenter lors d’un contrôle routier : permis de conduire, attestation d’assurance, capacité de transport, contrat de travail du chauffeur, papiers spécifiques liés au transport d’hydrocarbures, etc.

Quel était l’objet de l’autre thématique déclinée ce jour ?

C’était aussi sur le volet de la sécurité et des risques professionnels, parce qu’il y a des transporteurs qui font du levage et du grutage. Là c’est un autre type de contrôle technique, qui s’appelle la VGP, Visite Générale Périodique, qui est notamment effectué par le Bureau VERITAS et qui vérifie que la grue est apte à être utilisée. Parce que si une charge d’une tonne, située à 25 mètres du sol, se décroche avec des gens en dessous, vous imaginez le risque de drame potentiel… . Et dans cette situation il s’agirait de déterminer si c’est une erreur de manipulation, si la grue était aux normes, si le manipulateur avait bien le CACES* parce qu’il faut l’avoir, etc.

 La manifestation d’aujourd’hui sera-t-elle pérennisée ?

Aujourd’hui c’est la deuxième édition, et oui on espère en faire une troisième, une quatrième, etc. Là on en a fait deux années de suite, donc on n’en fera peut-être pas l’année prochaine mais plutôt dans deux ans. Nous sommes des importateurs, vendeurs et réparateurs, mais nous devons aussi apporter des conseils et de la pédagogie à nos clients. C’est notre responsabilité en tant que professionnels et ‘’sachants’’, d’aider nos clients dans tous ces sujets. On est aussi là pour accompagner nos clients : de l’achat à toute la continuité de l’utilisation des véhicules et matériels.

Propos recueillis par Mike Irasque

*CACES : Certificat d’Aptitude à la Conduite d’Engins en Sécurité.


« Il faut conduire dans cette logique d’économie(s) le plus possible »

Employé de l’entreprise VERDITRANS depuis 15 ans et transportant des matériaux en lien avec le BTP, Cédric Marignan a bénéficié de cette formation délivrée par SCANIA France. Une première expérience que ce solide gaillard, lui-même fils de transporteur, a appréciée et trouvée bénéfique. « Rouler dans le ‘’couple’’, c’est-à-dire en régime économique, permet d’user beaucoup moins de gasoil », explique notre interlocuteur, « et à ce moment-là le camion produit un autre bruit : j’ai vraiment senti que tous les mécanismes de mon véhicule – un 32 tonnes à la motorisation la plus puissante de la gamme – travaillaient. » Et Cédric Marignan d’ajouter : « Donc je n’ai vraiment pas besoin de rouler en surrégime, et de toute façon j’ai constaté que lorsque je roule dans le couple, ce sont à peine 2 à 3 km/h qui changent par rapport au fait de rouler en vitesse. Il faut donc conduire dans cette logique d’économie(s) le plus possible ; en fait il faut prendre de bonnes habitudes. »


 

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