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    Home » Qu’est-ce que l’obsolescence programmée ?
    Brèves

    Qu’est-ce que l’obsolescence programmée ?

    décembre 29, 2017Mise à jourdécembre 29, 2017Aucun commentaire
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    (FILES) This file photo taken on May 03, 2017 shows a pile of discarded electrical and electronic components at the plant of a waste management service that extracts and refines rare and precious metals from electrical and electronic devices, in Le Havre, northwestern France. The Nanterre public prosecutor, near Paris, opened on November 24, 2017 a preliminary investigation against Japanese electronics company and printers manufacturer Epson for "planned obsolescence" and "fraud". From nylons to mobile phones to printers, the so-called "planned obsolescence" of certain products has been debated for years. / AFP PHOTO / CHARLY TRIBALLEAU

    Une enquête préliminaire visant le fabricant d’imprimantes Epson est menée par le parquet de Nanterre. Le motif? «Obsolescence programmée». Apple fait aussi l’objet d’une plainte concernant certains iPhones.

    Voilà un sujet qui fâche et qui divise: l’obsolescence programmée. Nié par les fabricants, utilisé à tort et à travers par les consommateurs, ce concept économique est particulièrement difficile à prouver. Certes, le doute est permis, notamment lorsqu’un smartphone rend l’âme moins d’un an après l’achat, ou lorsque l’imprimante – aussi coûteuse fût-elle – décide de délivrer sa dernière goutte d’encre. Cependant la constitution d’un dossier entraînant l’ouverture d’une enquête est très complexe. Voici ce qu’il faut savoir sur le sujet.

    ● Depuis quand parle-t-on d’obsolescence programmée?

    C’est en 1932, dans une économie frappée par la crise, que la notion est utilisée pour la première fois. Le promoteur immobilier américain Bernard London parle «d’obsolescence imposée» pour stimuler l’industrie et la croissance.

    ● Qu’est-ce que c’est?

    «Toute notre économie est basée sur l’obsolescence programmée (…). Nous fabriquons de bons produits, nous poussons les gens à les acheter, et puis l’année suivante nous introduisons délibérément quelque chose qui va rendre ces produits démodés, dépassés, obsolètes. Nous faisons cela pour une raison évidente: gagner de l’argent», disait Brooks Stevens, designer industriel américain disparu en 1995. L’explication pourrait s’arrêter là, tant la définition semble claire: réduire l’espérance de vie d’un produit pour augmenter son taux de remplacement (et le bénéfice de l’entreprise). Pourtant, l’obsolescence programmée parvient à diviser les économistes.

    En effet, selon Alexandre Delaigue, économiste français, «nous avons tendance à idéaliser le passé». Par ce biais, la conscience populaire voudrait que l’on regrette les objets du passé qui semblaient plus durables. Cependant, ces objets dont nous pouvons être nostalgiques étaient bien moins efficaces qu’aujourd’hui. Mécaniquement, le fer à vapeur s’use plus vite que le fer en fonte, mais il est nettement plus pratique. Ainsi, «l’obsolescence programmée» deviendrait finalement de «l’obsolescence technique». Par ailleurs, il précise que «consommer n’est pas seulement satisfaire un besoin utilitaire. […] C’est aussi une source de satisfaction» qui se caractérise souvent par une pression sociale. Il évoque alors un «mythe de l’obsolescence programmée», car finalement, les produits novateurs sont le plus souvent préférés aux objets ayant déjà une certaine ancienneté.

    D’un point de vue scientifique enfin, certains experts font valoir qu’aucune donnée ne prouve l’existence de ces stratégies industrielles. Dans un rapport publié en juin en France, l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie (ADEME) conclut en parlant plutôt «d’obsolescence perçue».

    ● Que dit la loi?

    «L’ensemble des techniques par lesquelles un metteur sur le marché vise à réduire délibérément la durée de vie pour en augmenter le taux de remplacement». C’est ainsi que se présente l’obsolescence programmée dans la loi sur la Transition énergétique, adoptée en juillet 2015. À cette date, elle est devenue une infraction punie par la loi: 300.000 euros d’amende et deux ans de prison. Le montant de l’amende peut également être porté à 5% du chiffre d’affaires annuel de l’entreprise pour annihiler le bénéfice engendré par la tromperie.

    » LIRE AUSSI – L’obsolescence programmée est désormais un délit passible de prison

    À plus grande échelle, le Parlement européen a demandé à la Commission européenne de légiférer spécifiquement sur l’obsolescence programmée.

    ● Comment s’organise la lutte?

    Pour lutter contre ce concept, l’association HOP (Halte à l’Obsolescence Programmée), née en juillet 2015, cherche à «sensibiliser et influencer pour des produits durables et réparables». Vivement engagée dans la lutte contre ces tromperies, l’association a déjà déposé plainte contre plusieurs fabricants d’imprimantes et contre Apple. La plainte déposée contre Epson en septembre dernier a donc abouti à l’ouverture d’une enquête par le parquet de Nanterre. «C’est une très bonne nouvelle, pour la première fois en France et à notre connaissance dans le monde, les autorités judiciaires d’un pays se saisissent d’un cas d’obsolescence programmée», s’est ainsi félicité Maître Émile Meunier, avocat de l’association.

    Par ailleurs, il existe également différentes start-up qui luttent contre l’obsolescence programmée. Back Market, dont le projet a vu le jour en 2014 à Paris, met en vente sur internet des produits électroniques remis à neuf. «Nous voulons démocratiser la re-consommation au lieu de la consommation», expliquait au Figaro Vianney Vaute, cofondateur de Back Market. L’entreprise met également en avant une démarche écologique. Le reconditionnement se veut moins cher en CO2 que la fabrication.

    » LIRE AUSSI – Une start-up en lutte contre l’obsolescence programmée vient de lever 7 millions d’euros

    De la même façon, une entreprise berlinoise créée en 2009, Rebuy, remet en état et propose à la vente des produits pourtant voués à être détruits. L’entreprise achète à des particuliers des produits cassés ou démodés, les remet «à neuf» puis les revend.

    Par  Pierre Zéau in : www.info.economie.lefigaro.fr/

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