Reuters
Photo : le logo du Fonds monétaire international à son siège, à Washington, le 24 novembre 2024. REUTERS/Benoît Tessier — Photo d’archives.
16 octobre (Reuters) — Le Fonds monétaire international a exhorté vendredi les gouvernements latino-américains à profiter de conditions mondiales encore favorables pour réduire leur dette publique et accroître leur productivité, tout en avertissant que les efforts de redressement budgétaire étaient à l’arrêt dans de nombreux pays.
Dans ses perspectives économiques régionales, le FMI prévoit une croissance de 2,2 % cette année et de 2,3 % en 2027 pour l’ensemble des Amériques, États-Unis et Canada compris, soit un léger ralentissement par rapport aux 2,4 % enregistrés en 2025. Pour l’Amérique latine et les Caraïbes, les prévisions s’établissent à 2,3 % en 2026 et à 2,5 % en 2027, en baisse respectivement de 0,1 et de 0,2 point par rapport aux estimations de juillet.
Nigel Chalk, directeur du département Hémisphère occidental du FMI, a déclaré dans une intervention préparée à l’avance que, dans l’ensemble de la région, « la dette publique continue d’augmenter », alors que les conditions de financement favorables « pourraient ne pas durer ».
Plus tôt dans la semaine, le Fonds avait relevé de 0,1 point sa prévision de croissance mondiale pour 2026 par rapport à juillet, à 3,1 %, et maintenu celle de 2027 à 3,4 %. La croissance des économies émergentes et en développement, révisée en baisse de 0,1 point pour chacune des deux années, est attendue à 3,7 % puis à 4,4 %, laissant l’Amérique latine et les Caraïbes en retrait.
La vigueur de la demande américaine, les prix élevés des matières premières, des conditions financières favorables ainsi que le dynamisme du tourisme et des transferts d’argent des expatriés soutiennent l’activité économique. Mais ces facteurs « ne permettent pas de résoudre les difficultés fondamentales de la région : une dette publique élevée et une faible progression de la productivité », souligne le rapport.
Les économistes du FMI estiment que l’amélioration des termes de l’échange et l’assouplissement des conditions financières apportent environ 0,6 point supplémentaire à la croissance de 2026 au Brésil, au Chili, en Colombie, au Mexique et au Pérou, par rapport à l’année précédente. Les incertitudes concernant les droits de douane et la situation géopolitique atténuent en partie cet effet favorable.
Concernant l’Argentine, dont la prévision de croissance a été fortement abaissée, Nigel Chalk a indiqué que les données de cette année étaient moins bonnes qu’attendu par le Fonds. Il prévoit néanmoins un rebond de la croissance l’année prochaine.
Les pays latino-américains ont mis en œuvre des mesures de redressement budgétaire en 2025, indique le rapport. Mais l’effort a été moins important que prévu et s’est interrompu cette année « dans de nombreux pays ». Le Brésil, le Canada et plusieurs économies caribéennes prennent des mesures pour amortir la hausse des prix de l’énergie, ce qui va à l’encontre de l’objectif de réduction des déficits.
Le FMI estime que peu de pays latino-américains se rapprocheront du niveau de vie des économies avancées au cours des prochaines années. Nigel Chalk a qualifié le risque d’un décrochage supplémentaire de « problème urgent ».
Malgré la flambée des prix de l’énergie et de l’alimentation provoquée par le conflit au Moyen-Orient, l’inflation devrait revenir vers les objectifs fixés dans la plupart des pays d’ici à la fin de 2027, selon le rapport. Le FMI estime toutefois que les risques penchent vers une croissance plus faible et une inflation plus élevée que prévu.




