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    Home » L’homme qui a découvert le meilleur judoka du monde
    Sports

    L’homme qui a découvert le meilleur judoka du monde

    avril 5, 2021Aucun commentaire
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    La Croix.Com

    La carrière de Teddy Riner, qui remet demain en jeu son titre de champion du monde à Tokyo, a commencé dans un petit club parisien entre les mains d’Alain Perriot, qui se souvient d’un gamin de six ans devenu très grand et très fort.

    Jean-François FOURNEL,

    Teddy Riner (à droite), judoka français, grand favori dans la catégorie des lourds (plus de 100 kg). (AFP/Thomas Coex)

    Aucune chance que ce nom fasse un jour la « une » des gazettes sportives. À 39 ans, Alain Perriot est un de ces anonymes du sport amateur sans lesquels il n’y aurait pas de champions.

    En 1995, il y a donc un peu plus de quinze ans, ce professeur de judo a accueilli sur le tatami du club Simon-Bolivar, à Paris, un gros bébé de 6 ans, plutôt costaud pour son âge, mais sans exagération, qui a bien profité. À 21 ans, Teddy Riner affiche aujourd’hui plus deux mètres et un bon 130 kilos.

    Le judoka part aujourd’hui grand favori dans la catégorie des lourds (plus de 100 kg), l’épreuve reine des championnats du monde qui se déroulent à Tokyo à partir de demain. « Je l’ai eu de 6 à 16 ans, il a fallu gérer les spectaculaires modifications de sa morphologie, raconte Alain Perriot. J’ai passé toutes ces années d’adolescence à lui apprendre à bouger son grand corps. Comme il est d’origine antillaise, je lui disais : «Zouke, petit !» Je lui répétais que le judo est une sorte de danse pour les costauds. »

    «Il mord la vie à pleines dents»

    Le garçon a retenu la leçon du professeur, puisqu’il est aujourd’hui connu pour la fluidité de son déplacement et son explosivité, qui lui permettent de se jeter comme la foudre sur des adversaires souvent plus lents.

    Teddy Riner aurait-il aussi gardé de cette « danse » la décontraction qu’on lui reproche souvent ? « C’est un grand gamin qui aime s’amuser avec ses copains, il mord la vie à pleines dents. » Trop, pour certains, qui le voient comme un jeune tout fou.

    Deux jours après avoir passé son permis de conduire, il est arrivé au stade de Coubertin dans une Ferrari prêtée par un ami qu’il était incapable de garer. « Cela a fait jaser dans le milieu. Il gagne de l’argent, il aime les voitures, raconte Alain Perriot. Et alors ? Surtout, qu’il ne change pas ! Et puis, ce qu’il gagne, autour de 500 000 euros par an, ne représente rien par rapport aux fortunes des basketteurs ou des footballeurs. »

    Ce sont d’ailleurs deux sports qui, lorsqu’il avait 15 ans, attiraient le jeune cadet. À l’époque, déjà, il mettait son entraîneur au tapis. « Avant, il aurait pu aussi sans doute, mais je crois qu’il n’osait pas », s’amuse Alain Perriot, qui poursuit : « Ma principale fierté est de l’avoir gardé pour le judo, en maintenant l’essentiel pour un gamin de cet âge : l’envie. Le judo est un sport de discipline et de technique, mais tout cela n’est rien sans le plaisir ».

    « Son père aussi a joué un grand rôle, dès que nous avons compris que Teddy pouvait aller très loin, vers ses 15 ans, nous nous sommes répartis les tâches : moi le tapis, lui les études. Vers l’âge de 16 ans, j’ai estimé qu’il devait changer de club, travailler avec un entraîneur de niveau international. Il a fallu convaincre sa famille, cela a été dur de le laisser partir, mais moi, le petit prof 5e dan, je devais passer le témoin. Je ne me suis pas trompé, d’ailleurs, quand il a gagné son premier titre de champion du monde, en 2007, il m’a envoyé une simple question par SMS : «Alors, t’es fier de toi ?» Je vous laisse deviner la réponse »

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