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« Ubuntu, ce que je suis »…un livre qui plaide pour le « vivre ensemble » en Martinique

« Ubuntu, ce que je suis »…un livre qui plaide pour le « vivre ensemble » en Martinique
janvier 08
01:09 2021

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Le livre d’Emmanuel de Reynal (juillet 2020 – éditions L’Harmattan) • ©Cap Facebook Emmanuel de Reynal / DR

« Ubuntu », terme bantou né en Afrique du Sud pour rompre avec l’apartheid, « fait de l’altérité la source première de la richesse humaine » explique l’auteur. Emmanuel de Reynal est un entrepreneur martiniquais d’origine « béké », qui appelle de ses voeux le « vivre ensemble ».

Guy Etienne • Publié le 6 janvier 2021 à 10h01 sur le site de Martinique 

« Ubuntu » paru en 2020 entre les deux périodes de confinement, fait partie comme beaucoup d’autres bouquins, des publications que les lecteurs n’ont pu découvrir en rayon qu’en fin d’année, en raison de la fermeture temporaire des librairies.

L’auteur, Emmanuel de Reynal, chef d’entreprises d’origine « béké » né à Fort-de-France en 1965, est un des premiers militants de l’association Tous Créole, « dont le but est de rapprocher les différentes communautés antillaises »

« Sans l’autre, on n’est rien » 

 

Il part d’un postulat inspiré de la réconciliation nationale au sortir del’apartheid en Afrique du Sud, où Desmond Tutu et Nelson Mandela ont employé le mot « Ubuntu », un terme bantou qui réunit les concepts d’humanité et de fraternité, et qui fait de l’altérité la source première de la richesse humaine. « Sans l’autre, on n’est rien » souligne l’écrivain.

Ce dernier a choisi de relater des histoires légendaires, tumultueuses, violentes, parfois glauques, avec des personnages séculaires d’horizons divers qui ont participé de près ou de loin de l’imaginaire collectif. La période esclavagiste et l’abolition de 1848 sont évidemment évoquées, Emmanuel de Reynal qui fait ainsi l’inventaire d’un syncrétisme culturel revendiqué et assumé.

« Vivre ensemble »

 

Je suis (…) Saül le sanguinaire, Yona le méditant, Simon le paysan, Gaël l’éleveur de moutons. Je suis (…) Ronix l’esclave, Luc l’exécrable (…). Je suis Renaud le rusé, Johannes le notaire, Jean le marchand, Li Sanfu le chinois, Guacamo le Cacique, Noble Jean le Capitoul de Toulouse, Timba l’esclave africain.

 

Je suis Jean de La Fosse, Taï’a la Caraïbe, Jeanne la putain, Laurent le corsaire, François-Marin le militaire. Je suis Laurent le planteur de café, Théophraste le témoin de 1848 (…), Emmanuel le poilu. Je suis Adèle la grand-mère du Lamentin, Hippolyte le médecin poète, Yvonne la maman…

 

Je suis tous ces gens, car tous ces gens m’ont fait.

Je porte en moi une part de chacun d’eux. 

(Emmanuel de Reynal)

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Emmanuel de Reynal, invité au salon du livre de la Vendée (au nord-ouest de la France) • ©Emmanuel de Reynal / DR

L’ouvrage tente ainsi de mettre en exergue la nécessité aujourd’hui, de « rêver à une Martinique « Ubuntu » qui comprendrait enfin quelle fantastique richesse nous offre la présence sur cette petite île de 1080 km2 de communautés originaires d’Europe, d’Afrique, d’Amérique ou d’Asie…, de tous les continents de la planète, si nous apprenons enfin à vivre ensemble. »

Il est présomptueux de vouloir s’affranchir de ses liens pour se réfugier dans l’identité du moment (…).

Jamais les regards identitaires n’ont produit de bonheur dans le monde. Jamais. 

Ils sont au contraire la source des guerres et des massacres (…).

(Page 84)

 

« L’identitarisme qui restreint notre humanité »

 

À propos des « regards identitaires », un peu plus loin, Emmanuel de Reynal ajoute :

Quant on affuble un groupe d’individus d’un substantif précédé de l’article défini pluriel « les », on glisse immanquablement vers la caricature (…).

Il sert de marchepied à « l’identitarisme » qui restreint notre humanité : « les » blancs, « les » noirs, « les » juifs, « les » arabes, « les » fonctionnaires, « les » patrons…

 

Ce terrible article crée des cercles humains faciles à aimer, facile à détester (…). Il est clivant, pernicieux et injuste. 

 

« Ne m’appelez plus « béké » « 

 

Le patron converti à l’écriture termine son plaidoyer par ces mots :

On ne choisit pas ses ancêtres, on les embarque en nous quels qu’ils soient (…). L’identité que l’on me prête n’a aucune importance.

Je préfère ce que je suis, car j’appartiens à quelque chose de plus grand. Bien plus grand qu’une étiquette.

 

Alors s’il vous plaît, ne m’appelez plus « béké ».

(Emmanuel de Reynal)

 

En guise de conclusion, Emmanuel de Reynal précise qu’il a écrit ce texte, « pour tous les boucs émissaires que l’on fabrique, en réduisant l’identité des personnes, à quelques critères insignifiants ».


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