Alors que les effets du changement climatique se manifestent de façon de plus en plus visible à travers le monde, vagues de chaleur, incendies, phénomènes météorologiques extrêmes ou montée du niveau de la mer, la question de l’anticipation devient centrale. Pour Florent Grabin, président de l’association écologique PUMA, la Martinique doit tirer les enseignements des crises observées ailleurs et engager sans attendre une réflexion collective sur l’adaptation de son territoire. Il appelle l’État, les collectivités, les scientifiques et la société civile à préparer dès aujourd’hui les transformations qu’imposera l’évolution du climat.
Quel changement climatique à travers le monde ?
Le GIEC (Groupe Intergouvernemental d’Experts sur l’évolution du Climat) est l’organe des Nations Unies chargé d’évaluer la science liée au changement climatique. Ses prévisions annoncent une poursuite du réchauffement climatique, une hausse de la fréquence des phénomènes extrêmes et une élévation du niveau des mers dans le monde. Selon eux, le seuil de +1,5 °C de réchauffement mondial sera atteint dès le début des années 2030, entraînant des impacts graves et irréversibles pour la planète.
Le Gouvernement nous informe que les feux qui ravagent actuellement l’Europe ont pour origine les effets du changement climatique et admet qu’il y a eu un manque d’anticipation et de préparation de la population.
Nous pouvons observer que l’aggravation de la canicule a généré en juillet 2026 plus de 5 000 morts, des feux de forêt hors norme, plus de 42 000 hectares brûlés en Gironde, 220 000 personnes évacuées, des maisons détruites par les flammes, des vies brisées en peu de temps !!! La France n’est pas la seule à subir ! De nombreux pays en Europe sont touchés par cette catastrophe. Le Canada, les États-Unis !!! Ces derniers commencent, dans certains États, à se mobiliser pour tenter de sauver diverses zones de la montée des eaux. La nature ne serait-elle pas déjà en 2030 ?
Lè bab kanmarad-ou pri difé wousé taw ! *
Dans les débats nationaux on observe que c’est le manque d’anticipation qui est le reproche majeur fait aux différents services de l’État. L’État français et ses dirigeants politiques ont négligé les prévisions des climatologues du GIEC. Ce qui a conduit à tous les évènements que la France hexagonale subit actuellement. Nous pensons modestement que nous devons tirer les enseignements de toutes ces erreurs en mettant en place les stratégies et autres études afin de faire face à ces catastrophes largement prévisibles aujourd’hui.
En discutant avec différents agents en dehors de leur service, ils admettent que l’élévation du niveau de la mer est une réalité qui réclame une impérative prise en compte. Parmi ces mêmes personnes, se trouvent de cadres supérieurs qui se cachent, par peur de nos élu.e.s ou de leur hiérarchie nationale. Elles nous disent que cette catastrophe prévisible ne constitue pas une priorité nationale ! Pour eux, il n’y a donc pas lieux travailler sur les études à mener. Il y a de quoi s’interroger.
Voilà une problématique d’intérêt général, nécessitant que toutes les compétences convergent vers un front commun, en toute humilité, afin de co-construire le réaménagement de la Martinique. Notre État jacobin devrait apprendre à accepter des initiatives locales, privées et permettre à son administration de sortir de la logique centralisatrice depuis Paris, qui a très souvent échoué et nous a fait perdre du temps !
En effet, la Martinique a connu Monsieur Michel CADOT Préfet de la Région Martinique entre 2000 et 2004 qui avait pris en compte les doléances d’une faction de la société civile réclamant la mise en place du Plan Prévention des Risques (PPR). Nous observons que le silence administratif demeure le comportement parfaitement rodé localement. Cette étape n’avait pas été facile du fait de certaines administrations et autres oligarchies et obédiences de notre pays.
De même, Monsieur le Préfet Ange MANCINI en fonction en Martinique de juillet 2007 à mars 2011, est celui à qui PUMA avait demandé en 2008 de l’accompagner dans le changement de laboratoire d’analyse de l’eau du robinet qui se faisait à Lille. Les scientifiques qui nous guidaient nous avaient informés que ce dernier n’était pas équipé pour la recherche des pesticides dans l’eau ; avec le laboratoire de la Drome, que nous avons visité, nous avons enfin eu la certitude de la présence de la chlordécone, du Paraquat et de nombreuses molécules chimiques très dangereuses dans l’eau de boisson au robinet du consommateur.
Il est urgent de traiter l’élévation du niveau de la mer avec un comportement humble et une grande écoute de toute la population qui a su démontrer sa résilience et sa solidarité après le passage de n’importe quel cyclone. Cependant, pour le phénomène qui nous concerne, il n’y a pas de réparation ! Seule l’évacuation reste la règle. Les incendies de la Gironde ont démontré que les ‘’petits hommes en gris’’ des ministères ont conduit à une catastrophe sans précédent. Cette situation aurait pu être évitée en appliquant le bon sens paysan.
Localement, par respect pour la population, les représentants de l’État français devraient endosser la responsabilité de l’État dans la dégradation de la situation, environnementale et sociale, ainsi que de l’évolution négative du modèle économique aux Antilles.
Le moment est venu pour nos différents dirigeants de profiter de l’apport de la Nature qui nous impose de tout mettre en œuvre, afin de protéger les biens et les personnes en simplifiant, pour la Martinique, les normes hexagonales : ce, afin d’éviter la catastrophe économique sociale, et sanitaire qui s’annoncent. Ils gagneraient à inscrire dans leur CV la politique publique qu’ils contribueraient à mettre en place dans la réorganisation de notre aménagement du territoire.
La réponse à cette catastrophe naturelle attendue mérite le feu vert national, dont la mission première est la mise en place d’un Plan d’Anticipation des Risques (PAR). En ce qui concerne le Schéma Départemental des Risques Majeurs (SDRM), nous nous posons des questions sur son existence et sur sa mise à jour.
Ne perdons pas de temps ! La Martinique n’est pas à l’abri de tout ce qui se passe à l’international. Avant qu’il ne soit trop tard, mobilisons-nous Pour Une Martinique Autrement, en nous forçant le respecte à ceux qui se servent de leur passage chez nous pour conforter leur carrière.
Pour l’association écologique PUMA, Le Président
Florent GRABIN
* Quand le feu a pris dans la barbe de ton camarade arrose la tienne.





