Le Conseil de sécurité de l’ONU se réunit, vendredi après-midi, pour faire le point sur la situation en Haïti. La couverture des discussions en direct est assurée par l’équipe de la Section de la Couverture des réunions des Nations Unies.
ONU
Les États-Unis plus déterminés que jamais à appuyer les efforts d’Haïti pour éradiquer la terreur des gangs

(©UN Web TV)
« Ces gangs ne peuvent pas terroriser les communautés qui se rendent dans les bureaux de vote »
(Mme Jennifer Locetta, représentante des États-Unis)
« Après des mois de violence meurtrière », Mme Jennifer Locetta, représentante des États-Unis, a martelé que les terroristes ne peuvent pas prendre la démocratie en otage pour leurs objectifs violents et a appelé à condamner ces actes odieux.
Solidaire avec les autorités haïtiennes, elle a appuyé les efforts menés par Haïti pour éradiquer la terreur des gangs. Appuyant la Force de répression des gangs, elle a appelé les pays fournisseurs à déployer leurs troupes le plus rapidement possible et demandé à tous les pays de contribuer au fond d’affectation pour la Force.
Aux membres du Conseil, elle a demandé de renouveler le mandat de la Force de répression des gangs le mois prochain.Today 15:40
Le Panama dénonce des attaques récurrentes à Kenscoff et mise sur le déploiement de la Force de répression des gangs

(©UN Web TV)
« Cette fois, l’attaque violente de Kenscoff a été particulièrement cruelle »
(M. Eloy Alfaro de Alba, représentant du Panama)
Ce n’est pas la première fois que des gangs criminels cause l’horreur à Kenscoff, a fait remarquer le représentant du Panama, M. Eloy Alfaro de Alba. Il a rappelé que début 2025, les gangs avaient tué plus de 250 personnes en seulement deux mois. Et en juillet de cette année, plus de 60 personnes ont été tuées en seulement cinq jours.
C’est face à la cruauté de la dernière attaque -certaines victimes auraient été brûlées vives dans leurs propres maisons, d’autres assassinées dans une église- et à cause de la récurrence de ces massacres que, le Panama, avec la Colombie et les États-Unis, a demandé la convocation de la présente séance.
Le représentant a réclamé la traduction en justice des auteurs de ces attaques et a misé sur le déploiement de la Force de répression des gangs.
« Le déploiement de la Force n’est pas une fin en soi, mais une étape essentielle vers le rétablissement des conditions de sécurité minimale qui permettront de progresser dans la reconstruction institutionnelle, économique, politique et sociale d’Haïti. »Today 15:35
La crise humanitaire en Haïti est une des plus graves de l’hémisphère occidental, alerte le Bureau de la coordination des affaires humanitaires

(©UN Web TV)
« La population –en particulier les femmes, les filles et les enfants– subit des niveaux de violence et de souffrance effroyables »
(M. Indrika Ratwatte, Secrétaire général adjoint par intérim aux affaires humanitaires)
Le Secrétaire général adjoint par intérim aux affaires humanitaires, M. Indrika Ratwatte, a alerté le Conseil sur le fait que la crise humanitaire qui s’aggrave rapidement en Haïti du fait de la violence généralisée est une des plus graves de l’hémisphère occidental.
Plus de la moitié de la population haïtienne, soit quelque 6,4 millions de personnes, a besoin d’une aide humanitaire et près de 1,5 million sont des personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays, la moitié d’entre elles étant des enfants, a-t-il précisé.
Plaidant pour que les personnes déplacées puissent rentrer chez elles en toute sécurité, il s’est alarmé de la poursuite des expulsions à grande échelle vers Haïti. « Beaucoup arrivent sans ressources, sans documents ni réseaux de soutien, et certaines ont des besoins de protection particulièrement urgents. »
Selon M. Ratwatte, la population –en particulier les femmes, les filles et les enfants– subit « des niveaux de violence et de souffrance effroyables ». Ainsi, plus de 5 500 incidents de violence fondée sur le genre, soit environ 30 cas par jour, ont été enregistrés rien qu’au cours des six premiers mois de l’année.
Environ 70% des incidents signalés de violence fondée sur le genre impliquaient des viols, et près des trois quarts des cas de viol signalés étaient des viols collectifs, a-t-il dit, dénonçant des crimes commis en toute impunité.
Dans ce contexte, les attaques visant les services de santé ainsi que les restrictions de mouvement continuent de limiter l’accès à des services vitaux.
Si les acteurs humanitaires ont pu porter assistance à plus de 2,4 millions de personnes au cours du premier semestre de cette année, « l’aide d’urgence ne saurait, à elle seule, modifier la trajectoire de cette crise », a-t-il souligné.
Pour y parvenir, il faut selon lui mettre fin à la violence, financer la réponse humanitaire et s’attaquer aux causes de cette crise. « Des progrès durables nécessitent des efforts plus larges, notamment en matière de sécurité, de stabilité politique et d’investissements soutenus dans les services essentiels. »Today 15:15
Le Représentant spécial pour Haïti demande de poursuivre en justice les auteurs de l’attaque contre Kenscoff

(©UN Web TV)
« La crise d’Haïti exige plus que de la détermination; elle exige des résultats »
(M. Carlos Ruiz Massieu, Représentant spécial et Chef du BINUH)
M. Carlos Ruiz Massieu, Représentant spécial et Chef du Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH), a relaté l’attaque « brutale » lancée par des gangs dans la nuit du 23 au 24 août contre la commune de Kenscoff, dans les collines surplombant Port-au-Prince.
L’agression a fait 47 morts, dont 3 garçons et 2 filles, et des dizaines d’enlèvements et de nombreux blessés.
Des maisons ont également été incendiées et la population locale qui cherchait refuge à la violence a été attaquée, notamment dans une église, où des membres de gangs ont exécuté 22 personnes dans la cour et tué 12 autres qui tentaient de s’échapper.
« Ce massacre est profondément choquant, mais ce n’est pas une tragédie isolée. »
M. Ruiz Massieu a rappelé que les gangs continuent à terroriser la population et à étendre leur contrôle territorial au-delà de la capitale. Le BINUH a documenté 1 408 morts et 656 blessés rien qu’entre avril et juin 2026.
Le Représentant spécial a souligné l’urgence de renforcer le soutien international à la sécurité pour Haïti.





