Depuis fin avril, la Martinique traverse un épisode de sécheresse exceptionnel par sa durée et son intensité. Toutes les filières agricoles sont touchées. Réunis en préfecture mardi soir, les acteurs du monde agricole et les représentants de l’État ont acté la mise en place d’une cellule de crise et l’accélération de la procédure de calamité agricole pour débloquer des aides nationales au plus vite.
Depuis le mois de juin, le territoire connaît un important épisode de sécheresse. Cet épisode ne manque pas d’affecter toutes les filières de l’agriculture. En préfecture, s’est déroulé mardi soir, un point de situation avec tous les acteurs du monde agricole et de l’économie. L’objectif étant de faire remonter les informations pour enclencher la calamité agricole. « Mon souhait est d’accélérer la remontée de calamité agricole à partir des données que les différentes filières nous transmettent de telles manières à ce que les éventuelles aides au niveau national puisse être données assez rapidement », affirme le préfet, Étienne Desplanques. Aussi, une cellule de crise sera mise en place. Elle permettra aux agriculteurs les plus en difficultés d’être au cœur du dispositif d’aides via la MSA (Mutualité sociale agricole), la DRFIP (Direction régionales des finances publiques) et la Chambre d’agriculture. « Nous avons les capacités d’accompagner ces agriculteurs avec des plans fiscaux, de cotisations sociales qui peuvent être allongées. Notre difficulté est d’aller toucher les agriculteurs qui parfois sont dans le désespoir, parfois jettent l’éponge. Il faut qu’on puisse aller vers eux », ajoute Étienne Desplanques.
« Un maximum de filières sur un maximum de communes »
Selon les projections, cet épisode de sécheresse est amené à se reproduire dans les années à venir. Ainsi, l’État veut anticiper notamment sur le fourrage. En effet, à cause de ce manque d’eau, le fourrage s’est raréfié venant à manquer dans le territoire. « Un bel élan de solidarité a été mis en place au profit des éleveurs. L’État y a contribué financièrement. Mais ce n’est pas suffisant, il faut aussi que l’on puisse identifier les zones où l’on puisse avoir des projets de fourrage qui pourraient être mis à disposition pour l’année prochaine. On s’est mis d’accord sur une solution à court terme et à travailler à une solution pour l’année prochaine. »
Avec l’activation rapide la procédure de calamité agricole, le représentant de l’État entend couvrir « un maximum de filières sur un maximum de communes ». Il compte notamment sur le fonds de secours Outre-mer qui permettra d’apporter des moyens financiers aux exploitants. « Le gouvernement a prévu des mesures d’urgences qui viendront dans les semaines qui viennent. On se prépare à les activer avec la CGGS et la MSA ainsi que le DRFIP. »
Une prochaine réunion en septembre
Les exploitants sont dans l’expectative à l’exemple de Jean-Claude Marraud des Grottes, président de Banamart. « Toutes les filières sont unanimes à dire que les circonstances sont exceptionnelles en termes de sécheresse. Sa particularité est qu’elle est longue. Elle a commencé fin avril et pourrait se poursuivre en septembre », explique Jean-Claude Marraud des Grottes. Il poursuit : « Les effets sont sensibles. Nous estimons nos pertes à 10 à 15 %, soit 8000 tonnes. Nous ne pouvons cependant pas en mesurer tous les impacts. Dans la banane, ce n’est qu’au bout de douze semaines que l’on connaît le poids du fruit. Il peut être beaucoup léger à cause de la sécheresse. »
Une prochaine réunion est prévue mi septembre. Les informations devront être remontées pour la demande de calamité agricole avec les données de Météo France.
Laurianne Nomel





