À l’occasion des Journées européennes du patrimoine, la préfecture de la Martinique a accueilli le public ce samedi 19 septembre 2026. Les visiteurs ont découvert un lieu habituellement réservé aux réunions institutionnelles, échangé directement avec le préfet Étienne Desplanques et suivi une visite théâtralisée conduite par la compagnie Kant é Kant. Une manière concrète de mieux comprendre l’histoire du bâtiment et les missions de l’État dans le territoire.
Un lieu d’autorité ouvert à la discussion

En temps ordinaire, la préfecture reçoit surtout les élus, les administrations et les acteurs institutionnels. Ce samedi matin, ses portes se sont ouvertes au grand public. Pour Étienne Desplanques, cette rencontre constitue un moment privilégié, parce qu’elle permet aux usagers et aux citoyens de découvrir le patrimoine tout en échangeant directement avec le représentant de l’État.
Comme lors de l’édition précédente, Étienne Desplanques a reçu plusieurs groupes de visiteurs. Il leur a présenté l’histoire du corps préfectoral, le rôle du préfet, ses principales missions et ses priorités en Martinique. Chaque séquence a ensuite laissé une large place aux questions. Certaines portent sur le fonctionnement même de la fonction, les conditions de nomination, la durée d’une affectation, les liens avec le président de la République ou encore la liberté de déplacement du préfet. D’autres rejoignent directement les préoccupations du moment, notamment la lutte contre les violences et le fonctionnement des services publics.
Cette diversité de questions intéresse particulièrement Étienne Desplanques. Elle lui permet de mesurer à la fois la curiosité du public et les sujets qui préoccupent les Martiniquais. « Cela permet aussi de prendre un peu le pouls de ce que pensent les Martiniquais. C’est très enrichissant », observe le préfet.
L’échange se veut direct. « Je réponds à tout, il n’y a pas de question taboue. Ce sont souvent des questions sincères, qui appellent des réponses sincères », affirme Étienne Desplanques. La formule tranche avec l’image parfois distante de l’institution et donne au public la possibilité d’interroger simplement celui qui la représente.
Le théâtre pour raconter les lieux

La découverte de la préfecture passe aussi par le spectacle vivant. Rita Ravier, comédienne de la compagnie Kant é Kant, participe à la visite avec Carlos Stanis, Fiona Soutif et Giovanny Germany. Les artistes incarnent des personnages inspirés du passé, qui racontent à leur manière l’histoire des bâtiments, celle des préfets de Martinique et, plus largement, certains épisodes de l’histoire du territoire.
Le parti pris consiste à transmettre des connaissances par une forme décalée et accessible. « Mon personnage tente d’être dans l’instruction tout en étant dans le ludique », explique Rita Ravier. Les visiteurs, inscrits volontairement, arrivent déjà avec une curiosité pour le patrimoine. Le jeu des comédiens leur offre une autre porte d’entrée vers des lieux qu’ils voient parfois régulièrement sans en connaître l’origine, le rôle ou l’importance.
Pour Rita Ravier, cette médiation permet aussi d’ancrer la visite dans le pays. Elle relie les murs à des faits, à des personnages et à une histoire martiniquaise. Le bâtiment cesse ainsi d’être un simple décor administratif pour devenir le support d’un récit transmis au public.
Comprendre le rôle de la préfecture

La visite ne s’arrête pas à l’histoire architecturale. Le parcours présente la fonction préfectorale, ses obligations et ses responsabilités. Il conduit également le public dans la cellule de crise, un espace qui permet de saisir plus concrètement la manière dont les services de l’État s’organisent face à une situation d’urgence.
Rita Ravier le reconnaît, la préfecture représente souvent l’autorité, la distance et le cadre. Les Journées européennes du patrimoine permettent de rendre cette institution plus lisible, sans effacer ce qu’elle représente. Les visiteurs comprennent mieux pourquoi elle existe, comment elle fonctionne et quelles responsabilités incombent au préfet et à ses services.
L’ouverture se poursuit dimanche 20 septembre. Pendant ce week-end, la préfecture montre ainsi deux dimensions complémentaires de son patrimoine, l’histoire d’un bâtiment public et le fonctionnement d’une institution qui demeure au cœur de la vie administrative martiniquaise.
De notre envoyé spécial Roland Dorival




