Secrétariat de la CARICOM, Turkeyen, Grand Georgetown, Guyana – Le Groupe de personnalités éminentes (GPE) de la CARICOM s’est rendu en Haïti du 2 au 9 septembre 2026 et a mené des discussions avec un grand nombre d’acteurs politiques et de la société civile, notamment des représentants du monde des affaires, des organisations de jeunesse, de femmes et de défense des droits humains, des institutions gouvernementales clés et les dirigeants de la Force de répression des gangs (FSG). Cette visite a également permis d’évaluer la situation politique et d’engager un dialogue sur les préparatifs du premier tour des élections, prévu le 13 décembre 2026.
Le Groupe de politique électorale (GPE) a relevé plusieurs évolutions positives, notamment les efforts déployés pour relancer le processus électoral après plus de dix ans d’interruption. Le GPE a noté que les partis politiques étaient à différents stades de préparation en vue de participer aux prochaines élections, y compris par la formation de groupements politiques.
Les parties prenantes ont également exprimé leurs points de vue et leurs préoccupations concernant les nouvelles mesures prévues par le décret électoral modifié. Elles ont affirmé que nombre de ces mesures étaient complexes et contraignantes. Elles étaient particulièrement préoccupées par le nombre de documents que les candidats devaient fournir au Conseil électoral et par la lenteur du processus d’inscription des électeurs. Le Groupe de planification électorale (GPE) a été informé que ce processus ne répondait pas aux attentes. Il était notamment entravé par l’existence de territoires situés hors du contrôle de l’État. De nombreuses parties prenantes ont insisté sur la nécessité d’une meilleure information du public sur le processus et d’un plus grand nombre de centres d’inscription.
Tout en s’efforçant de respecter les conditions de participation aux élections, plusieurs partis ont plaidé pour une modification de certaines procédures et exigences, ce qui pourrait nécessiter un report du scrutin prévu le 13 décembre. Les acteurs concernés ont toutefois exprimé leur souhait de voir se tenir des élections justes, crédibles, impartiales et inclusives, afin de mettre un terme aux arrangements transitoires successifs qui ont constitué une caractéristique regrettable de la crise multidimensionnelle en Haïti.
La situation sécuritaire demeure particulièrement préoccupante. Le Groupe de politique œcuménique (GPO) a constaté la recrudescence récente des violences meurtrières et des enlèvements, ainsi que les difficultés qui ralentissent le déploiement des Forces de sécurité ghanéennes (FSG). Lors de leurs discussions, toutes les parties prenantes ont souligné l’importance cruciale de garantir un environnement sécuritaire permettant l’inscription des électeurs à l’échelle nationale, la tenue de campagnes politiques, la liberté de circulation et le vote en toute sécurité. Le déploiement des forces et ressources supplémentaires promises par divers pays et la coordination opérationnelle stratégique entre ces derniers et les forces de sécurité haïtiennes sont essentiels à la réalisation de cet objectif.
Haïti se trouve à un tournant critique. Alors que des mesures importantes sont prises par les Haïtiens en faveur de la stabilité et du retour à une gouvernance démocratique dans leur pays, le Groupe de personnalités éminentes appelle les partenaires internationaux à redoubler d’efforts pour honorer sans délai les engagements pris en matière de sécurité afin d’assurer la mise en œuvre de la résolution 2793 du Conseil de sécurité des Nations unies.





