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En Birmanie, une religieuse agenouillée devant les militaires devient le symbole de la résistance pacifique face à la junte

En Birmanie, une religieuse agenouillée devant les militaires devient le symbole de la résistance pacifique face à la junte
mars 15
03:44 2021
Temps de lecture : 2 minutes

Sœur Ann Roza Nu Thawng à genoux devant les forces de l’ordre, à Myitkyina, dans le nord de la Birmanie. (HANDOUT / MYITKYINA NEWS JOURNAL / AFP)

Elle s’était agenouillée une première fois devant un contingent de militaires le 28 février, et elle a refait de même lundi 8 mars, toujours dans sa ville de Myitkyina, dans le nord de la Birmanie, pour empêcher les forces de l’ordre de tirer sur les jeunes manifestants.

Elle n’a aucun compte sur des réseaux sociaux, mais les images de son geste, hautement téméraire, ont fait le tour du monde : en plein milieu d’un affrontement entre manifestants et forces de l’ordre, Sœur Ann Roza Nu Thawng est allée au-devant d’un contingent de militaires, casqués et armés, et elle s’est mise à genoux, les deux mains jointes, leur criant de ne pas tirer. Elle l’avait déjà fait il y a dix jours et a recommencé lundi, à Myitkyina, dans le nord de la Birmanie. Une ville qui, comme tant d’autres depuis le coup d’État du 1er février, vit au rythme des manifestations, contre la junte, contre le putsch, contre la répression.

 

Dans les rues se retrouvent étudiants, fonctionnaires, agriculteurs, salariés du privé, ouvriers du textile, employés de banques, médecins, et donc aussi sœur Ann, 45 ans, religieuse de la congrégation catholique Saint François-Xavier, qui n’avait pas prévu de manifester. « J’étais au couvent, explique-t-elle au Figaro, lorsque j’ai vu une foule courir précipitamment pour échapper aux policiers qui tiraient. J’étais effrayée, mais je ne suis pas seulement religieuse, je suis aussi citoyenne, et j’ai compris à ce moment-là que mon devoir était d’empêcher ces soldats de s’en prendre à des gens pacifiques. »Sœur Ann fait donc face aux forces de l’ordre, s’agenouille, les implore de baisser leurs armes. « Tirez-moi dessus si vous voulez, leur crie-t-elle, mais épargnez les enfants, laissez-les partir. »

En tant que religieuse, je prie quotidiennement pour le retour de la paix et la liberté dans mon pays, mais en tant que citoyenne, je sais que la prière ne suffit pas et qu’il faut aussi agir.

Soeur Ann Roza, religieuse catholique birmane

au Figaro

Les militaires s’arrêtent, interloqués, et au bout de quelques secondes, l’un d’eux se met à genoux, puis un autre, les mains jointes. Ephémère moment de paix au milieu du chaos. Et la scène n’est pas que symbolique : pendant qu’elle dialogue, les autres religieuses font entrer un par un les jeunes dans le couvent, dont beaucoup sont blessés, et emmenés à l’hôpital pour être soignés.

Et puis, une grenade lacrymogène a jailli et les tirs ont repris, mettant fin à ces quelques minutes de communion. Ce jour-là, il y a eu deux morts à Myitkyina, des dizaines dans toute la Birmanie, plus d’une cinquantaine depuis le début du mouvement. Et Sœur Ann, elle, entend bien recommencer.  « En tant que religieuse, dit-elle, je prie quotidiennement pour la paix, mais en tant que citoyenne, je sais que la prière ne suffit pas et qu’il faut aussi agir. » Tel est le message que contient son geste, retentissant, inspirant, à même de faire siffler les oreilles du monde entier


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