Ce mercredi matin, au stade Louis-Xérès, la deuxième édition du forum des seniors a réuni une vingtaine de stands, entre associations, acteurs sociaux et entreprises de la silver économie. Vannerie, lutte contre l’isolement et la précarité, logement adapté : les aînés ont pu s’informer et s’initier, alors que la Simar, organisatrice, anticipe d’ici 2030 une Martinique où près de 4 habitants sur 10 auront plus de 60 ans.
« Hé bé ! ou sav za ni 22 an Marie-Adèle mo.» Les discussions vont bon train dans l’allée bien garnie du forum des seniors au stade Louis-Xérès, ce mercredi matin à Sainte-Marie. Les aînés du nord de la Martinique s’y sont donné rendez-vous. Placée sous le thème du bien vieillir, cette deuxième édition a rassemblé une vingtaine de stands, associations, entreprises de la silver économie et acteurs de la vie sociale.
Marie-Eugène et Agnès sont venue d’Ajoupa-Bouillon. La première fait déjà partie d’une association mais, très curieuse, la Bouillonnaise est en quête de nouvelles activités. Pour aller au-delà du classique déjeuner dansant. « Je suis senior et en pleine forme parce que je prends soin de moi », dit-elle. Agnès, elle, a déjà glané quelques informations auprès de certains stands. « C’est très intéressant », avoue-t-elle.

De nombreuses activités étaient proposées ce mercredi matin. Notamment une initiation à la réputée vannerie du Morne-des-Esses sous l’égide de Yolène Jean-de-Dieu de l’association Kay nou. Des mains appliquées qui parfois refont des gestes presque oubliés. Des mains hésitantes qui apprennent une technique ancestrale. « Dès que les aînées voient nos paniers caraïbes, ils retombent en enfance. »

Un peu plus loin, Les Petits frères des pauvres cherchent des bénévoles. La mission première de l’association est de rompre l’isolement des personnes âgées de plus de 50 ans les plus précaires. Dans le territoire du nord, 18 personnes sont accompagnées. « Il est vrai que beaucoup plus de personnes mériteraient d’être accompagnées. C’est une réalité du terrain », confie Marthe Rochefort, responsable du secteur nord. Elle affirme qu’en Martinique, Guadeloupe et Guyane, 6% de la population est en situation d’isolement. Un véritable fléau chez les seniors.

Tout comme la précarité. Or la lutte contre la précarité est le cheval de bataille de Chen lanmou avec son épicerie solidaire et sa friperie situées à Sainte-Marie. L’association accompagne les personnes en grande difficulté alimentaire et propose des aides alimentaires d’urgence. Les bénéficiaires, qui sont orientés par les organismes sociaux comme le CCAS, jouissent de prix apaisés. « Par exemple, le corned beef qu’on retrouve en magasin à 2,82€ sera payé 0,82€ », illustre Sabrina Cupit, médiatrice sociale. « Nous sommes là pour faire connaître l’association parce qu’il y a réellement des gens qui sont en difficulté et qui ne connaissent pas forcément tous les dispositifs mis en place pour la population. »
Le forum a été organisé dans une ville à propos. En effet, la commune compte une dizaine de centenaires et la doyenne a soufflé ses 111 bougies. « C’est la continuité de notre engagement avec la Simar, 70 ans d’histoire. Bien vieillir, ça se prépare aujourd’hui », explique Calixte-Rosette Chinama, adjointe au maire de Sainte-Marie.

A l’origine de l’organisation du forum la Simar et son directeur général, Jean-Luc Galy. « Il est organisé dans le cadre de notre politique senior. Nous avons constitué un ensemble de partenariat avec les CCAS et les associations. » L’objectif du bailleur est de fédérer les associations autour de la Simar. L’organisme prédit que d’ici 2030, près de 4 Martiniquais sur 10 auront plus de 60 ans. « Nous souhaitons faire connaître aux aînés tout ce qui est mis à leur disposition dans le domaine de la prévention et du bien-vivre. » Il s’agit de montrer le savoir-faire de la Simar « en termes d’adaptabilité de logement, de résidence autonomie, d’inclusivité. C’est un vrai tsunami du vieillissement qui nous attend. Il faut anticiper pour absorber la vague. »
Un troisième forum est prévu au mois de décembre à Rivière-Salée.
Laurianne Nomel




