Benjamin d’une famille nombreuse (20 enfants) Pierre-Louis DELBOIS eut la particularité d’être éduqué par un père de plus de 60 ans qui l’emmenait souvent dans ses multiples déplacements et rencontres.
Trajectoire éducative qui avait fait de lui un jeune-homme particulièrement mature, car bien formaté par la connaissance, la vision et la sagesse des Anciens.
Il se mouvait comme il pouvait au sein de cette famille élargie,riche, diversifiée et entreprenante. Ces diverses facettes de l’existence familiale étant les témoins de ce qu’imposait à l’époque une vie empreinte de difficultés matérielles.
Il effectue son service militaire pendant la guerre d’Algérie, passant ainsi plusieurs mois à risquer sa vie sur différentes scènes de confrontations militaires. Men Bondyé té métélanmen anlèy, il en est sorti indemne !
De retour au pays, ce jeune-homme élégant et bien trempé par les épreuves, se déploie professionnellement dans trois secteurs à la fois : la pêche, le jardin traditionnel et le B.T.P(Bâtiment et Travaux Publics).
Poirier/Anse-Figuier, son quartier de naissance et résidentiel, avait cette particularité d’être l’unique façade maritime de la commune de Rivière-Pilote. C’était donc à la fois un village de pêcheurs et un lieu de villégiature pour de nombreux visiteurs. L’animation culturelle et le renforcement des solidarités populaires furent les vecteurs essentiels de son investissement Citoyen. Pendant des années, il fut au cœur des pratiques culturelles, festives et sportives du quartier : un référent majeur, proche des Jeunes et des Vieux à la fois.
Village de pêcheurs et aussi haut-lieu de villégiature, les périodes de vacances à Poirier/Anse-Figuier étaient particulièrement animées : coup de senne matinal, cours de rattrapage scolaire, grand bain du midi à la plage, concerts et promenades de l’après-midi, surprises-parties chez l’habitant le soir, feu de camp quelques fois …

Et puis il y eut ce matin-là, au cours duquel, au milieu d’un repas qui venait clôturer un des coups de mains effectués pour la construction de sa maison, il se mit ostensiblement debout au milieu de l’assistance pour déclarer solennellement : « Je mets ma maison à la disposition de la jeunesse du quartier, c’est pour le peuple et c’est pour faire avancer la cause. »
Dès lors, une partie des recettes des surprises-parties organisées chez lui, était systématiquement versée pour la préparation de la fête annuelle des marins-pêcheurs du quartier ou pour les animations culturelles.
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Mais Pierre-Louis nourrissait également en son for intérieurune admiration sans borne et un profond respect pour le son de la conque de lambi. Sans doute un héritage familial provenant de son père, de son grand-frère Jean et de ses parents des Anses-d’Arlet. Passionné, il a été attentif aux remarques et aux recommandations des illustres souffleurs de conques marines, en particulier, le sieur Vincent JEAN-ALPHONSE, légendaire en son temps en la matière. En charge de l’Angélusde l’Eglise des Anses-d’Arlet, Vincent renouvelait avec la conque de lambi les mêmes sons matinaux de la cloche.
Pierre louis a su transmettre cette passion et ce talent aux plus jeunes du quartier et d’ailleurs. Le groupe WATABWI a été le fruit d’un long cycle d’initiation au cours duquel chaque samedi après-midi, durant plusieurs années, sous sa conduite, nous nous formions au perfectionnement du souffle et à la mise en harmonie des nuances sonores de l’instrument.






