Au 17ème siècle, le roi de France a créé une source locale de financement des dépenses d’équipement et de fonctionnement de l’Etat dans les colonies.
La logique était claire: les colonies devaient rapporter, et ne rien coûter.
Cette source de financement était une taxe prélevée sur toutes les marchandises entrant sur le territoire.
On l’a appelée « l’octroi de mer ».
Malgré la transformation des vieilles colonies en départements en 1946, ce vestige de la colonisation a survécu.
L’Union européenne en demande depuis longtemps la disparition, mais vient de décider un nouveau sursis de 3 ans.
Cette taxe diminue le pouvoir d’achat de la population, comme toutes les taxes sur la consommation.
Son prétendu rôle de protection de la production locale est illusoire, à en juger par un taux de chômage, notamment des jeunes, très supérieur aux taux nationaux.
Mais l’octroi de mer fournit maintenant aux collectivités territoriales une part significative de leurs budgets. Il est donc hors de question de le supprimer sans contrepartie.
La solution de ce problème tient en deux mesures simples:
1/d’une part aligner les Départements d’outre-mer sur ceux de l’Hexagone en remplaçant cette taxe par une augmentation de la dotation de fonctionnement versée par l’Etat aux collectivités locales.
2/ d’autre part mettre enfin en place dans chacun des territoires ce que prévoient depuis longtemps les lois de décentralisation, à savoir des plans de développement axés sur l’augmentation des productions locales.
Maurice Laouchez
MANMAY, AN NOU GADÉ DOUVAN




