« La Martinique ne vient pas simplement siéger à la table de la CARICOM. Elle vient construire, proposer, coopérer et agir. »
Signature d’accord · Sommet de la CARICOM 2026 · Serge Letchimy (CTM) et Mia Amor Mottley (Barbade)
En marge du Sommet de la CARICOM, hier 7 juillet 2026, le président du Conseil exécutif de Martinique, Serge Letchimy, et la Première ministre de la Barbade, Mia Amor Mottley, ont signé un accord de coopération entre les deux territoires. Première participation de la Martinique à ce sommet depuis son adhésion de février 2025, cette signature donne un contenu opérationnel à l’ambition régionale de la Collectivité Territoriale de Martinique et engage les deux partenaires pour cinq ans.
Longtemps tournée vers l’Europe, la Martinique affirme désormais sa place dans son espace naturel, la Caraïbe. Après une adhésion à la CARICOM saluée comme historique, l’île passe des principes aux actes. En choisissant la Barbade, économie insulaire dynamique et voix reconnue du bassin caribéen, la Collectivité Territoriale de Martinique signe bien plus qu’une déclaration d’intention : elle pose la première pierre d’une coopération que ses initiateurs veulent utile, mesurable et durable.
Un retour pleinement assumé dans l’espace caribéen
Depuis son adhésion en février 2025, la Martinique siège pour la première fois à la table de la CARICOM. L’accord conclu avec la Barbade traduit concrètement l’ambition portée par la Collectivité Territoriale : faire de l’intégration régionale un levier de développement, d’émancipation économique, de rayonnement culturel et de réponse commune aux grands défis contemporains. Loin d’une présence symbolique, la démarche se veut celle d’un acteur qui vient proposer et agir, en misant sur une proximité géographique, historique et humaine partagée par les peuples de la Caraïbe.
Neuf domaines pour des résultats concrets
« Transformer notre proximité géographique, historique et humaine en projets concrets pour nos peuples. »
L’accord fixe un cadre général de coopération dans des secteurs jugés stratégiques pour l’avenir des sociétés caribéennes : les industries culturelles et créatives, le sport, l’éducation, la formation professionnelle, la gestion des risques, la santé, le tourisme, la pêche et la facilitation des échanges commerciaux. Ces priorités répondent à des besoins concrets, communs aux territoires de la région : créer de nouvelles opportunités pour la jeunesse, développer les compétences, mieux connecter les économies, renforcer la résilience face aux risques climatiques, soutenir les filières productives et faire de la culture un vecteur puissant de coopération, d’identité et de développement.
Une gouvernance structurée et mesurable
« Sortir des déclarations générales pour entrer dans une coopération structurée, mesurable et durable. »
Pour éviter que l’accord ne reste lettre morte, les deux partenaires ont prévu une mise en oeuvre claire et suivie. Un Comité conjoint de coopération, coprésidé par la Barbade et la Collectivité Territoriale de Martinique, définira les priorités, validera les programmes, suivra leur exécution, examinera les résultats et recommandera les actions futures. Un Secrétariat technique assurera le suivi opérationnel des projets. Chaque année, un rapport conjoint d’activités évaluera les actions réalisées, les ressources mobilisées, les indicateurs de performance, les difficultés rencontrées et le plan d’action pour l’année suivante. La méthode assume une exigence : quitter le registre des déclarations générales pour installer une coopération vérifiable.
Un cadre stable et un trait d’union régional
Conclu pour une durée de cinq ans, renouvelable, l’accord offre à la relation entre la Martinique et la Barbade un cadre stable, lisible et ambitieux, propice à des projets qui s’inscrivent dans le temps long. Au-delà du seul rapprochement bilatéral, la Collectivité Territoriale y voit la confirmation d’un positionnement plus large : celui d’une Martinique qui entend devenir un trait d’union actif entre la Caraïbe, l’Europe, les Amériques et l’Afrique. Une géographie des ponts, plutôt que des marges, que l’île revendique désormais pleinement.

Une séquence à suivre
La signature du 7 juillet ouvre une phase d’exécution que la mise en place du Comité conjoint et du premier programme d’actions viendra bientôt éprouver. Réussie, l’expérience barbadienne pourrait servir de modèle à d’autres coopérations dans le bassin caribéen et faire de la Martinique un partenaire régional à part entière, jugé sur ses résultats autant que sur ses ambitions.
Philippe PIED
Source : communiqué de la Collectivité Territoriale de Martinique, signature de l’accord de coopération Martinique-Barbade, Sommet de la CARICOM, 7 juillet 2026.





