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Pourquoi la baisse des émissions de gaz à effet de serre liée à la crise du coronavirus ne suffira pas à enrayer le réchauffement climatique ?

Pourquoi la baisse des émissions de gaz à effet de serre liée à la crise du coronavirus ne suffira pas à enrayer le réchauffement climatique ?
mai 03
20:00 2020
Temps de lecture : 2 minutes

Pourquoi la baisse des émissions de gaz à effet de serre liée à la crise du coronavirus ne suffira pas à enrayer le réchauffement climatique ?
Le confinement et le ralentissement drastique de l’activité économique devraient entraîner une réduction historique des émissions de gaz à effets de serre. Mais cette baisse est insuffisante et trop ponctuelle, explique la climatologue Valérie Masson-Delmotte.
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La baisse s’annonce historique.
En confinant une grande partie de la population mondiale et en freinant l’activité économique, la pandémie du coronavirus va entraîner une nette baisse des émissions de gaz à effet de serre, le moteur du réchauffement climatique qui accélère de façon quasi-ininterrompue depuis la Seconde Guerre mondiale. Selon le site spécialisé Carbon Brief, qui a pris en compte un éventuel rebond de l’économie, cette baisse devrait être de l’ordre de 5,5% en 2020 pour l’ensemble de la planète. En France, le Haut Conseil pour le climat estime cette baisse entre 5 et 15% sur l’année 2020.

On pourrait se féliciter de cet effet secondaire de la crise sanitaire, qui permet accidentellement de limiter le réchauffement climatique. Mais pour la climatologue Valérie Masson-Delmotte, qui a accordé un long entretien sur cette crise à franceinfo, ce genre de baisse est loin de suffire à enrayer le changement climatique. « Il n’y a rien de réjouissant là-dedans. La baisse d’émissions associée à l’arrêt forcé de toute activité industrielle, économique et de transport, ce n’est pas du tout cela dont nous parlons quand nous parlons de l’action pour réduire les émissions de gaz à effet de serre », explique-t-elle.

La baisse doit être plus forte et s’inscrire dans la durée

Pour elle, cette baisse doit se faire de manière organisée, continue, et plus forte. Afin de respecter l’objectif de l’accord de Paris – un réchauffement contenu largement en dessous de 2°C –, « il faudrait que les émissions mondiales de gaz à effet de serre diminuent d’un quart entre 2010 et 2030, et deviennent zéro net – c’est-à-dire que les émissions résiduelles seraient compensées par une capacité à enlever du CO2 de l’atmosphère et à le stocker – à horizon 2070 ».

L’objectif de 1,5°C – qui permettrait d’atténuer de manière significative les conséquences de ce réchauffement – demanderait, lui, de baisser nos émissions de 50% entre 2010 et 2030 et d’atteindre la neutralité carbone en 2050. Pour limiter le réchauffement climatique, il ne faut donc pas -5,5% sur une seule année, mais -25% ou -50% en dix ans. : « Le problème, c’est que plus nous tardons à agir, plus il faudra faire un effort massif, année après année, pour y parvenir », explique Valérie Masson-Delmotte, en rappelant que « des solutions existent ».


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