Le plan national de lutte contre les sargasses annoncé le 30 juillet 2026 par la présidente du Mexique, Claudia Sheinbaum Pardo, marque un changement d’échelle dans la réponse apportée à ce phénomène environnemental. Première femme élue à la tête de l’État mexicain, ancienne physicienne et spécialiste des questions environnementales, elle a décidé de mobiliser près de 158 millions de dollars afin de protéger le littoral du Quintana Roo, région qui concentre une part essentielle de l’activité touristique du pays.
Le dispositif associe la Marine mexicaine, des navires spécialisés, des barrières flottantes et d’importants moyens humains pour intercepter les algues avant leur échouage.
Même si les autorités reconnaissent que ces moyens ne permettront pas d’éliminer totalement le phénomène, ils témoignent de la capacité d’un État souverain à engager rapidement des ressources considérables face à une menace devenue permanente.
La comparaison avec les Antilles françaises est particulièrement révélatrice.
Le plan Sargasses II, doté de 36 millions d’euros sur quatre ans pour la Martinique, la Guadeloupe et les îles du Nord, apparaît sans commune mesure avec l’effort mexicain. Au-delà des montants, l’article met en évidence une différence plus fondamentale : le Mexique décide, finance et pilote directement sa politique publique, tandis que la Martinique demeure tributaire des arbitrages budgétaires et administratifs de l’État français.
L’analyse montre également que les enjeux ne sont pas exactement les mêmes.
Au Mexique, l’objectif principal est de préserver une économie touristique stratégique. En Martinique, les sargasses constituent avant tout un problème de santé publique et de qualité de vie.
Les émissions de sulfure d’hydrogène et d’ammoniac affectent les riverains, les établissements scolaires, les infrastructures publiques et l’activité économique. La relocalisation du collège Robert III illustre que la question dépasse largement le seul nettoyage des plages.
Il convient aussi de souligner aussi les limites des politiques actuelles.
Une part importante des mesures prévues par le plan Sargasses II n’a pas été pleinement mise en œuvre, ce qui invite à apprécier les politiques publiques non seulement à l’aune des budgets annoncés, mais aussi de leur exécution effective.
Enfin, il plaide pour une approche renouvelée, fondée sur une coopération renforcée entre les territoires de la Caraïbe, le développement de filières de valorisation des sargasses et une plus grande capacité de décision locale.





