Du 28 au 30 septembre 2026, la Martinique accueillera la septième réunion du Comité de gestion de la biodiversité et des écosystèmes de l’Organisation des États de la Caraïbe orientale. Au-delà des échanges institutionnels, cette rencontre doit permettre aux territoires de partager des solutions concrètes face au changement climatique, à la pollution, à l’érosion de la biodiversité et à la dégradation des écosystèmes.
Trois journées consacrées à la résilience environnementale
La Collectivité territoriale de Martinique accueillera, du 28 au 30 septembre, la septième réunion en présentiel du Comité de gestion de la biodiversité et des écosystèmes, plus couramment désigné par son sigle anglais BEMC.
Organisée autour du thème « Renforcer la résilience face aux pressions environnementales : solutions innovantes pour la gestion de la biodiversité et des écosystèmes dans les Caraïbes orientales », cette rencontre réunira les représentants des États et territoires membres de l’Organisation des États de la Caraïbe orientale.
L’objectif est de confronter les expériences, de diffuser les connaissances scientifiques et de repérer les solutions susceptibles d’être adaptées aux différents territoires caribéens. Dans une région composée principalement d’États insulaires, la protection de la biodiversité ne constitue pas seulement une préoccupation environnementale. Elle touche directement la sécurité alimentaire, l’accès à l’eau, la protection des côtes, le tourisme, la pêche, la santé et les conditions de vie des populations.
La Martinique présentera ses propres expériences
La réunion du Comité se tiendra lundi 28 septembre, à partir de 9 h 30, à la Villa Chanteclerc. La Martinique y présentera plusieurs initiatives conduites sur son territoire, notamment dans les domaines de la renaturation d’anciennes décharges, de la transition écologique et énergétique, de la biodiversité et de la santé-environnement.
La renaturation des sites dégradés constitue un enjeu particulièrement important. Les anciennes décharges peuvent durablement affecter les sols, les eaux souterraines, les milieux marins et la qualité paysagère. Leur réhabilitation suppose donc de traiter les pollutions résiduelles, mais aussi de restaurer les fonctions écologiques des espaces concernés.
La relation entre biodiversité et santé devrait également occuper une place importante dans les échanges. La dégradation des milieux naturels, la pollution de l’eau et des sols, la prolifération de certaines espèces invasives ou encore l’exposition accrue aux pesticides peuvent avoir des conséquences directes sur la santé humaine. L’approche dite « Une seule santé » invite ainsi à considérer conjointement la santé des populations, celle des animaux et celle des écosystèmes.
Des expériences partagées à l’échelle caribéenne
Les autres membres de l’OECO présenteront leurs principales actions en matière de conservation, de restauration des écosystèmes et d’utilisation durable des ressources naturelles.
Cette mise en commun doit permettre de comparer les réponses apportées à des difficultés souvent similaires : recul du trait de côte, dégradation des récifs coralliens, fragilisation des mangroves, pollution plastique, pression urbaine, espèces invasives, sécheresses et multiplication des phénomènes climatiques extrêmes.
Lors de la précédente réunion du Comité, organisée en Guadeloupe en septembre 2025, les membres de l’OECO avaient notamment présenté des opérations de restauration des forêts sèches en Dominique, des solutions fondées sur la nature à Sainte-Lucie et des projets d’extension des aires marines protégées dans les Îles Vierges britanniques. La rencontre avait également mis en évidence de nouveaux instruments de financement, allant du carbone bleu aux obligations vertes.
L’intérêt de cette coopération régionale réside précisément dans la possibilité de ne pas recommencer séparément les mêmes expérimentations. Une technique de restauration écologique, un outil de surveillance ou un mode de financement testé dans un territoire peut être adapté ailleurs, sous réserve de tenir compte des particularités locales.
BIOSPACE et l’objectif « 30×30 » au programme
Les échanges porteront également sur plusieurs programmes régionaux conduits par l’OECO, parmi lesquels BIOSPACE, la gestion intégrée des terres et le programme « 30×30 ».
Ce dernier s’inscrit dans l’objectif international consistant à protéger au moins 30 % des espaces terrestres et marins d’ici à 2030. Sa mise en œuvre suppose cependant de dépasser la seule désignation administrative d’espaces protégés. Elle nécessite des moyens de surveillance, des équipes de gestion, une participation des populations et des financements durables.
En 2025, l’OECO indiquait avoir sollicité 10 millions de dollars auprès du Fonds-cadre mondial pour la biodiversité afin de soutenir ce programme régional. La réunion de Martinique devrait permettre de mesurer l’avancement de ces démarches et d’identifier les projets pouvant être déployés dans les territoires membres.
De la réserve Albert-Falco à la Montagne Pelée
Mardi 29 septembre, les délégations quitteront le cadre institutionnel pour une sortie de terrain organisée à partir de 8 heures, à Saint-Pierre.
Une excursion dans la réserve marine Albert-Falco permettra d’aborder les enjeux de protection des écosystèmes marins, de gestion des usages et de préservation des ressources halieutiques. Les participants poursuivront ensuite leurs visites autour de la Montagne Pelée, territoire emblématique de la biodiversité terrestre martiniquaise.
Cette articulation entre milieux marins et terrestres rappelle que les écosystèmes insulaires fonctionnent de manière interdépendante. Les pratiques agricoles, l’urbanisation, l’érosion des sols ou la gestion des déchets peuvent avoir des conséquences rapides sur les rivières, le littoral, les herbiers et les récifs coralliens.
Faire de la Martinique un laboratoire caribéen
L’accueil du BEMC offre à la Martinique l’occasion de mieux faire connaître ses compétences scientifiques, ses gestionnaires d’espaces naturels et les solutions développées localement. Il peut également renforcer son insertion dans les réseaux techniques et financiers de la Caraïbe orientale.
La réussite de la rencontre ne se mesurera toutefois pas seulement au nombre de délégations présentes ou de présentations réalisées. Elle dépendra des coopérations engagées, des financements mobilisés, des projets effectivement déployés et de la capacité des territoires à partager durablement leurs données et leurs expertises.
Face à des pressions environnementales qui ignorent les frontières, aucun territoire caribéen ne peut agir seul. La protection des écosystèmes impose une coopération régionale continue. En accueillant cette septième réunion, la Martinique affirme ainsi sa volonté de prendre toute sa place dans la construction d’une résilience caribéenne fondée sur la connaissance, l’innovation et l’action commune.
Sources principales
• Collectivité territoriale de Martinique — communiqué du 25 septembre 2026 et programme de la 7e réunion du BEMC





