Monsieur le Président du Conseil exécutif,
Le 1er septembre 2026, jour de la rentrée scolaire, la Martinique a vécu une situation proprement inadmissible : faute de transports publics opérationnels, des milliers de jeunes Martiniquais ont été empêchés d’accéder normalement à l’école, à l’éducation et au savoir.
Les jours suivants, malgré quelques annonces de reprise progressive, la situation ne s’est guère améliorée. Des familles sans véhicule individuel sont restées dans l’angoisse ; des salariés, des personnes âgées et des usagers captifs ont été assignés à l’immobilité.
Je ne veux faire de ce drame humain ni un instrument de polémique, ni le prétexte d’une opposition politicienne. Mais nous ne pouvons davantage banaliser ce qui ressemble désormais à une faillite du service public des transports.
Chacun doit donc prendre ses responsabilités : l’exécutif territorial, l’Assemblée de Martinique, Martinique Transport, les trois intercommunalités, les opérateurs, mais aussi… l’État !
Durant les vacances, vous avez multiplié les rencontres avec les présidents des EPCI afin d’obtenir des financements supplémentaires. Cette démarche n’a manifestement pas produit les résultats espérés : l’Espace Sud n’envisagerait qu’une participation de 500 000 euros sur les 2 millions sollicités, tandis que CAP Nord connaît elle-même de fortes contraintes budgétaires.
Il faut donc regarder la réalité en face : les seules contributions exceptionnelles de la CTM et des EPCI ne suffiront pas à garantir durablement le financement de Martinique Transport.
Le plan annoncé pour résorber une impasse financière évaluée à près de 50 millions d’euros repose encore sur trop de recettes incertaines : augmentation du versement mobilité, amélioration de la billettique, lutte contre la fraude, contributions nouvelles des collectivités et réduction de l’offre sur certaines lignes.
Mais le débat ne peut pas être seulement comptable.
Financer les transports publics, c’est permettre aux Martiniquais d’aller travailler, étudier et se soigner. C’est favoriser le transfert modal, réduire les embouteillages, améliorer la qualité de l’air et diminuer notre dépendance à la voiture individuelle. C’est donc une politique de justice sociale, de santé publique et de transition écologique.
Ancien conseiller exécutif chargé des transports et rapporteur, en 2016, de la délibération ayant fixé les règles constitutives de Martinique Transport, j’assume ma part dans la construction de cet établissement. Mais aujourd’hui, notre responsabilité collective est de le sauver et de le refonder.
Monsieur le Président, cette crise est trop grave pour être traitée par une succession de réunions bilatérales, d’annonces partielles ou de solutions provisoires.
Je vous demande donc solennellement : Êtes-vous prêt à prendre, auprès du président de l’Assemblée de Martinique, l’initiative de convoquer dans les meilleurs délais un Congrès des élus de Martinique exclusivement consacré à l’avenir des transports publics ?
Ce Congrès devra réunir l’ensemble des acteurs concernés, établir la vérité des comptes, examiner les responsabilités, évaluer chaque levier de financement et arrêter une trajectoire pluriannuelle de redressement.
À défaut, vous engagez-vous à organiser, avant la fin du mois d’octobre, une séance plénière extraordinaire de l’Assemblée de Martinique exclusivement consacrée à Martinique Transport
L’objectif doit être clair : remettre immédiatement les bus en circulation ; remettre les comptes et les contrats en ordre ; remettre durablement le financement à niveau.
Monsieur le Président, ma question appelle aujourd’hui une réponse précise : oui ou non, et à quelle date ?
Louis BOUTRIN
Conseiller Territorial





