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Réflexions des adhérents du GHTG-UMIH 971

Réflexions des adhérents du GHTG-UMIH 971
avril 29
05:50 2020

Groupement Hôtelier & Touristique Groupement Hôtelier & Touristique Guadeloupéen
Club des hôteliers de la Guadeloupe
Tél : 0590.84.90.90 – Fax : 0590.84.90.91 – Mail : hotelsdeguadeloupe@lamaisoncreole.com

Réflexions des adhérents du GHTG-UMIH 971
Au 25/04/2020.

Dans la situation de crise sanitaire liée au Covid-19,
Dans la perspective d’un dé-confinement
Et d’une reprise réfléchie,
Pour un redémarrage économique durable
Des activités touristiques dans les Antilles Françaises (Zone Guadeloupe- Martinique)
Notre réflexion s’appuie sur des constats, sur des objectifs et des besoins, en adéquation avec le potentiel de nos territoires, leur attractivité croissante jusqu’ici vis-à-vis de visiteurs attirés par la culture, la gastronomie, la joie de vivre à l’antillaise dans un environnement bleu et vert séduisant, pour proposer une stratégie accompagnée des moyens nécessaires à sa réussite.

Étant entendu que pour nous stratégie veut dire :
Quel est l’objectif où nous voulons aller ? o Comment y aller ?
o Avec quels moyens nécessaires ? o Dansquelsdélais?
o L’objectif est-il raisonnablement et fortement atteignable ?

o La stratégie, consiste à définir comment, dans le détail, l’objectif peut être atteint, quelles actions il implique, quelles ressources il nécessite, quelles compétences il requiert : la stratégie n’est pas un QUOI, mais un COMMENT.
Quelques Chiffres:
– Au plan national :
Le tourisme c’est, à dire d’experts, approximativement :
7,4% du Pib Français soit près de 173 Milliards d’€uros, pour une population de 66 Millions d’habitants
203 000 Entreprises en France tous secteurs confondus,
Plus de 2 Millions d’emplois Directs & Indirects.
90 Millions de Touristes Internationaux annuels avec
40 Millions de Français voyageant tous les Ans,
Dont près de 29 Millions en France Métropolitaine
Cependant ces chiffres ne précisent pas s’ils comprennent les DOM et les TOM
Ils ne précisent pas non plus qu’en recettes touristiques, la France n’est pas au 1er rang mondial, mais au 3 ème rang derrière les Etats Unis et son voisin mitoyen l’Espagne.
– En Guadeloupe :
De l’ordre de 7 % du PIB territorial
Un Chiffre d’Affaire (CA) résidentiel (c’est-à-dire hors Croisière) de l’ordre de 700 Millions d’€
X Entreprises tous secteurs confondus
Plus de 40.000 emplois Directs & Indirects
De l’ordre de 700.000 touristes résidentiels (hors croisière), avec une dépense moyenne (hors transport) de l’ordre de 1.000 € par touriste
Une Grande hôtellerie approche les 3.000 chambres en Guadeloupe continentale et près de 4.500 chambres si on y ajoute les dépendances (Marie Galante, Les Saintes, La désirade, Saint Martin (partie française).
La Martinique ajoute à la Grande hôtellerie de l’ordre de 2.500 chambres.
La Grande Hôtellerie Antillaise (> à 30 chambres) c’est environ 8.000 chambres et globalement autant d’emplois hébergements, hors autres activités.
Il y a lieu d’observer qu’en 2019, sur les 2 Millions de Passagers arrivés à l’aéroport Guadeloupe Pôle Caraïbes, 30 % seulement ont séjournés en hébergements hôteliers professionnels, et 70 % en hébergements diffus non professionnels. Pour ces derniers hébergements, les collectes de taxes et impôts sont marginales en comparaison de la contribution des hébergements professionnels qui représentent eux, l’essentiel des emplois touristiques.
Permettre à l’économie touristique de se redresser après la crise, c’est d’abord sauvegarder les emplois existants. Il y aura donc lieu de distinguer, dans les propositions à venir, les entreprises porteuses d’emplois, et les autres.
Enfin, sans trop s’attarder sur les chiffres, on peut dire que des similitudes Martinique, Guadeloupe, Saint martin autorisent en tourisme à avoir un regard qui englobe les Antilles françaises.
Les objectifs :
Après la crise sociale 2009, près de la moitié de l’hôtellerie Antillaise a disparu. Des structures d’hébergement avec des grandes enseignes ont quitté nos Antilles (Accor, Méridien) et d’autres (Marriott, Hyatt…) n’ont jamais souhaité y venir compte tenu de nos coûts d’investissements et d’exploitation.

Ces territoires Français, ultrapériphériques, sont des territoires à risques sismique, climatologique, volcanique, etc … S’ils n’avaient pas de très forts atouts attractifs pour compenser leurs handicaps, le tourisme aurait décliné et probablement disparu. Or il s’est redressé et a prospéré. Les Régions antillaises, qui sont dotées législativement de la compétence touristique, ont affrontées des situations inattendues (cyclones Maria et Irma par exemple) en oeuvrant volontairement au développement d’une économie qui est reconnue par ces territoires comme prioritaire et qui contribue à l’élévation du niveau de vie global de la population.
L’objectif est donc de surmonter la crise présente qui est certes une épreuve douloureuse, mais une épreuve dont il n’est pas permis d’accepter qu’elle mette en péril des emplois et des acquits consolidés âprement dans le temps, dans l’intérêt général des populations. La crise sanitaire 2020 n’autorise aucun laxisme et exige avec lucidité que tous les organes du corps « tourisme » soient traités et soignés comme il se doit jusqu’à guérison complète du patient pour qu’il soit demain encore plus vigoureux qu’hier.
Nos commentaires sur la crise actuelle.
Pour nous, il y a le temps immédiat de la crise dans laquelle nous sommes, et il y aura le temps de l’après crise.
Le temps de la crise dans laquelle nous sommes.
L’ensemble du tissu économique de Guadeloupe, pour lequel les textes réglementaires ou législatifs pris, s’appliquent de plein droit, peut bénéficier, sous conditions, de reports, d’étalement des délais de paiement d’échéances sociales et/ou fiscales, de reports de paiements de factures, d’une aide financière directe en trésorerie, de prêts garantis, d’un rééchelonnement des crédits et mettre en place un dispositif de chômage partiel simplifié et renforcé.
Loin de mésestimer les mesures exceptionnelles engagées, accompagnées d’un dispositif innovant qui permet d’accueillir au financement dans cette crise, des entreprises qui ont perdu plus de 50 % de leur capital, ce qui n’est pas usuel, nous prenons acte de l’effort national considérable que devra supporter l’ensemble des citoyens et au final le contribuable d’aujourd’hui et de demain à travers les contributions directes et indirectes qu’il assume en fonction de ses aptitudes contributives…
Report des charges
Cependant nous exprimons que, quand il y a report de chiffre d’affaires (CA), nous comprenons qu’il puisse être mis en place, en parallèle, un report de charges.
Or notre CA est-il différé et reporté ? Non ! Chaque chambre non vendue (contrairement à une boîte de conserve qui peut être vendue ultérieurement) est un CA nul et non rattrapable. Chaque annulation est bien loin d’être probablement un CA différé. Quand l’économie productive s’arrête, quand bien même on inonderait la terre entière de monnaie fiduciaire, cela ne remplacera pas la richesse productive : un billet ne se mange pas, une carotte oui.
1. Le report de charge disjoint d’un report de recettes est un leurre : quand il n’y a pas production de richesse par le travail avec maintien des charges corrélées, ces dernières, mêmes reportées, sont un « trompe nigaud », puisqu’elles sont disjointes de la production, tout comme le sont les PGE (prêts garantis par l’État) qu’il faudra bien rembourser dans le temps : le fardeau immédiat, trop lourd à porter, est déporté dans le temps, mais il demeure entier, avec tous les risques associés pour les banques et l’État, et au final, pour le contribuable d’aujourd’hui et de ceux qui suivront.

Des inquiétudes apparaissent également quand des Tours opérateurs prétendent que le non remboursement des versements touristiques clients de réservations se traduit en avoirs au profit non pas de la même destination Guadeloupe, mais au profit, suivant le texte flou de l’arrêté ministériel, d’une destination « identique ou équivalente ». Il nous semble qu’il s’agit là d’une interprétation abusive du texte de la part du tour opérateur, ce qui pourrait permettre, si une intervention administrative rapide ne vient pas clarifier la situation, qu’une réservation Guadeloupe se transforme demain en séjour au Maghreb ou en Autriche par exemple, détournant ainsi la clientèle des Outre-mer en aggravant la situation de crise.
Chômage partiel
Concernant le chômage partiel, celui-ci serait envisagé sur une enveloppe de 1.000 heures par salarié, ce qui est appréciable.
Cependant il ne faudrait pas limiter ce contingent dans le temps, car cela empêche les entreprises de s’adapter à la charge d’un travail saisonnier qui peut conduire éventuellement à réduire le chômage partiel si l’activité redémarre pour le reprendre ensuite si le besoin l’impose.
Permettre d’utiliser le contingent d’heures sur un an ne coûterait pas plus cher à la Nation et donnerait plus de flexibilité aux entreprises pour une stratégie de fonctionnement plus pertinente. Cela contribuerait à une meilleure compétitivité du secteur. Cela limiterait des licenciements économiques.
Par ailleurs, la dernière ordonnance concernant le recours au chômage partiel impose un accord favorable du CSE de l’entreprise pour qu’une partie des salariés soit en chômage partiel et qu’une autre partie travaille, à l’intérieur d’un même service. Compte tenu du contexte social dans les Antilles, des résistances peuvent s’opposer à une saine gestion. Ne serait-il pas possible de pouvoir passer outre un avis défavorable dans l’intérêt même de l’entreprise et de ses salariés ?
PGE
Concernant les prêts garantis par l’État (PGE) et le rééchelonnement des crédits, la remarque n°1 garde toute sa pertinence : face à des recettes anéanties, et un endettement majoré des entreprises, les deux paramètres ne forment pas une équation gagnante.
Les prêts accordés dans certaines conditions et garantis jusqu’à 90 % par l’État (PGE), vont dans l’immédiat ralentir les cessations d’activité et les pertes d’emplois, mais ils vont fragiliser à terme la trésorerie des entreprises, leur compétitivité, et risquent, au vu de leur ampleur, de mettre également en danger l’environnement bancaire lorsque des entreprises en situation d’insolvabilité se retrouveront au Tribunal de Commerce et en liquidation avec une garantie d’un État outrancièrement endetté qui, je vous l’accorde avec humour, ne court pas le risque du Tribunal de Commerce, même si il en encoure d’autres d’une autre ampleur internationale.
C’est pourquoi nous attirons l’attention sur la nécessité d’assouplir les conditions d’accès au PGE afin d’éviter des mesures tatillonnes opposées à certaines entreprises portant parfois de nombreux salariés…
Concernant les charges,
Une saine logique nous conduit à faire observer :
– Qu’alors que le CA est en berne, des charges fixes demeurent sans grande pertinence :
– La redevance audiovisuelle par exemple demeurerait actuellement pour des chambres vides de client : elle deviendrait donc objectivement sans objet, même si cet exemple est marginal au

regard de l’ampleur des pertes économiques qui s’affirment chaque jour un peu plus. A noter également que les Hautes et Basses saisons dans les Outre-mer ne sont pas aux mêmes périodes calendaires dans l’Hexagone et en Outre-mer, et qu’une exonération des taxes audiovisuelles, si elle peut se s’envisager jusqu’en juin 2020 pour l’Hexagone, ne peut se concevoir que sur l’année dans les Outre-mer.
– Si la perception forfaitaire des taxes de séjour avait été maintenue en 2020, comme elle a été appliquée pendant deux décennies, créant des inégalités de traitement et des distorsions de concurrence flagrantes, on constaterait aujourd’hui l’aberration résultante qui consisterait à être appelée d’une taxe sur une entreprise sans client, ce que notre Groupement a combattu pendant plusieurs décennies. Ce sujet est devenu caduc au 1er janvier 2020, mais il montre que par le passé certains de nos établissements ont été mis en difficulté par maladresse législative et qu’il faut aujourd’hui, dans la crise, se garder de mise en place de mesures qui ne feraient qu’ajouter des préjudices à la crise pour le monde touristique.
– Ne faut-il pas s’interroger sur le réalisme du maintien actuel, de ces nombreuses charges, pesantes pour l’entreprise, tout comme celles qui consistent à s’acquitter de loyers alors que leurs établissements sont vides, voire fermés ?
2. Nous demandons donc, pour l’exercice 2020, que toutes les charges fixes soient supprimées ou réduites au prorata du CA afin d’alléger la trésorerie des entreprises : pas de CA, pas de charges.
Perte d’exploitation :
Un certain nombre d’établissements sont contraints à ne pas fonctionner suite à arrêté ministériel, (comme les restaurants par exemple), et non pour un autre motif. Les autres acteurs (hôtels, locations de voitures, animation, etc … sont à l’arrêt faute de clients, et des compagnies aériennes sont totalement à l’arrêt pour les mêmes raisons : pas de client, pas de CA, alors que des charges subsistent (eau, électricité, primes d’assurances, etc …)
Avant les décisions de rapatrier nos clients, nos hôtels Outre-mer étaient en haute saison avec un fort taux de remplissage !
La France a choisi le confinement et, par décision administrative unilatérale, étrangère à l’activité de l’entreprise, a décidé la fermeture d’autorité de grands pans de notre économie.
Face à ce constat, qui porte la responsabilité de la perte d’exploitation de l’entreprise ?
Le sujet des assurances est majeur dans cette crise, avec des réseaux qui disposent de moyens importants, parfois supérieurs à ceux des états ; une question simple se pose aujourd’hui avec une réponse précise à obtenir rapidement: le COVID 19 est-il d’origine naturelle ou industrielle ?
Dans le premier cas il relève d’une décision politique de catastrophe naturelle mettant en jeu les assureurs dans leurs contrats, ou bien :
Il provient d’un accident de recherche industrielle, dans ce cas les conséquences du sinistre doivent être supportées par son auteur par voies judiciaires internationales, couvert provisoirement par les assureurs.
Peut-on se satisfaire des réponses de nos compagnies d’assurance qui ont encaissées les cotisations souscrites pour perte d’exploitation et qui, aujourd’hui nous abandonnent sans réaction gouvernementale explicite, et pourtant très attendue.

Que penser des appréciations suivantes qui nous sont adressées :
« L’application de la garantie perte d’exploitation, résultant de l’interruption ou de la réduction de l’activité, est conditionnée à l’existence d’un dommage matériel prise en charge.
Par conséquent, en l’absence de dommages matériels indemnisables, les pertes d’exploitation liées à une épidémie ou une pandémie ne sont pas garanties.
Un événement de type épidémie Covid-19 dépasse le périmètre d’intervention de l’assurance »
3. En conséquence, nous attendons une révision immédiate et rétroactive à la crise pour une prise en compte raisonnable, sur des bases négociées, des pertes d’exploitation supportées, dans les situations présentes qui nous sont, de fait, imposées.
A défaut, la responsabilité de la perte de CA des établissements interdits d’exercer, étant le résultat de décisions gouvernementales strictes, il incombe à celui-là, nous semble-t-il, afin de se porter au secours de notre économie touristique, et de ses emplois, de mettre en place une contribution financière exceptionnelle compensatoire afin de permettre de surmonter le handicap créé, et de permettre une remise en selle rapide de ce pan économique essentiel dans les Antilles.
Pour l’hôtellerie, cette compensation se devrait de couvrir la perte de marge résultante de la forte baisse d’activité 2020. Sur un CA annuel de l’Hôtellerie Guadeloupe estimé à 140 Millions d’€ en 2019, la perte 2020 sera de l’ordre de 60 %, soit 80 Millions d’€ de pertes. La marge brute moyenne étant de 30 %, l’hôtellerie Guadeloupéenne verra sa marge brute chuter de 24 Millions d’€. Indemniser cette perte en risque partagé à hauteur de 50 % coûterait 12 Millions d’€ en Guadeloupe et probablement pour l’ensemble des Outre-mer moins de 120 Millions d’€. L’indemniser à 100% coûterait de l’ordre de 240 Millions pour les onze DOM et TOM…
Cette dépense est à apprécier au regard du surcoût du chômage si la perte de marge n’est pas compensée…
Si la marge n’est pas indemnisée à cette hauteur, des entreprises fermeront, le chômage augmentera, et son coût sera supérieur à une indemnisation de la marge très raisonnable à hauteur minimale de 50 %. Les 50 % restants devant être indemnisés forfaitairement par les sociétés d’assurances qui vont réaliser des profits exceptionnels en 2020, compte tenu de la diminution des sinistres, diminution qui sera la conséquence du confinement.
Rappelons que l’hôtellerie est une industrie saisonnière, qui a été frappée en pleine haute saison, là où se réalise sur les 3 premiers mois de l’année, plus de 50 % du CA annuel.
Bien des points relatifs aux mesures complémentaires à envisager, au regard de la crise, ne sont pas abordés ici : BTP, Aérien, Agriculture, Pèche, circuits de distribution, alimentation et agri transformation, autosuffisance énergétique, etc …
Il n’est pas dans la mission de notre Groupement de développer ces thèmes que nous n’ignorons pas car ils sont connexes au monde du tourisme.
Ils ne devront cependant pas être occultés, car ce ne sont que des organes d’un même corps connexe au tourisme.
L’après crise
– Nos visiteurs en provenance de pays émetteurs auront eu leur pouvoir d’achat réduit d’au moins 20 % pendant la crise et plus si perte d’emplois,
– Des pertes d’emplois seront venues aggraver des situations familiales,
– Des inquiétudes seront nées modifiant des comportements, incitant plus à l’épargne qu’à la consommation de loisirs, plus aux replis de proximité qu’à la découverte de l’autre,

  • Les baisses de Pouvoir d’Achat vont affecter la consommation, et cela va conduire à une diminution d’activité des hommes d’affaires qui exercent une activité antillaise,
  • La demande de sièges aériens va baisser en 2020, et les compagnies aériennes seront réduites à reconsidérer leurs dessertes et leurs offres de sièges.
  • Certains, dans leur objectif de sauver la planète prônent une diminution de la consommation énergétique carbone et manifestent une volonté de ne plus voyager en avion.
  • D’autres encore manifestent un choix 2020 de vacances de proximité pour ne pas courir le risque de tomber malade à 8.000 km, préférant rester à courte distance de leur domicile.
  • Beaucoup auront épuisé leurs congés pendant le confinement. Cela peut les inciter à envisager des vacances familiales de proximité, de plus courte durée et à (re)découvrir la ruralité avec la proximité. Cela pourrait induire aussi pour la suite un changement de comportement ?
    Il faut bien prendre conscience, que dans les outre-mer les conséquences de la crise sanitaire seront amplifiées sans contestation possible par rapport à la situation européenne.
    Le redémarrage est tributaire de l’activité de l’aérien, et les compagnies ne mettront en ligne des sièges que si elles ont de la demande.
    Contrairement à l’Europe, Il faut prévoir un redémarrage timide de l’activité vers la fin de l’année 2020 (et non en juillet et août comme dans l’hexagone), une année 2021 en demie teinte pour une remontée (et non un rebond significatif) en 2022.
    Nous sommes hors espace Schengen, et la non réouverture des frontières impacte terriblement les Outre-mer.
    Par ailleurs nous subirons un impact fort lié d’une part à un effet le volume (c’est indéniable) et d’autrepartàuneffetdereculduprixde-10% à–20%.
    La conséquence serait un recul de la profitabilité estimé à – 64 % par l’analyste Roland BERGER.
    Concernant le recul du prix de vente, l’on peut raisonnablement se montrer inquiet, car beaucoup d’hôtels ont une marge faible, beaucoup de ceux ayant une marge négative étant déjà fermés, tant en Martinique qu’en Guadeloupe. Mais que va devenir cette marge faible avec une baisse du volume clientèle aggravée d’une baisse des prix, que certains tour-opérateurs essayent dès à présent de nous imposer pour l’année 2020 avec par exemple le tarif « poker » qui est un tarif à durée réduite qu’ils veulent étendre à toute l’année ?
    Les faibles revenus ne permettront pas d’absorber des structures de coûts fixes lourdes, créant de facto de lourdes pertes d’exploitation ».
    Sans mesures spécifiques visant à baisser drastiquement et sans délai le coût du travail sur 2020 et 2021, une refonte attractive de la structure des coûts ne sera pas possible ce qui ne permettra pas de réamorcer l’appétence d’une clientèle pour nos destinations européennes périphériques.
    Tous ces facteurs (diminution des revenus, choix de prioriser des dépenses de première nécessité, inquiétudes sécuritaires et sanitaires, volonté de proximité, méfiance envers l’aérien, …) doivent être regardés avec objectivité et sérieux afin de prendre des mesures adaptées.
    Le redémarrage d’après crise appelle donc des mesures correctives fortes.
    Aérien
    D’abord de soutien au trafic aérien de nos destinations.
    Pourquoi ne pas envisager une année blanche sur les taxations aériennes pour faire redémarrer

le trafic ?
Supprimer en 2020 et 2021 les redevances et taxes attachées au trafic aérien (taxes aériennes et d’aéroport) doit permettre d’abaisser le coût des déplacements aériens et offrir une incitation à se déplacer avec moins de réticence : baisse du prix de l’aérien = plus forte attractivité de l’aérien.
En particulier, le trafic aérien interrégional doit être plus fortement facilité pour compenser la baisse inéluctable du trafic long courrier dans les mois à venir (En Guadeloupe, comme en Martinique et dans notre environnement francophone, 80 % des voyageurs arrivent de l’Hexagone).
L’industrie hôtelière est à forte capitalisation, à rentabilité de long terme, avec un coup de main d’oeuvre supérieur en moyenne à 30 % de ceux observés dans l’Hexagone (parfois > à 30 % avec des accords de branche locaux hérités du passé).
Si notre analyse est avérée, les reports de charges devront faire l’objet d’annulations, et il ne faut pas se voiler la face à ce sujet. Quant aux prêts accordés, certains n’y survivront pas, et l’État (les contribuables sommes toute) et les banques (privées) y laisseront des plumes.
Les Outre-mer sont caractérisés par des espaces ouverts et largement aérés, par du foncier généreux, ce qui n’est pas généralisé dans les grands espaces urbains.
Les Hôtels ont en particulier, dans les Antilles, des coursives extérieures de circulation, des Jardins, des espaces aérés de repos et détente, qui les distingue des établissements Hexagonaux.
Les mesures barrières en application doivent être adaptées à ces réalités.
En aucun cas il ne faut occulter ce qu’est venu chercher un client : c’est essentiel !
Le client veut oublier la concentration urbaine, il souhaite calme, détente, respiration, goûter au bonheur de se plonger dans la culture chaleureuse des Antilles et le comportement de ses habitants.
Le contraindre à des sens de circulation, au respect de distanciation, à être séparé de son interlocuteur par des barrières en plexiglass, comme s’il faisait ses courses en grande distribution, tuera toute envie de venir vivre ici comme s’il n’était jamais parti d’ailleurs.
Respectons avant tout l’attente client, sinon il n’y aura plus de client.
On ne peut donc avoir la même analyse et envisager les mêmes mesures à appliquer en Guadeloupe et en Ile de France.
Il faut se garder de comportements inquiets et éventuellement psychotiques qui pourraient induire des mesures inappropriées à la santé économique nationale et à la réalité des territoires ultramarins.
Cela autorise à s’interroger pourquoi il n’y a pas de confinement en hôtellerie dans l’hexagone, pour un visiteur habitant Limoges et séjournant à la Rochelle, alors qu’il y en a si ce même Limougeaud se rend en Guadeloupe ?
Pourquoi un tel traitement différencié sur des territoires d’une même Nation? La non appartenance à l’espace Schengen d’une Guadeloupe qui n’était pas contaminée avant de l’être très faiblement par des croisiéristes, justifie-t-elle que des Guadeloupéens puissent circuler en France Hexagonale et être confinés dès leur arrivée en Guadeloupe ?
Il faut également se garder de tout centralisme excessif et laisser aux Régions, avec leurs professionnels le soin de mettre en place les conditions de la reprise d’activité sur le terrain.

Qu’une commission, sous l’égide d’un haut responsable d’un grand groupe hôtelier qui s’est retiré depuis plusieurs années en tant qu’investisseur, des Antilles, émette des préconisations pour la réouverture des hôtels et restaurants, pourquoi pas, à condition que les représentations professionnels des acteurs du terrain, en concertation avec les pouvoirs publics puissent émettre leurs observations pour une mise en application qui tienne compte des réalités concrètes de l’environnement de chaque territoire qui a ses propres particularités.
En conclusion
Le dé-confinement, lent et progressif va conduire inéluctablement on l’a vu supra, à une baisse du nombre de passagers arrivant Outre-mer, à une contraction des prix, et à une forte chute de la profitabilité.
Pour éviter les dépôts de bilan et un chômage de masse nous proposons :

1) Une compensation totale ou partielle de la perte de marge hôtelière à répartir entre l’État, et les compagnies d’assurance,
2) Une annulation, et non un report des charges pour 2020 en s’appuyant sur le principe Zéro recette = Zéro charge,
3) UN règlement rapide par l’État des remboursements de TVA et de crédits d’impôts.
4) Un assouplissement des règles parfois tatillonnes d’accès au PGE.
5) Une annulation totale des taxes frappant l’aérien (taxes d’aéroport) pour 2020 avec clause de revoyure en fin d’année pour examiner 2021 : une baisse des billets renforcera l’attractivité des territoires antillais.
6) Que les aides économiques soient ciblées sur les porteurs d’emplois, et sur les acteurs professionnels.
Le secteur de l’économie informelle ne peut bénéficier d’aide que s’il rentre dans le système déclaratif et s’il a contribué en 2019 à la charge publique fiscale.
7) D’envisager sous conditions des mesures fiscales favorables (défiscalisation adaptée) envers les repreneurs d’entreprises, suite à cession ou cessation d’activité, à condition que cette dernière soit maintenue pendant un temps donné ?
8) N’y-a-t-il pas lieu de soutenir plus fermement les projets d’investissement en cours, pour éviter leur abandon ?
Les réflexions 5 & 6 doivent être particulièrement examinées en faveur des secteurs économiques surexposés à la concurrence.
9) Bien que cela soit périphérique à notre domaine d’activité, je voudrais rappeler la chanson « Quand le bâtiment va, tout va ! » Aussi, pour relancer fortement l’économie domienne, pourquoi ne pas envisager de défiscaliser le logement intermédiaire qui est lié au tourisme ? (comme ce fut le cas hier).
10) De prendre conscience que la solidarité nationale va favoriser en 2020 un tourisme de proximité et rural. Le Français va redécouvrir ses châteaux, ses églises, ses parcs et jardins, etc… La Guadeloupe appartenant à l’archipel France, quelles propositions le Gouvernement envisage-t-il pour soutenir les vacances en France Outre-mer? En conséquence, nous demandons :
11) Que les budgets promotionnels des destinations soient adaptés aux réalités temporelles afin de ne pas aller vers des fortes dépenses sans aucune efficacité immédiate. Les dépenses promotionnelles jusqu’en octobre 2020 doivent être des dépenses sans ampleur et de maintien d’image.
Tél : 0590.84.90.90 – Fax : 0590.84.90.91 – Mail : hotelsdeguadeloupe@lamaisoncreole.com

Le redémarrage promotionnel devra être en phase avec la demande clientèle et l’offre aérienne.
Pour précéder le redémarrage de la fréquentation de fin 2020, une campagne promotionnelle plus dynamique pourrait se concevoir, en accord avec les professionnels concernés, dès le début du 4 ème trimestre 2020.
12) En revanche, dès la fin totale du confinement, il y a lieu d’envisager une campagne promotionnelle forte, inter-régionale, pour resserrer les liens des populations de la Caraïbe
13)Les budgets promotionnels 2020 non utilisés devraient être fléchés vers des investissements touristiques structurants. Les visiteurs vont d’abord au Puy du Fou avant de se rendre en Vendée En conséquence il y a lieu au plus vite de hiérarchiser les investissements touristiques structurants à réaliser pour faire parler du territoire et accroître son attractivité, tout en favorisant un équilibre du territoire incluant ses iles. Une offre attractive peut opportunément favoriser les échanges avec nos voisins de la Caraïbe.
14) Pour favoriser la promotion, en particulier à l’international, nous demandons qu’à l’avenir les dépenses promotionnelles engagées par les établissements touristiques professionnels soient déductibles, en premier lieu des taxes de séjour qu’ils collectent, et pour le surplus, de leurs charges (TFB,TFNB,CFE, CVAE), et des dépenses pour les salons professionnels (Top Résa, ITB, etc …)
Cette modeste contribution ne veut qu’éclairer nos représentants, en particulier élus.
Nous avons conscience que nous sommes tous solidaires dans cette crise sanitaire, et que la plupart d’entre nous essaient de faire au mieux.
Cependant chacun de nous, quelque soit sa bonne volonté, ne peut prétendre réunir toutes les compétences.
Le Tourisme, et sa pierre angulaire du sommet de la pyramide, l’hôtellerie, sont un métier au même titre que la chirurgie, et ce n’est pas parce qu’un jour on a été opéré de l’appendicite qu’on peut se permettre d’opérer à son tour.
De même, ce n’est pas parce qu’un jour on a couché à l’hôtel ou mangé dans un restaurant, qu’on est devenu à son tour hôtelier ou restaurateur.
Que chacun assume sa mission, sans empiéter sur celles spécifique à des acquits professionnels
Faisons confiance aux spécialistes de la médecine pour préconiser la meilleure conduite à tenir dans la crise sanitaire, et laissons les professionnels du tourisme et de l’hôtellerie émettre leurs préconisations : ils sont respectueux de leur santé, de celle de leurs clients et de leurs salariés et plus à même que beaucoup d’autres de gérer leurs entreprises dans le respect de l’intérêt général.
Qui trop embrasse, mal étreint, et l’enfer est pavé de bonnes intentions, aussi ayons le souci d’agir sans impulsivité avec le calme nécessaire, en faisant confiance à ceux qui jusqu’ici ont montré, dans leur domaine, leur compétences.
Suivant les choix politiques qui seront fait, toute l’économie périphérique touristique s’en trouvera affectée (aérien, hôtellerie, intermédiaires, et même hébergements non professionnels)

Des mesures spécifiques fortes doivent donc, selon nous, être envisagées sérieusement avec pragmatisme en évitant tout effet d’aubaine, mais sans laxisme.
C’est pourquoi, nous vous en avons suggérées quelques unes, la première étant majeure.
Pour le GHTG-UMIH Guadeloupe,
Le Président,
Nicolas VION,
Médaille d’Or du Tourisme, promotion janvier 2017
PS :
1) Nous rappelons que, par le passé, le GHTG-UMIH 971 fait de nombreuses contributions concernant des mesures appropriées à l’amélioration du développement touristique dans les Antilles, en particulier les dernières, lors des :
Ø Assises du Tourisme le 18/02/2014 dont le thème traité par notre Groupement était : « Faire des métiers du tourisme une filière d’excellence »
Et lors du Grand Débat National de mai 2019 (35 pages)
Ces contributions, vites oubliées sur les étagères de l’effervescence d’un instant permettraient avec un peu d’attention et de rigueur d’éviter de tourner en rond parfois, et de relancer périodiquement des questions déjà abordées, mais rarement traitées au fond.
2) Le Cluster du Tourisme en Martinique a également abordé la stratégie à définir pour un déconfinement territorial en Martinique.
Nous joignons en annexe ces réflexions qui nous semblent mériter réflexion et examen attentifs.

ANNEXE
AVIS DU CLUSTER DU TOURISME EN MARTINIQUE
STRATEGIE TOURISTIQUE A COURT ET MOYEN TERME 23 AVRIL 2020

Notre Groupement et plus globalement l’ensemble des acteurs du Tourisme souhaitent que les élus politiques de Martinique et les représentants de l‘Etat se concertent afin de définir la stratégie du déconfinement territorial.

Nous avons besoin d’une position claire, rapide et unanime concernant l’accueil des touristes.
Nous avons tous à cœur de protéger nos familles, nos proches, bref la population martiniquaise de ce virus COVID-19.

Cependant seules deux options se présentent à nous :

1) Soit la protection du territoire avec le refus de toute arrivée de
visiteurs en fermant hermétiquement les ports et l’aéroport. Les voyages
d’agrément seront donc interdits (dans les 2 sens).

2) Soit une stratégie d’un contrôle rigoureux lors des arrivées des
visiteurs.
L’accueil de touristes en Martinique ne pouvant se fair sans la garantie de ne recevoir sur notre territoire que des visiteurs ne présentant aucun risque de propagation du virus.
Il faudra donc mettre alors en place, par exemple, un dépistage systématique, rapide et fiable dans les aéroports de départ comme le pratique par exemple La compagnie aérienne Emirates : Qui effectue, avant l’enregistrement, un test virologique auprès de tous ses passagers. En 10mn le résultat est communiqué et s’il y a suspicion de COVID-19 le passager n’effectue pas l’enregistrement et n’embarque pas.

Coûteux peut être mais assurément efficace.

Dans le contexte actuel de l’épidémie de Coronavirus seule cette définition de la stratégie territoriale permettra à l’ensemble des acteurs du tourisme d’imaginer des scénarii de reprise de l’activité.
Cette stratégie conditionnera donc l’ensemble de la chaîne de valeur du tourisme et notamment les Compagnies aériennes mais aussi les hôtels, les restaurants, la location de voiture, les agences de voyages, les transports terrestres, les excursions, les musées, les lieux de visites, la filière du spiritourisme, etc…
Le déconfinement et la reprise progressive mais indispensable de la vie économique nécessite une clairvoyance très particulière pour notre territoire et notre industrie touristique.
Une fois cette stratégie élaborée et partagée, il conviendra de prendre toutes les dispositions pour la rendre résiliente.
Nous préconisons donc la définition d’une stratégie territoriale par nos élus locaux et sa rapide proposition à l’Etat pour mettre en place les dispositifs nécessaires à la protection de tous.
Ceci permettrait de rassurer la population martiniquaise, les acteurs du tourisme et l’ensemble des collaborateurs en charge de l’accueil des visiteurs. Et l’indispensable reprise progressive de l’activité.
En vous remerciant pour votre action en ce sens, veuillez agréer, Mesdames et Messieurs, l’expression de nos salutations distinguées.

Philippe LECUYER Le Président


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