À compter du 1er juin 2026, la taxe sur le transport aérien de passagers (TSBA) est réduite de 65 % pour les liaisons aériennes relevant de l’aménagement du territoire. Le montant de cette taxe, acquittée sur chaque billet au départ de la France, passe ainsi de 7,40 euros à 2,63 euros pour les lignes concernées.
Cette décision, annoncée par le ministre chargé des Transports, Philippe Tabarot, met fin à près de dix-huit mois d’attente. Son application était suspendue à l’accord de la Commission européenne, finalement obtenu au printemps 2026.
Pour les compagnies aériennes desservant les territoires les plus enclavés de l’Hexagone, cette mesure constitue une bouffée d’oxygène dans un contexte marqué par la hausse des coûts d’exploitation et la remontée des prix du carburant.
Une reconnaissance des impératifs de cohésion territoriale
La réduction de la TSBA concerne les lignes soumises à une obligation de service public dans le cadre d’une délégation de service public. Ces liaisons sont considérées comme essentielles à la continuité territoriale et au développement économique de territoires insuffisamment desservis par les mécanismes habituels du marché.
Parmi elles figurent notamment plusieurs dessertes régionales métropolitaines ainsi que les liaisons entre la Corse et le continent.
L’objectif est simple : éviter qu’une fiscalité trop lourde ne fragilise davantage des lignes dont l’équilibre économique demeure précaire.
L’outre-mer, exclu du dispositif
Si la mesure bénéficie à plusieurs territoires métropolitains, elle laisse néanmoins de côté les collectivités ultramarines.
Les liaisons entre la France hexagonale et les Outre-mer continuent en effet d’être soumises au tarif plein de la TSBA.
Cette exclusion suscite de nombreuses interrogations.
Pour la Martinique, la Guadeloupe, la Guyane, La Réunion ou encore Mayotte, le transport aérien représente la principale infrastructure de continuité territoriale reliant ces territoires à la France continentale.
un. Marché économique et social majeur
La question dépasse largement le seul secteur aérien.
Dans des territoires déjà confrontés à la vie chère, à l’éloignement géographique et à des fragilités économiques structurelles, le coût du transport constitue un facteur déterminant de cohésion sociale.
Chaque hausse de fiscalité se répercute directement sur le prix des billets et pèse sur la mobilité des populations.
vers une extension de dispositif.
Pour les territoires ultramarins, la baisse de la TSBA accordée aux lignes d’aménagement du territoire constitue donc à la fois une avancée et un rappel : la reconnaissance des contraintes géographiques demeure encore incomplète.
Le ministre des Transports a indiqué que le gouvernement restait mobilisé afin d’obtenir, à terme, un régime plus favorable pour les dessertes ultramarines. Faut-il espérer que ce “plus favorable” consistera à un aménagement du prix du billet qui permettra un allègement du prix du billet d’avion qui soit encore plus favorable? On peut toujours rêver?
Gérard Dorwling-Carter





