UN MODÈLE ÉCOLOGIQUE ET PRODUCTIF, LE NOUVEAU CHEMIN ESCARPÉ D’EMMANUEL MACRON

UN MODÈLE ÉCOLOGIQUE ET PRODUCTIF, LE NOUVEAU CHEMIN ESCARPÉ D’EMMANUEL MACRON

 

Après plus d’une heure d’échanges consacrés à la fierté nationale du 14 juillet et à son nouveau chemin, Emmanuel Macron a laissé beaucoup d’auditeurs perplexes. Il a mis l’accent sur la méthode, le dialogue social, pour tous et partout, mais ses engagements tous azimuts tiennent souvent du grand écart, à commencer par le nouveau modèle écologique et productif. S’il revendique cette expression paradoxale, il ne donne pas le mode d’emploi de sa mise en œuvre.

Emmanuel Macron a promis de garder le cap mais s’est fixé un nouveau chemin pour y parvenir.
Stefano RELLANDINI / AFP

La promesse faite en avril par Emmanuel Macron aux Français était forte : Rien moins que faire renaître les Jours heureux offerts à la France par le Conseil National de la Résistance à la sortie de la seconde guerre mondiale. Ils ont défini ce modèle social qui peine de plus en plus à protéger les Français des crises actuelles, sanitaire, économique et surtout sociale.

Trois mois plus tard quasiment jour pour jour, Emmanuel Macron s’est longuement exprimé face aux journalistes Léa Salamé et Gilles Bouleau, sans que cela permette de comprendre comment il compte décliner ses priorités contradictoires au nouveau gouvernement Castex. Sur son chemin on trouve en quelque sorte les slogans suivants : « Vive la justice sociale »,  « Oui au patriotisme industriel et non au nationalisme sanitaire ». En revanche, il a fallu attendre une heure avant que l’écologie et son succès aux élections municipales soient abordés.

« Je suis pour une écologie du mieux, pas du moins. »

Emmanuel Macron a alors expliqué qu’il fallait « emprunter un chemin que doivent pouvoir prendre les 66 millions de personnes qui ne doivent pas avoir à choisir entre la fin du mois et la fin du monde ». Refusant d’arbitrer en faveur d’une relance verte à la rentrée, il a préféré essayer de montrer ce qu’il y avait de vert dans les programmes actuels comme la prime à la conversion. « 800 000 Français ont ainsi changé de voiture pour un modèle plus écologique. Cela montre qu’on peut rouler écologique et modeste ! ». S’il a fait plusieurs allusions à la rénovation thermique des bâtiments, l’action publique semble se focaliser sur un grand programme ciblant les écoles et les EPhad. Ce sont souvent des épaves thermiques transformées en fournaise en période de canicule, mais le calendrier de ce « mieux vivre pour jeunes et vieux » est resté flou tout comme son financement.

Le chemin dessiné par le président de la République consiste plutôt à faire baisser les émissions de gaz à effet de serre en réduisant les importations de biens produits à l’autre bout de la planète. « Nous devons redevenir une grande nation industrielle ce qui va améliorer notre bilan carbone puisque nous produirons en circuits court (…) Nous allons créer une filière hydrogène qui donnera de l’emploi à nos jeunes à qui on a demandé tant de sacrifices (…) Grâce au numérique, nous allons mieux utiliser les ressources naturelles… » Il a ainsi résumé sa philosophie : « Je suis pour une écologie du mieux, pas du moins. »

Des modalités inconnues

Pour les 600 derniers jours de son mandat, Emmanuel Macron a décidé de parler à la France des terroirs, aux agriculteurs injustement culpabilisés, à ses élus locaux qui doivent devenir les nouveaux partenaires du gouvernement, aux partenaires sociaux, bref à tous ceux à qui Jean Castex sait si bien parlé.

Le président de la République prend le risque que les Français soient nombreux à avoir du mal à le suivre sur le chemin escarpé de ce redressement économique aux modalités inconnues. Les feuilles de route environnementales étaient pourtant claires sur le climat comme sur la pollution. Le Haut Conseil sur le climat vient de rappeler la France à son devoir climatique et sur la pollution, le Conseil d’État a condamné le gouvernement à une astreinte de 10 millions d’euros par semestre d’inaction.

La volonté affichée par le Président de réformer la constitution pour y inscrire, comme l’a proposé la Convention Citoyenne, la lutte contre le changement climatique et la protection de la biodiversité ne suffira sans doute pas à prendre le chemin environnemental dessiné par ces deux institutions.

Anne-Catherine Husson-Traore, @AC_HT, Directrice générale de Novethic


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