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    Littérature

    Caroline Chemarin, écrire pour retisser les mémoires.

    septembre 2, 2026Aucun commentaire
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    Professeure de lettres classiques, auteure pour la jeunesse et romancière, Caroline Chemarin entretient avec la Martinique une relation commencée en 2001, faite d’attachement, de départs, de retours et de remises en question. Dans son nouveau roman, Négresse, comme un tigre dans un pot de confiture, elle raconte comment l’île, ses habitants, son histoire et le regard porté sur elle ont ébranlé ses certitudes. Un livre très personnel, nourri par Aimé Césaire, les souvenirs de ses élèves et une conviction, pour comprendre l’autre, il faut prendre le temps de l’écouter…

    Il lui suffisait de presque rien pour faire surgir un monde. Deux bouchons de bière de couleurs différentes, récupérés dans le café de sa grand-mère, devenaient des personnages, se rencontraient, se parlaient et partaient à l’aventure.

    « J’écris depuis que je sais écrire »,

    résume Caroline Chemarin. Enfant, elle fatiguait, dit-elle en riant, toute sa famille avec ses histoires. Ses parents n’étaient pas totalement étrangers à cette vocation. Chez eux, la vie quotidienne se racontait comme un récit merveilleux. Son père pouvait transformer un déplacement en avion en épisode du Petit Prince. Sa mère et lui avaient, selon sa formule, « une manière d’enchanter le monde ».

    Longtemps, Caroline Chemarin a cru que toutes les familles vivaient ainsi, au milieu de personnages invisibles et de récits inventés. Elle a découvert plus tard que tous les robinets ne cachaient pas de fées et que l’imaginaire familial constituait déjà une école de la narration.

    Césaire avant la Martinique

    Née à Perpignan, Caroline Chemarin passe son baccalauréat en 1995. Cette année-là, elle découvre notamment Aimé Césaire et Shakespeare. Elle reconnaît aujourd’hui, sans détour, n’avoir alors réellement compris ni l’un ni l’autre.

    Le Cahier d’un retour au pays natal l’intrigue pourtant suffisamment pour la conduire vers La Tragédie du roi Christophe et d’autres textes. La compréhension viendra plus tard, après la Martinique, après les rencontres et après l’expérience.

    Devenue enseignante, elle demande la Martinique lors de sa première mutation, en 2001, alors qu’elle n’y est jamais venue. Son mari lui demande si elle sait seulement où elle va. Elle assume aujourd’hui la part d’inconscience de cette décision, mais aussi l’élan qui la portait.

    Cette première installation ne dure que six mois. Elle enseigne à Ducos, son mari travaille à Rivière-Salée, le couple attend un enfant et ne dispose pas encore des moyens de déplacement nécessaires à une vie quotidienne simple. Ils repartent, puis comprennent rapidement qu’ils ont peut-être quitté l’île trop vite.

    De ce premier séjour, Caroline Chemarin conserve pourtant des souvenirs très forts. Elle évoque son accouchement à la maternité de Saint-Paul, l’attention des soignantes et, surtout, Corinne, une jeune femme de chambre rencontrée depuis seulement quelques mois. Celle-ci pose une journée de congé pour rester auprès de la jeune mère. « Ce n’était pas une amie de toujours. Mais elle est restée toute la journée avec moi. » Avant son départ, Caroline Chemarin lui confie le mobilier de son bébé. Les deux femmes ne se reverront jamais.

    Cette histoire, comme beaucoup d’autres, lui révèle une manière différente de vivre le lien. Elle dit avoir découvert en Martinique une conception de l’amitié et de la présence à l’autre qu’elle n’avait encore jamais rencontrée.

    Écouter avant de raconter

    Revenue à la fin des années 2000, Caroline Chemarin reste ensuite près de dix ans en Martinique. Elle enseigne, élève ses enfants, accompagne ses élèves et participe à la vie de plusieurs établissements. Mais elle attend avant d’écrire sur l’île.

    « Je ne pense pas qu’on puisse écrire sur la Martinique en arrivant. On a besoin de sentir, de découvrir les fleurs, d’écouter les gens. »

    Les veillées auxquelles elle assiste jouent un rôle décisif. Pour quelqu’un qui n’en connaissait pas les codes, elles sont d’abord une découverte. Lors de la première, elle arrive entièrement vêtue de noir et constate qu’elle est presque la seule. Très vite, elle comprend surtout que la veillée n’est pas seulement un moment lié à la mort. Elle est un lieu où l’on retrouve ceux que l’on n’a pas vus depuis longtemps, où l’on raconte le défunt, la famille, le quartier et le pays.

    « La veillée est un lieu de culture et de passation. On y transmet la mémoire du défunt, celle de la famille, du lieu et de l’île. »

    Cette intuition donne son sous-titre à son premier ouvrage, Abolitions. Veillée martiniquaise, parcours de lecture d’hier à aujourd’hui, publié en 2018.

    Abolitions, transmettre sans prétendre détenir la vérité

    Le livre associe trois contes liés au temps de l’esclavage, trois poèmes consacrés à des lieux qui ont marqué l’auteure et trois nouvelles tournées vers le présent. Le passage du passé au monde contemporain lui permet d’interroger la manière dont la mémoire continue d’agir.

    Dans l’un des contes, une princesse capturée en Guinée est enfermée dans un navire avec des femmes et des hommes dont elle ne parle pas les langues. Parce qu’elle appartient au monde du merveilleux, elle écoute et recueille le murmure de chacun, sa langue, son histoire et sa culture. Tous ces récits entrent dans une calebasse. À mesure que la mémoire s’accumule, la jeune femme grandit, ses entraves cèdent et elle finit par devenir une montagne couchée dans le sud de la Martinique.

    La fiction ne cherche pas à adoucir l’esclavage jusqu’à le rendre inoffensif. Elle permet d’en approcher la violence sans la transformer en spectacle, notamment pour de jeunes lecteurs. « Je ne donne pas la vérité, je donne un récit », insiste Caroline Chemarin. Son objectif est d’ouvrir des portes, de donner envie de chercher, de lire d’autres auteurs, de s’intéresser aux plantes, aux lieux et à l’histoire de la Martinique.

    Elle sait aussi que sa parole n’est pas « la parole ». Cette précaution traverse tout son travail. Écrire sur une histoire partagée ne signifie pas parler à la place de ceux qui l’ont vécue ou héritée. Cela signifie proposer une entrée, accepter la contradiction et espérer qu’une conversation en naisse.

    UN ITINÉRAIRE ENTRE PERPIGNAN, LA MARTINIQUE ET L’ANDORRE

    Née en 1977 à Perpignan, Caroline Chemarin grandit dans une famille où les histoires accompagnent le quotidien. Elle découvre Aimé Césaire au moment de son baccalauréat, en 1995, puis devient professeure de lettres classiques.

    Sa première mutation la conduit en Martinique en 2001. Après un séjour de six mois et plusieurs années dans l’Hexagone, elle revient sur l’île à la fin des années 2000 et y enseigne pendant près de dix ans.

    Elle vit et travaille aujourd’hui en Andorre, où elle enseigne les lettres classiques et l’histoire des arts. Son écriture demeure traversée par les territoires qui l’ont construite, la Catalogne, la Martinique et l’Andorre, ainsi que par les langues et les mémoires qui y coexistent.

    La rencontre avec l’écrivain Eugène Ébodé, en 2019, joue un rôle déterminant dans la naissance de Négresse, comme un tigre dans un pot de confiture.

    De la transmission à la « digestion »

    Avec Négresse, comme un tigre dans un pot de confiture, paru en mars 2026, le déplacement est plus intime. Abolitions cherchait d’abord à transmettre ce que l’auteure avait entendu, lu et compris. Le nouveau livre raconte ce que cette expérience a produit en elle.

    Le projet prend véritablement forme à partir de 2019, après sa rencontre avec l’écrivain Eugène Ébodé. Leurs longues conversations portent sur l’identité, la perception que l’on a de soi et celle que les autres nous renvoient. Que se passe-t-il lorsque ces deux images ne coïncident plus ? Quelle souffrance naît de ce décalage ?

    Encouragée à mettre par écrit ce qu’elle confie au fil de leurs échanges, Caroline Chemarin rédige rapidement une centaine de pages. Le manuscrit évoluera ensuite pendant plusieurs années. Relu avec le recul, il accueille de nouvelles réflexions et assume une forme située entre le roman, le témoignage et l’essai personnel.

    Le livre fonctionne comme un aller-retour. Il y a l’arrivée en Martinique, l’enthousiasme, les découvertes et le désir de s’intégrer. Puis viennent les malentendus, le sentiment de ne plus être vue pour ce qu’elle pense être, le repli et ce qu’elle nomme sa « dilution ». Enfin vient le retour à soi, rendu possible par l’écriture, la littérature et les conversations.

    Caroline Chemarin y voit un dialogue avec le Cahier d’un retour au pays natal. Elle ne prétend pas comparer les expériences. Elle retient chez Césaire le mouvement d’un être qui se perd, se confronte à sa propre honte, puis revient vers une identité qu’il peut enfin assumer. Professeure de lettres classiques, elle lit également ce retour comme une odyssée, avec ses détours, ses épreuves et ses retrouvailles.

    Un mot reçu de l’extérieur

    Le titre naît d’abord d’un mot prononcé par un élève. Alors que plusieurs jeunes parlent des « Blancs » devant elle, Caroline Chemarin leur rappelle sa présence. L’un d’eux lui répond : « Mais Madame, vous, vous êtes une négresse. »

    Sur le moment, elle reçoit cette phrase comme une marque d’intégration, la reconnaissance d’un lien construit au-delà de la couleur de peau. Mais le mot continue de circuler. D’autres l’emploient ensuite en l’associant à des jugements sur les femmes blanches, qui seraient moins travailleuses ou moins capables d’entretenir un jardin. Elle y entend alors un dénigrement implicite de sa mère, de sa sœur et de sa grand-mère.

    Ce qui avait d’abord ressemblé à une invitation devient une assignation. Le regard extérieur finit par ébranler son propre récit. Elle se replie, se méfie et ne sait plus exactement comment entrer en relation sans être enfermée dans ce qu’elle paraît représenter.

    Le roman ne revendique donc pas une identité qui ne serait pas la sienne. Il raconte ce qu’un mot chargé d’histoire peut provoquer lorsqu’il est donné par les autres, accueilli, refusé, puis longuement interrogé.

    Refuser l’effacement

    Caroline Chemarin ne cherche ni à banaliser le mot « négresse », ni à nier la violence qu’il a portée. Elle s’inquiète en revanche de sa disparition progressive de certains textes ou de son remplacement par des termes supposés moins offensants.

    Une discussion entre enseignants autour d’un extrait de Flaubert, dans lequel certains envisageaient de substituer un autre mot à celui de l’auteur, a renforcé sa réflexion. Pour elle, effacer le terme revient aussi à rendre plus difficile la compréhension du chemin historique qui conduit de la déshumanisation à la Négritude, puis aux réappropriations contemporaines.

    « Si je fais disparaître l’erreur, comment puis-je expliquer la résilience ? »

    demande-t-elle.

    Son choix est celui de la mise en contexte. Le mot doit être étudié dans son histoire, ses usages, ses violences et ses transformations. Le supprimer ne répare pas le passé. Il risque au contraire d’en masquer les traces.

    LA MARTINIQUE, UNE ÎLE PROFONDÉMENT ATTACHANTE

    Lorsqu’elle évoque la Martinique, Caroline Chemarin choisit les mots « complexe » et « profonde ». Il ne s’agit pas d’un jugement négatif, mais d’une manière de dire que l’île ne se laisse pas résumer en quelques images. Pour la connaître, estime-t-elle, il faut y vivre, écouter ses habitants et prendre le temps d’entrer dans son histoire.

    Ce qu’elle retient avant tout, ce sont les relations humaines. Elle se souvient de Corinne, rencontrée depuis seulement quelques mois, qui avait posé une journée de congé pour rester auprès d’elle après son accouchement. Elle se souvient aussi des familles et de tout un quartier mobilisés pour permettre à ses élèves de partir en voyage. Ces gestes de présence et de solidarité ont profondément marqué son rapport à la Martinique.

    Revenue sur l’île, elle retrouve cette chaleur dans des scènes très simples, des familles réunies sur la plage, des personnes âgées faisant du sport ensemble dans la mer, une jeune femme qui remercie lorsqu’on la laisse passer ou une inconnue heureuse de lui faire découvrir une chanson.

    Caroline Chemarin n’ignore pas les difficultés de la vie quotidienne, mais elles n’effacent ni la beauté du territoire ni la force des liens qu’elle y a construits. Elle emploie même le mot « paradis », un paradis réel, vivant et parfois exigeant. La Martinique reste surtout le lieu où elle a donné naissance à l’un de ses enfants, grandi comme enseignante et trouvé une part essentielle de son inspiration. Un territoire auquel elle demeure profondément attachée et où elle n’exclut pas de revenir vivre.

    Le tigre et le pot de confiture

    Le tigre du titre renvoie notamment à Wole Soyinka et à sa célèbre critique de la Négritude, selon laquelle le tigre ne proclame pas sa « tigritude », il agit. Caroline Chemarin préfère lire cet épisode comme l’expression de trajectoires coloniales et intellectuelles différentes plutôt que comme un affrontement figé entre deux penseurs.

    Dans son propre livre, le tigre représente aussi une force et une violence qui ne parviennent plus à s’exprimer. Le pot de confiture est le contenant imposé, trop étroit, trop lisse, presque doux en apparence, mais dans lequel l’animal étouffe. Il figure toutes les catégories dans lesquelles les autres tentent de faire entrer un individu sans prendre le temps de connaître son histoire.

    Ce temps accordé à l’autre est au cœur de sa démarche. « L’humain est un être social. On doit pouvoir se tisser. » Elle ne demande pas que tout le monde s’accorde, ni même que tout le monde s’aime. Elle demande que chacun tente d’écouter avant de juger. Sa formule la plus nette résume cette position : « Mon altérité suprême, c’est celui qui ne tolère pas l’altérité. »

    « Tout un quartier soutenait ses enfants »

    Parmi les passages de son roman, Caroline Chemarin choisit spontanément celui consacré à un voyage scolaire organisé avec ses élèves. Pour réunir l’argent nécessaire, les jeunes, leurs parents et des habitants du quartier se mobilisent. Les uns nettoient et transforment des bijoux fantaisie, d’autres repiquent des plantes, confectionnent des objets en papier, crochètent ou fabriquent des jouets avec des noyaux de mangue.

    Ce souvenir pourrait sembler modeste au regard des grands thèmes du livre. Il en constitue pourtant le cœur. « Tout un quartier soutenait ses enfants », écrit-elle. En préparant ce voyage, elle découvre les savoir-faire, les recettes, les vertus des plantes, les mots créoles et les histoires attachées aux objets. « En découvrant les parents, je découvrais un monde. »

    Ce monde-là n’est pas celui que découvre le visiteur pressé. Il apparaît dans le temps partagé, le travail mené ensemble et les relations qui se tissent. C’est aussi celui que Caroline Chemarin dit avoir retrouvé en revenant quelques jours en Martinique, des années après son départ.

    Une terre de contrastes absolus

    Lorsqu’on lui demande ce qu’elle pense aujourd’hui de la Martinique, elle commence par un mot : « complexe ». Puis elle en ajoute un autre : « profonde ».

    Elle parle de la beauté des plages, des familles réunies, des personnes âgées qui font du sport ensemble dans la mer, d’une jeune femme qui remercie lorsqu’on la laisse passer et d’une inconnue heureuse de lui donner le titre d’une chanson entendue sur le sable. Dans ces gestes ordinaires, elle retrouve ce tissu social qui l’avait frappée dès son premier séjour.

    Mais elle refuse d’en rester à l’image du paradis. Elle se souvient aussi des sargasses lorsqu’elle habitait au Robert, des effets jusque dans sa maison, du chlordécone, de la vie chère, des embouteillages et des difficultés quotidiennes que l’on oublie plus facilement lorsque l’on revient en vacances.

    « C’est un paradis qui coûte cher pour les gens qui y habitent », observe-t-elle. La Martinique est, à ses yeux, « une terre de contrastes absolus », capable d’offrir un sentiment de plénitude tout en exposant ses habitants à de lourdes contraintes.

    Cette contradiction n’appelle chez elle aucune conclusion définitive. Elle ne veut pas dire ce qu’est la Martinique, mais raconter « sa Martinique », celle qu’elle a connue, aimée, parfois mal comprise et qui l’a profondément transformée.

    Son écriture ne cherche pas à trancher. Elle cherche à retisser. Entre la Catalogne et les Antilles, entre la littérature classique et les récits contemporains, entre la mémoire collective et l’expérience personnelle, Caroline Chemarin avance par rapprochements. Avec une idée simple, mais exigeante : tant que chacun peut encore raconter son histoire et accepter d’entendre celle de l’autre, la conversation reste possible.

    Philippe PIED

    « L’ODYSSÉE », LE SOUS-TITRE QU’ELLE AURAIT CHOISI

    Si elle avait dû ajouter un sous-titre à Négresse, comme un tigre dans un pot de confiture, Caroline Chemarin aurait choisi un seul mot : « L’Odyssée ».

    Ce choix traduit d’abord la construction du livre comme un aller-retour, à la fois géographique et intérieur. Une jeune enseignante arrive en Martinique avec son enthousiasme et ses certitudes. Au contact de l’île et du regard des autres, son identité se trouble. Elle traverse l’incompréhension, le repli et ce qu’elle appelle sa « dilution », avant de retrouver un chemin vers elle-même grâce à la littérature, à l’écriture et au dialogue.

    Professeure de lettres classiques, Caroline Chemarin voit également dans le Cahier d’un retour au pays natal d’Aimé Césaire la structure d’une odyssée. Elle y reconnaît le mouvement d’un homme qui s’éloigne de lui-même, éprouve le reniement et la honte, puis revient vers son pays et vers son identité. Elle y perçoit aussi, comme une connivence littéraire, un écho à Ulysse et au voyage du retour.

    « L’Odyssée » ne désignerait donc pas un simple déplacement entre l’Hexagone, la Martinique et l’Andorre. Le mot résumerait une transformation, celle d’une femme partie avec une certaine représentation d’elle-même et revenue avec un regard profondément différent sur son identité, sur les autres et sur la nécessité de se raconter.


    UNE ŒUVRE ENTRE MÉMOIRE ET LITTÉRATURE JEUNESSE

    Abolitions. Veillée martiniquaise, parcours de lecture d’hier à aujourd’hui, Orphie, 2018. Ce premier ouvrage réunit trois contes, trois poèmes et trois nouvelles. Il aborde l’esclavage, ses abolitions et les traces du passé dans le présent, en privilégiant des textes courts accessibles aux jeunes lecteurs.

    Négresse, comme un tigre dans un pot de confiture, Balzac éditeur, collection « Autres Rives », 2026. Présenté comme un roman, le livre emprunte aussi au récit personnel et à l’essai. Caroline Chemarin y explore son expérience d’enseignante blanche en Martinique, le regard des autres, la perte de repères et la reconstruction de soi par la littérature et le dialogue.

    Caroline Chemarin a également publié plusieurs ouvrages pour la jeunesse, souvent conçus pour faire dialoguer les langues et les imaginaires, parmi lesquels Mousse et l’oiseau-mouche, Le Carnaval des animaux, Ti-Jean et Ti-Manicou Noël, Louise et la poupée de madras et Cabosse. Une petite fille (merveilleusement) ordinaire. Plusieurs de ces récits existent en éditions bilingues, notamment en français, créole martiniquais, catalan, occitan, allemand ou latin.

     

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