COMMUNIQUÉ DE PRESSE DE L’OECO
Organisé sous le thème « Jeunesse et femmes, moteurs de la transformation agricole : semer la résilience, récolter la prospérité », ce symposium de trois jours a abordé les vulnérabilités majeures de la région. La Caraïbe important actuellement la grande majorité de sa nourriture pour un coût annuel de 658 millions de dollars US, les dirigeants régionaux ont souligné que l’autonomie agricole n’est plus une simple préférence sectorielle, mais un élément vital de la souveraineté régionale.

L’honorable Lennox J. Andrews, ministre du Développement économique, de la Planification, des Coopératives, de l’Agriculture, des Terres et des Forêts, de l’Économie bleue et des Affaires maritimes de la Grenade, a prononcé le discours principal en déclarant qu’il faut mettre fin à l’ancien récit présentant l’agriculture comme un secteur de dernier recours. Il a invité à un changement de perspective, reconnaissant les jeunes et les femmes non plus comme de simples ouvriers, mais comme des acteurs hautement qualifiés de la technologie et de l’entreprise :
« L’agriculture d’aujourd’hui va bien au-delà de la plantation et de la récolte. Il s’agit d’agribusiness, de technologie, d’agriculture protégée, de drones de précision, d’intelligence artificielle et de marketing numérique. Il s’agit de transformer une exploitation en entreprise et une entreprise en une activité durable. Lorsque nous investissons dans un jeune agriculteur, nous n’aidons pas seulement un individu. Nous investissons dans un foyer. Nous investissons dans les communautés rurales. Nous investissons dans la sécurité alimentaire. Et en fin de compte, nous investissons dans l’avenir de notre nation. »
Le ministre Andrews a mis en lumière les actions politiques concrètes de la Grenade, notamment le projet pilote d’entreprise agricole pour les jeunes développé avec le Fonds de développement de la CARICOM, ainsi que le Projet de banque de terres visant à sécuriser des terres agricoles par des baux au profit des jeunes et des futurs agriculteurs.

Son Excellence le Dr Didacus Jules, Directeur général de la Commission de l’OECO, a prononcé un discours marquant, replaçant l’urgence du symposium dans le contexte des perturbations des chaînes d’approvisionnement mondiales, de la hausse des coûts de transport et des chocs climatiques tels que les ouragans Ivan et Beryl. Le Directeur général a invité la région à dépasser l’inclusion symbolique pour mettre en œuvre des changements structurels, en particulier concernant le régime foncier, l’accès au crédit et l’intégration des marchés :
« Dans un monde qui se fracture, la capacité à nous nourrir nous-mêmes est l’expression la plus concrète de la souveraineté accessible à un petit État. Un secteur ne se renouvelle pas tout seul ; il est renouvelé par les personnes qui le choisissent. Lorsque plus de 100 jeunes ont choisi de consacrer trois jours à discuter d’agriculture, la question de savoir si nos jeunes s’intéressent à l’agriculture a trouvé sa réponse : ils attendaient simplement qu’on leur pose la question. Lorsque nous réunissons nos jeunes dans une même pièce, ils ne se contentent pas de réseauter, ils commercent, et cela témoigne de leur engagement et de leur sérieux. »
Le symposium a mis en avant le soutien crucial des partenaires internationaux, notamment l’Union européenne à travers le programme du 11e FED RIGHT (Regional Integration through Growth Harmonisation and Technology | Intégration régionale grâce à l’harmonisation de la croissance et à la technologie), qui a financé une grande partie des travaux de l’OECO dans le secteur agricole.
S’adressant aux délégués en visioconférence, Mlle Chiara Tardivo, cheffe d’équipe pour les investissements climat et énergie du Global Gateway au sein de la Délégation de l’UE auprès de la Barbade, de la Caraïbe orientale et de l’OECO, a réaffirmé l’engagement à long terme de l’UE :
« Nous sommes convaincus qu’avec des innovations résilientes au climat dans l’agriculture, nous pouvons contribuer à réduire les lourdes factures d’importation alimentaire et mieux répondre aux défis environnementaux. Nous souhaitons réaffirmer notre engagement à travailler avec l’OECO et les îles caribéennes, en plaçant les jeunes et les femmes au cœur du processus de transformation. »

Saluant la présence des délégués, Mme Natalie Williams, secrétaire permanente au ministère de l’Agriculture, des Terres et des Forêts, s’est adressée directement à l’héritage historique précieux des femmes dans les systèmes alimentaires :
« La question est de savoir qui portera ce monde vers l’avant. Alors que la population agricole vieillit, nous devons nous tourner vers les femmes et les jeunes pour guider la prochaine génération. »
Résultats et prochaines étapes
Le symposium s’est achevé sur un mandat fort en faveur de livrables opérationnels, donnant la priorité à quatre objectifs centraux :
- Institutionnalisation : Formaliser le Forum agricole de l’OECO pour la jeunesse et les femmes doté d’une structure et d’un mandat actifs.
- Partage d’informations : Mettre en place un portail d’information cogéré par l’OECO et l’IICA pour les marchés fonciers, les subventions et les conseils techniques.
- Accès à la terre : Obtenir des engagements des ministres pour traiter la question foncière, en proposant des terres domaniales selon des baux à long terme et transparents, reconnus comme garanties par les institutions bancaires.
- Inclusion structurelle : Veiller à ce que les formations, les instruments de financement et les technologies soient conçus de manière proactive pour intégrer les personnes en situation de handicap.
Showing 48 of 49





















































