Jeudi après midi, à la Chambre de commerce et d’industrie, le préfet a réuni une quarantaine d’entreprises qui travaillent à l’export. L’objectif était de les sensibiliser à la surveillance à la protection de leurs conteneurs qui peuvent susciter la convoitise des narcotrafiquants.
Depuis 2024, 700 kg de cocaïne ont été saisis sur le port de Fort-de-France. La Martinique devient pour les narcotrafiquants une plateforme de choix. Devant l’augmentation du phénomène, le Grand port maritime de la Martinique s’est doté d’un plan de sécurisation à 6 millions d’euros. Un système de vidéosurveillance intelligente et des drones viendront compléter le dispositif déjà en place. Mais devant cette fortification de port, la pression se dirige désormais vers les entreprises qui exercent une activité d’export. Raison pour laquelle, le préfet Étienne Desplanques a réuni en présence de l’Ofast (Office antistupéfiants) et la DNRED (Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières), une quarantaine d’entreprises qui ont une activité d’export sur le port.
« Avec le plan d’action du port qui va rendre difficile la contamination des conteneurs sur le port, on est train de mettre le risque sur les entreprises qui sont en amont au moment du chargement. »

Cette réunion a été l’occasion d’établir un dialogue entre les forces de l’État et ces entreprises. Il a notamment été question de prévention et de sensibilisation. « Nous souhaitons embarquer tout le monde dans la lutte contre le narcotrafic soit l’entièreté de la chaîne logistique. »
Sensibiliser tous les acteurs de la chaîne
À l’origine de cette réunion, une affaire. Des narcotrafiquants avaient ciblé une entreprise martiniquaise. Ils avaient embarqué une quantité considérable de cocaïne. « Ils l’ont fait en toute discrétion et au sein de l’entreprise. C’est en partant de cet exemple que nous nous sommes dit qu’il était nécessaire de réunir tous les acteurs de la chaîne logistique pour leur donner des éléments de prévention et de détection. » Le préfet poursuit :
« Les narcotrafiquants sont discrets. Ils s’intéressent aux conteneurs. Ils vont chercher un accès simple et le moins risqué pour eux. »
Un discours qui a été entendu par les entreprises concernées. « Nous sommes alertés », affirme Line Pardon, déléguée générale AMPI (Association martiniquaise pour la promotion de l’industrie). Elle explique prendre toute la mesure de la gravité de la situation.
« En tant que fédération, l’idée est de pouvoir alerter les parties prenantes et de mieux sensibiliser les chefs d’entreprise et les personnels. »
Il s’agit pour ces entreprises qui travaillent à l’export d’être mieux armées et mieux informées. Avant de déployer des kits de communication, l’État et ses partenaires ont esquissé des mesures de bon sens pour lesquelles il faut acculturer les entreprises. Line Pardon l’assure : « Il faudra être vigilant notamment sur la partie empotage puisque c’est là qu’on peut être à risque et vulnérable. »
Laurianne Nomel





