Point de situation établi le 19 octobre 2026 à 8 h 15 en Martinique
Dès dimanche soir, des barrages et des feux de détritus ont été signalés dans plusieurs communes. La situation demeure perturbée, mais elle varie fortement selon les secteurs et ne permet pas encore de mesurer l’ampleur durable de la mobilisation.
Situation sur le terrain
À Fort-de-France, les secteurs de Sainte-Thérèse et de Canal Alaric ont été particulièrement touchés. L’avenue Maurice-Bishop est demeurée impraticable par endroits et la voie du TCSP a été entravée. Des barrages ont également été observés à Fond-Lahaye, à Schœlcher.
Au Lamentin, la circulation est difficile à Pelletier ainsi qu’au rond-point de l’Union, près de la Brasserie Lorraine, en raison de carcasses de véhicules, de palmiers coupés et d’objets disposés sur la chaussée. Le passage reste néanmoins possible par endroits. Au Robert, le petit rond-point d’Océanis est bloqué par quelques membres du collectif sargasses. D’importants ralentissements sont signalés entre le Robert et le Lamentin.
Le BHNS ne fonctionne pas ce matin en raison de l’impraticabilité de certaines voies. Les Vedettes Blue Lines maintiennent seulement un service restreint. Plusieurs barrages apparus dans la nuit à Rivière-Salée, Sainte-Luce, au Marin, au Robert et à La Trinité ont cependant été éteints ou retirés par les secours et les forces de l’ordre.
Des véhicules ont par ailleurs été incendiés au Robert. Le maire Félix Mérine a condamné ces destructions en estimant qu’elles ne relevaient pas de la lutte contre la vie chère. Il convient donc de distinguer les actions assumées par les collectifs des actes de dégradation commis parallèlement, dont l’attribution directe au RPPRAC n’est pas établie.
Position du RPPRAC
Rodrigue Petitot avait annoncé, le 16 octobre, l’ouverture d’une « guerre d’usure » destinée à dépasser la seule journée du 19 octobre. Le RPPRAC estime insuffisante l’application du protocole contre la vie chère. Le mouvement réclame désormais, comme préalable à la reprise du dialogue, le départ du préfet et la démission du président du Conseil exécutif de la Collectivité territoriale de Martinique.
La mobilisation bénéficie pour l’instant d’un soutien organisé mais limité. Les collectifs de défense des usagers de l’eau et le collectif sargasses du Robert ont annoncé leur participation. La CDMT appelle ses adhérents à se mobiliser sur leurs lieux de travail. Les autres grandes centrales syndicales n’avaient pas annoncé, dimanche soir, de mot d’ordre général.
Écoles et activité économique
Plusieurs collèges et lycées ont organisé l’enseignement à distance au cas par cas. Le rectorat n’a toutefois ordonné aucune fermeture générale. Des commerces ont également fermé préventivement, tandis que les stations-service et les centres commerciaux ont connu une forte affluence dimanche. Aucune pénurie générale de carburant ou de produits alimentaires n’était annoncée à cette heure.
Le mouvement est donc bien engagé, principalement sous la forme de barrages dispersés et de perturbations routières. Il est encore trop tôt pour conclure à une mobilisation populaire massive. Sa capacité à durer dépendra de son élargissement au-delà des points de blocage actuels, notamment auprès des salariés, des syndicats et d’une partie plus large de la population. La journée du 19 octobre constitue ainsi un premier test du rapport de force recherché par le RPPRAC. Gdc




