Carrelage, électricité, peinture : C2MS BTP, l’entreprise de Willy Cadet-Marthe, vivait surtout de la sous-traitance pour des constructeurs de maisons. Les marges ne lui suffisent plus et la conjoncture l’a contraint à licencier. Il cherche désormais sa propre clientèle. Pour lui, c’est toute la filière du BTP qui est en crise.
La vie est rude pour les petites entreprises du BTP. À l’instar de C2MS BTP, l’entreprise de Willy Cadet-Marthe. La structure multiservice propose des prestations de pose de carrelage et d’installation d’électricité. L’essentiel de l’activité de C2MS BTP était la sous-traitance des constructeurs de maisons. « D’ailleurs, j’ai l’assurance décennale pour ces deux domaines. » Aujourd’hui, il a étendu sa palette au second-œuvre comme la peinture des maisons voire espaces verts.
Premier écueil rencontré par Willy Cadet-Marthe : « Les constructeurs de maisons fixent leur prix avec leurs clients. Au niveau des marges bénéficiaires, elles sont très réduites puisque les constructeurs ont pris le marché très bas. » L’entrepreneur explique que les charges et le prix des fournitures ne cessent d’augmenter. Il n’y trouve plus son compte. Raison pour laquelle, il cherche à développer sa propre clientèle. Une tâche qui n’est pas aisée selon l’intéressé. « Je suis en pleine restructuration pour essayer de redynamiser la partie commerciale. »
Pourtant les services que propose Willy Cadet-Marthe font partie des secteurs en tension notamment le carrelage. Pour le Martiniquais, les jeunes ne sont pas motivés pour la formation de carreleur. Il en expose les raisons : « Physiquement, c’est très dur. Un carreleur aujourd’hui même quand il a 40-50 ans, il a des problèmes au niveau des genoux, des lombaires. On travaille assez souvent accroupi. C’est très inconfortable. » Willy Cadet-Marthe ajoute qu’à défaut de jeunes, il travaille avec les anciens. Si les jeunes Martiniquais ne sont guère intéressés par le carrelage, il note qu’une jeune main-d’œuvre étrangère vient grossir les rangs des carreleurs. « Il y a de nombreux jeunes Haïtiens. C’est quasiment eux qui reprennent le secteur du carrelage au niveau du tissu martiniquais.
Son cheval de bataille : retrouver de nouveaux marchés
Avec le climat économique actuel, C2MS BTP n’a plus de salariés. « La conjoncture était tellement compliquée que j’ai dû licencier. J’essaie de me positionner pour que mes charges et mes recettes me permettent de faire vivre la structure. La situation n’est pas rose du tout. » Son principal cheval de bataille aujourd’hui est de trouver de nouveaux marchés.
La trajectoire d’un chef d’une petite entreprise qui plus est dans le BTP en Martinique s’apparente à un parcours du combattant. « C’est compliqué parce qu’on ne sait jamais de quoi est fait demain. Autrefois, j’avais pas mal de chantiers avec la sous-traitance mais les marges bénéficiaires étant très faibles, je ne m’y retrouvais pas. » Il poursuit : « On survit parce qu’on n’a presque pas le choix. C’est d’ailleurs pour cela qu’il y a énormément d’entreprises qui ferment. » Willy Cadet- Marthe, lui-même n’y a pas échappé. À deux reprises, il a dû fermer ses structures.
L’entrepreneur martiniquais souhaite donner un second souffle à C2MS BTP en s’affranchissant de la sous-traitance. « Les constructeurs de maisons sont eux-mêmes en difficulté. C’est toute la filière du BTP qui est en crise. » Il précise : « Ceux qui tiennent pour le moment, ce sont les grosses entreprises. »
Dans ce contexte bien que combatif, l’humeur de l’entrepreneur est morose. « Je vois l’horizon bien sombre. Même le tissu économique me semble volatil. C’est la raison pour laquelle, on ne peut pas tabler quoique ce soit au niveau du BTP. D’ailleurs, tous mes confrères disent que c’est dur. »
Malgré les difficultés, Willy Cadet-Marthe aime toujours son métier. « Les clients sont satisfaits. Une fois que le travail est effectué, on n’y revient plus. » Il souhaite plus que jamais relancer la machine. « Il me reste quelques années », plaisante-t-il.
Laurianne Nomel





