A 62 ans, Georges Bernard Mauvois nous a quittés

Georges Bernard Mauvois (GBM) nous a quittés le 6 décembre à l’âge de 62 ans. Son père est Georges Eluthere Mauvois, le dirigeant du PCM qui a été victime de l’ordonnance « scélérate » de 1961.
GBM  a écrit plusieurs ouvrages dont  « Un complot d’esclaves : Martinique, 1831″,  » Louis des Étages 1873-1925 : itinéraire d’un homme politique…

Nous publions ici en hommage, le texte d’une analyse qu’il avait faite lors de la cérémonie lorsque ce LEP de Cluny  reçut le nom de « André Aliker ». Nous publions également  les  témoignages de condoléances rendus publics.

Georges Bernard Mauvois

AU LEP ANDRE ALIKER

Vendredi 23 avril, le LEP Cluny s’appellera désormais LEP André Aliker. Dans nos colonnes, cette semaine, l’hommage de l’historien Georges Mauvois par le simple rappel du parcours du pionnier de la presse libre à la Martinique.

« Ce bref parcours est celuid’un vrai combattant… Pour commencer, suivons les premiers pas de son enfance. Que sait-on à propos des parents d’André Aliker ? Ce que nous apprend l’État-civil est quelque peu sommaire.
La mère d’André Aliker se prénomme Louise-Anne. On la surnommait « Fenfemme », selon ce que nous a communiqué l’un de ses nombreux fils (1). Louise-Anne Aliker est une lamentinoise, native du quartier Sarraut.
Le père se nomme M. Mauconduit. Il est comptable à l’usine Soudon (Lamentin). De sa longue union avec Louise-Anne Aliker vont naître quatorze enfants. Il faut retrancher de cette nombreuse progéniture les décès survenus précocement : seulement sept des enfants du couple (six garçons et une fille) ont survécu aux maladies de la première enfance.
Les aînés des enfants Aliker grandissent au quartier Sarraut, peuplé d’ouvriers agricoles et de petits propriétaires. André est le second des fils. Il est né le 10 février 1894. Enfant issu du peuple, il lui faut parcourir à pied sept kilomètres pour se rendre chaque jour à l’école ; autant pour en revenir. André obtient néanmoins son Certificat d’Études en 1906.
Muni de ce sésame à l’âge de douze ans, il entame ensuite au Lamentin l’apprentissage du métier de charpentier. Le jeune André Aliker exerce ce métier pendant quelques années ; puis il se tourne vers d’autres activités qui l’amènent à Fort-de-France. Il devient employé de commerce au « bord de mer », à l’heure où la ville connaît une notable croissance de son activité commerciale.
Nous sommes au lendemain de la brutale disparition du négoce de Saint-Pierre. Par nécessité, le commerce foyalais hérite de maintes fonctions jusqu’alors dévolues aux commerçants pierrotins.

Médaille militaire

Quand la guerre éclate en 1914, André Aliker se porte — par deux fois – volontaire pour partir au combat. Mais ses premières démarches sont vaines. Les autorités militaires le réforment pour déficience physique. D’autres que lui eussent sans doute accepté le verdict des médecins militaires. Il s’entête au contraire. Ce jeune patriote veut — coûte que coûte — partir combattre en Europe. Il décide alors de s’imposer un régime intensif de suralimentation et de musculation. Ce régime modifie suffisamment son physique pour qu’on le reconnaisse enfin BSA (Bon pour le Service Armé) lors de sa troisième demande.
Il part donc au front. Il en reviendra gazé et ayant perdu la vue pendant quelques jours. Comme beaucoup d’autres combattants marqués par leur participation à la « grande guerre », l’homme a peu fait état de sa contribution guerrière. On a fort peu d’informations concernant ses divers engagements en Europe. Il y a toutefois une chose dont la documentation militaire fait foi : il a fait preuve du plus grand courage au cours des combats ; et ses supérieurs hiérarchiques en attestent dans cette citation à l’ordre du régiment : « Modèle parfait de dévouement et de courage. Toujours volontaire pour les missions périlleuses au cours desquelles il entraîne ses hommes par son allant, son mépris du danger ».

Entre commerce et militantisme

Démobilisé en 1918, Aliker revient aux Antilles. Désormais acquis aux idées socialistes, et quelque peu revenu de son patriotisme d’avant-guerre, il est embauché à Fort-de-France comme commis dans la maison de commerce « Desmé-Démare ». Sur cette période de sa vie, nous disposons du témoignage de son frère Pierre qui eut l’occasion de l’accompagner dans ses voyages à travers l’île (tous deux étant juchés sur un de ces véhicules hippomobiles qui sillonnaient alors les grands chemins de la Martinique).
Ce ne sont pas des voyages d’agrément, mais avant tout des tournées professionnelles consacrées à visiter la clientèle des communes. Souvenir ému d’un petit frère : « André était mon grand frère, de quatorze ans mon aîné. Il était commis voyageur. C’est grâce à lui que j’ai découvert très tôt la Martinique […]. Avec lui j’ai pu, en l’accompagnant, parcourir la Martinique du Nord au Sud » (2).
Ces périples à travers l’île s’achèvent lorsqu’André Aliker ouvre un commerce de détail à la rue Blénac de Fort-de-France. Puis il décide de s’installer à son compte au « bord de mer », s’adonnant au commerce de gros et demi-gros à partir de 1923. Une voie toute droite lui semble offerte : celle d’un entreprenant commerçant foyalais.
À l’âge de trente-deux ans, il se marie à une jeune fille de Ducos, Émilie Ténitri. De cette union, trois enfants naîtront, dont deux d’entre eux ont survécu. Mais dès cette époque André n’est pas seulement le jeune père d’Alex et Mirette. L’homme s’engage aussi dans la vie publique. L’action politique et syndicale l’attire. Gagné aux idéaux marxistes, il prend part aux activités du groupe « Jean Jaurès ». Il s’agit du groupe communiste fondé en Martinique en 1920. Bientôt il devient le gérant du journal « Justice », organe hebdomadaire des communistes martiniquais. Aliker y fait paraître des notes souvent brèves et incisives qu’il signe des pseudonymes « Zoupa » ou « L’œil de Moscou ».
« Il était infatigable, on le voyait partout, à tout moment. Il semble tout voir : les petits scandales de l’administration, les injustices et les abus des patrons. Il est la bête noire du patronat, des cléricaux, de la haute administration. C’était l’homme de la rue, des chantiers et des champs » (3).
Ce témoignage tardif est de Georges Gratiant. Tout jeune homme alors, le futur maire du Lamentin a en effet connu André Aliker au début des années 1930. Gratiant et d’autres pionniers de l’action ouvrière nous aident à mieux comprendre le difficile contexte dans lequel agissaient des militants communistes comme Monnerot, Del, Duféal, Bissol. L’histoire ouvrière de la Martinique est jalonnée de tentatives organisationnelles éphémères, à une époque où même le fait syndical se trouve souvent banni des entreprises martiniquaises. Des progrès se manifestent toutefois dans quelques rares corporations urbaines, comme celle des charbonnières du port — aux côtés desquelles s’active Aliker en 1925 —. Il faut aussi rappeler que, dans le quotidien du militant politique des années trente, la violence n’est jamais loin… Au contraire, tous les rédacteurs de « Justice » n’ignorent rien des épisodes sanglants qui ont jalonné le premier tiers du XXè siècle martiniquais :
– 10 février 1900 : Fusillade lors de la grève des travailleurs de la canne, au François (dix morts).
– 29 avril 1908 : Assassinat d’Antoine Siger, maire de Fort-de-France.
– 23 février 1923 : Fusillade de Bassignac, à Basse-Pointe.
– 24 mai 1925 : Meurtre de Louis des Étages et Charles Zizine, tous deux abattus par un gendarme à Ducos ; fusillade du Diamant le même jour, sous le gouvernorat du tout-puissant Richard.

Atann toujou…

Tous ces faits sont connus, et souvent évoqués dans l’hebdomadaire d’André Aliker. Engagé dans une lutte de tous les instants, l’homme n’ignore rien des risques personnels qu’il encourt. Comment aborde-t-il ces risques ? En toute lucidité, sans hâte excessive et irresponsable, comme l’atteste cette brève réponse donnée par le gérant de « Justice » à un tout jeune homme — Louis Adrassé en l’occurrence, trop jeune à son goût — qui lui manifestait son souhait de s’engager à ses côtés : « Pòkò, pòkò… Atann toujou… ».
L’homme veille aussi à assurer au journal « Justice » une parution régulière. Il le fait au besoin en requérant sans trop de ménagements l’appui financier des lecteurs les plus proches de la ligne éditoriale du journal. Aliker est un tempérament chaleureux, certes, mais c’est aussi un gestionnaire exigeant et rigoureux. Lisons ce qu’en a dit Georges Gratiant dans une des conférences où il évoquait les traits du journaliste engagé dans une lutte incessante : « Taille moyenne, allure athlétique, il passait vite du gros rire à l’attaque violente… Sa rudesse cachait cependant un grand cœur épris de justice » (4).

Le scandale Aubéry

Le 4 mai 1933 paraît en première page de « Justice » un article signé « L’œil de Moscou ». Le titre de l’article est celui-ci : « Martinique contre Aubéry ». Il est suivi d’une question posée aux élus du Conseil général : « À quel point en est le procès de la colonie contre le châtelain Aubéry ? »
Qui est Aubéry ? Il s’agit du directeur de l’usine de Lareinty, un notable « béké » alors connu de tous en Martinique. Marié à Berthe Hayot (fille du président du Conseil général Gabriel Hayot), Eugène Aubéry est au premier rang des fortunes martiniquaises. Son château de Croix Rivail est l’un des lieux de rendez-vous des notabilités de l’île. L’indéniable influence qu’exerce Aubéry n’est toutefois pas sans limites.
Depuis quatre ans, les services fiscaux de la Martinique — alors dirigés par un homme intègre, Théodore Baude — réclament à l’épouse d’Eugène Aubéry une somme de plus de six millions de francs. Suite à une condamnation prononcée à leur encontre en première instance, les époux Aubéry ont engagé une procédure en appel. Celle-ci leur a été favorable. Cependant le Conseil général de la Martinique a décidé de présenter un pourvoi devant la Cour de cassation. Le pourvoi est enregistré à la Cour le 15 décembre 1930, mais les martiniquais apprendront par la suite que le gouverneur Gerbinis — sur directive du ministre des Colonies — a effectué sans bruit le retrait du pourvoi. C’est précisément ce désistement que les rédacteurs de « Justice » jugent scandaleux. Aliker s’emploie à dénoncer publiquement cette reculade en soulignant le lourd préjudice subi par la Colonie.
Le 7 juin 1933, au cours d’une session du Conseil général, plusieurs élus de gauche — au premier rang desquels intervient le docteur Lucien Cognet — réclament des explications aux autorités. Mais ils sont mis en minorité lors du vote d’une motion de protestation. La contestation des élus semble donc jugulée. Ceci n’empêche pas « Justice » de revenir à la charge dès le 11 juillet 1933 en tirant parti d’une plainte déposée contre Aubéry par un de ses plus proches et anciens lieutenants (Emmanuel de Lacoste).
L’impact de cette édition du 11 juillet est considérable. Seul organe de presse engagé dans une bataille qui passionne l’opinion martiniquaise, « Justice » révèle les liens financiers occultes établis entre le directeur de Lareinty et deux magistrats de Fort-de-France ayant participé au jugement en appel de l’affaire Aubéry. Sont aussi mis en cause plusieurs hauts fonctionnaires de la colonie, de même que le sénateur Henry Lémery dont le dévouement pour son « ami très cher » est notoire.
Peu de jours avant qu’éclate le coup de tonnerre du 11 juillet, le gendre d’Aubéry — nommé Lavigne Sainte-Suzanne — s’est rendu au magasin d’Aliker. Les deux hommes se connaissent d’assez longue date. À son téméraire interlocuteur le gendre d’Aubéry assure que « son beau-père est très large et reconnaissant… » ; mais ces paroles et cette entrevue ne restent pas longtemps confidentielles.
Elles sont presqu’aussitôt connues des lecteurs de « Justice », car André Aliker les en informe lui-même. Le journaliste relate aussi un second entretien survenu — quelques jours plus tard — avec le même gendre-émissaire : « Il est revenu le vendredi 7 et je lui ai fait entendre qu’il ne faut pas nous juger d’après certains Martiniquais ».
Les tentatives de corruption ont donc tourné court.. Sans faillir ni faiblir, le gérant de « Justice » poursuit ses révélations. Dès lors, les menaces se précisent. Le 3 novembre 1933, André Aliker se rend à un spectacle du cirque Dumbar, avec sa femme et ses enfants. Dans le public, un petit groupe le prend violemment à partie. L’un de ses agresseurs est un employé d’Eugène Aubéry. Un autre le traite de « sale nègre » en lui portant un coup à la nuque. Le gérant de « Justice » porte plainte, avec certificat médical à l’appui.
Nouvelle et plus grave attaque, le 1er janvier 1934 à Fort-de-France : à la tombée de la nuit, Aliker est brusquement assailli par trois hommes. Ceux-ci le bâillonnent, le transportent dans une yole et le jettent par-dessus bord à bonne distance du littoral. Bon nageur, André Aliker parvient néanmoins à regagner le rivage. Dès le surlendemain, il dépose une nouvelle plainte et demande un permis de port d’arme (refusé).
Le 12 janvier 1934, vers 6 heures 30 du matin, un jeune garçon de quatorze ans découvre un cadavre que les vagues viennent d’apporter sur la plage de Fonds-Bourlet, à Case-Pilote. Le garçon alerte son père. Bientôt arrivent gendarmes et médecins légistes. Une enquête biaisée et bâclée commence, tandis que tout un peuple s’indigne et réclame justice… Depuis lors, l’hommage au combattant n’a jamais cessé. « Saluons cet homme bien bas », a écrit la journaliste française Madeleine Paz dans un remarquable article qu’elle consacra à l’affaire Aliker : « Il osa porter le fer rouge dans la plaie purulente que son pays portait au flanc » (5).
Georges B. MAUVOIS
Historien »

(1) Nos remerciements à M. Pierre Aliker pour son témoignage et à M. Georges Aliker pour sa précieuse contribution documentaire.
(2) Pierre Aliker, Entretien accordé à l’hebdomadaire Antilla, n° 12, mai 1982.
(3) Georges Gratiant, Allocution du quarantième anniversaire, cité par Armand Nicolas, in Le Combat d’André Aliker, Fort-de-France, 1974.
(4) G. Gratiant, Conférence au Ciné Théâtre (janvier 1970).
(5) Madeleine Paz, L’affaire Aliker, in Les Cahiers des Droits de l’Homme, 20 février 1936, Paris.

 

MESSAGES DE CONDOLEANCES

 

LE MPREOM (Gabriel LUCE)

COMMUNIQUE DU Mpréom suite à la disparition de Georges MAUVOIS ( TI-JO) « INTELLIGENT , SUBTIL,CULTIVE,  PRECOCE ET CONVAINCU PATRIOTE, HISTORIEN DE GRANDE QUALITE, BON PEDAGOGUE, PROFOND ET ORIGINAL MARQUEUR DE PAROLES,SYMBOLE D’HUMILITE ET DU CONSENSUS, TELS FURENT, SELON NOUS, LES PRINCIPAUX ATOUTS DE CE GRAND MARTINIQUAIS QU’A ETE NOTRE REGRETTE « TI-JO ». – SINCERES CONDOLEANCES A SES PARENTS ET PROCHES – POUR LE Mpréom

EUGENE LARCHER,Président de la Communauté d’Agglomération Espace Sud Martinique

J’ai appris avec tristesse la nouvelle du décès de « Ti-Jo » Mauvois.
Je tiens à saluer la mémoire de celui qui aura apporté une incontestable et précieuse contribution à la connaissance de notre histoire martiniquaise en réussissant constamment à allier la rigueur de la recherche et le talent pédagogique.
Son engagement et son action militante traduisaient invariablement un profond attachement aux grandes valeurs de solidarité et de progrès, d’émancipation et de dignité des peuples, singulièrement du peuple martiniquais.
Tous ceux qui l’ont côtoyé garderont le souvenir de sa gentillesse naturelle, de sa grande simplicité et de sa vive intelligence.
Au nom de tous les élus de la Communauté Espace Sud, je présente à son épouse, à ses enfants, à sa famille et à ses proches, mes très sincères condoléances.
Le 7 décembre 2011 – Eugène LARCHER – Président de la Communauté d’Agglomération – Espace Sud Martinique

CLAUDE LISE – Rassemblement Démocratique pour la Martinique
C’est avec une très grande tristesse que j’ai appris la nouvelle de la disparition de Georges « Ti-Jo » MAUVOIS.
Je tiens à rendre hommage à celui qui était animé d’une véritable passion de la recherche historique et dont le travail nous laisse une approche riche et originale d’importants épisodes de l’histoire de la Martinique.
Il était doté d’un grand souci de la transmission, d’une volonté constante de mettre le savoir à la disposition du plus grand nombre.
Je salue aussi l’authentique militant de la cause martiniquaise ; attaché, d’une manière générale, à la construction d’un monde toujours plus juste, plus respectueux de la dignité des femmes, des hommes et des peuples.
Je n’oublie pas ses grandes qualités humaines et notamment cette humilité qui, chez lui, était la marque d’une curiosité toujours en éveil.
Je présente à son épouse, à ses enfants, à sa famille et à ses proches, mes très sincères condoléances.
Claude LISE – Secrétaire Général du R.D.M.

LUC CLEMENTE- Maire de Schoelcher – Vice-Président du Conseil Régional

C’est avec une grande émotion que j’ai appris la disparition de Georges Bernard MAUVOIS, plus connu sous le nom Ti-Jo Mauvois.
La disparition de ce grand intellectuel martiniquais laissera sans aucun doute un grand vide. Incontestablement nous perdons un chercheur passionné de l’histoire de notre région qui œuvrait sans relâche à la connaissance de l’histoire de la Caraïbe.
Grand ami d’Haïti, membre du Comité Devoir de Mémoire, il nous quitte le jour du 50ème anniversaire de la Mort de Frantz Fanon.
Je mesure l’étendue qu’une telle perte peut représenter pour la Martinique mais également pour tous les schoelchérois.
Je tiens en cette circonstance douloureuse à vous assurer de ma sympathie et mon soutien dans ce deuil qui frappe votre famille.
En mon nom personnel, et en celui de l’ensemble du conseil municipal, je vous présente, ainsi qu’à votre famille et à vos proches, mes plus sincères condoléances.
Luc CLEMENTE – Maire de Schoelcher – Vice-Président du Conseil Régional

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