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Béatrice Bellay, vent de gauche

Béatrice Bellay, vent de gauche
juin 06
22:19 2021
Temps de lecture : 5 minutes

Céline GuiralJeudi pour France Antilles
Béatrice Bellay, première secrétaire fédérale du PS, conduit la liste « Nou ka fé yonn pou Matinik ».

À 46 ans, la plus jeune des têtes de liste trace depuis de longues années un parcours engagé et militant. Première secrétaire fédérale du PS, elle affiche un style dynamique voire iconoclaste. Béatrice Bellay veut être où on ne l’attend pas, avec la liste « Nou ka fè yonn pou Matinik ».

Sous les arbres majestueux du parc de Tivoli, Béatrice Bellay avance aux côtés de l’une des membres de son équipe de campagne. Elle se presse d’un pas décidé vers chacun des stands présentés par de jeunes lycéens, à l’occasion du « Village du cacao et du chocolat ». Chemisier rouge, ballerines au pied, elle apostrophe chaque élève croisé : « Et toi, que veux-tu faire plus tard ? » ; les incite à être précis dans leurs explications ; les encourage. « Tu veux partir étudier au Canada ? C’est super. Mais il faudra surtout que tu reviennes, il y a beaucoup de choses à faire ici. » Oui, beaucoup de choses en effet. Et autant de dossiers brûlants qui attendentle ou la futur.e président.e de la CTM.

 

Bousculer le microcosme politique

À 46 ans, Béatrice Bellay veut en être. Elle brigue la candidature avec la liste « Nou ka fè yonn pou Matinik » (« Ensemble pour la Martinique » ). À ses côtés : unallié nommé Daniel Robin. Le fondateur du mouvement citoyen Chemin d’Avenir est conseiller territorial sortant de la coalition autour du PPM.

Féministe autoproclamée, Béatrice Bellay évoque un engagement qui ne date pas d’hier. Née à Villepinte (Seine-Saint-Denis), de parents martiniquais, elle trouve « naturellement » le chemin du militantisme dans cette ville communiste où l’environnement « promeut l’engagement des jeunes ». Le sien est d’abord« associatif », « de quartier », puis estudiantin. Quel.les sont ses modèles à l’époque ? « Beaucoup de figures afro-américaines. » Mais surtout « Angela Davis », annonce-t-elle de son rire généreux. Après une solide formation en droit et gestion à Paris, elle part pour la Martinique à l’âge de 24 ans, dans le sillage de ses parents, rentrés au péyi.

Comme nous échangeons, de nombreuses femmes la saluent, lui lancent des encouragements. Béatrice Bellay lève les bras, s’enthousiasme de ces soutiens spontanés. Être une femme en politique (pas si anodin, dans la mesure où elles ne sont que deux, avec Catherine Conconne, sur les 14 têtes de liste) ? Et la plus jeune des candidates ? « C’est une force ! », assure-t-elle en fixant le regard. « Il ne faut pas se laisser démonter par cela. Les générations qui viennent attendent aussi d’avoir des candidat.e.s qui les inspirent. Je suis persuadée que de jeunes Martiniquaises qui s’intéressent à la politique ont besoin de voir des femmes qui “ y vont ”. Beaucoup de jeunes actifs ne se sentaient que peu représentés jusqu’alors. » Béatrice Bellay veutincarner, aussi, cette aspiration à bousculer un microcosme politique local installé et établi. Un poil vieillissant, peut-être. Elle ne manque toutefois pas d’évoquer ces « femmes martiniquaises en politique » qui ont tracé la voie : Catherine Néris, Madeleine de Grandmaison, Ghislaine Joachim-Arnaud, Nathalie Jos… 

Éducation, lutte contre les inégalités

Et sur sa volonté affichée d’être une candidate attachée au terroir, là visitant des producteurs bio, ici enfilant des bottes pour fouler un pré ? « Mais je suis issue du terroir ! », argue-t-elle. « Mes parents, bien qu’originaires du Sud, se sont rencontrés au Gros-Morne. Le centre de la Martinique. » Sur les combats qui lui sont chers, elle cite la lutte contre les inégalités, l’éducation, la santé environnementale, l’écologie ou encore le développement économique. Pour y parvenir, la candidate mise sur l’écoute : « C’est le rôle des politiques d’entendre le citoyen. Avant de lui proposer des solutions adaptées. »

Bio express

25 juillet 1975 : naissance à Villepinte (Seine-Saint-Denis)

1999 : « retour » en Martinique, après des études à Paris en droit et économie.

2001 : poste de DRH à la mairie de Schœlcher

2007 : nommée chef du bureau juridique (direction transports) au conseil général de Martinique

2012 : directrice des transports et des déplacements à Espace Sud

2018 : secrétaire fédérale de la FSM (Fédération Socialiste de Martinique)

2020 : nommée Secrétaire nationale à l’égalité réelle au Parti socialiste

Eau, transport, vie chère… que proposez-vous ?

Que préconiseriez-vous pour solutionner les problèmes enregistrés chaque année au niveau de la distribution d’eau ?

« Il faut un véritable plan Marshall. 400 millions d’euros à mettre sur la table pour rénover nos réseaux dans les dix ans à venir. Pour cela, il faut aller chercher des fonds d’État et européens. Nous avons suffisamment d’eau en Martinique. Il faut faire cesser les coupures. Dans l’immédiat, les installations provisoires de Séguineau, Fonds Saint-Jacques et Galion doivent être réparées. La CTM doit, exceptionnellement et contractuellement, baisser le prix de l’approvisionnement sur l’usine de Vivé. »

Quelle est votre vision concernant le transport et son développement ?

« La mobilité des Martiniquais est essentielle à tous les développements : sociaux, économiques, territoriaux. Sans une mise en place rapide, dense, cohérente d’un réseau unique, nous continuerons à assister à des déséquilibres d’aménagement, à une désertification de nos campagnes. Il faut ouvrir les plages horaires à la nuit, instaurer des tarifs sociaux et fiabiliser. Afin que plus jamais, nos compatriotes les plus précaires, “ sé maléré ki ka pwan bis ”, en majorité les femmes et des jeunes, n’aient à subir. »

Comment faire revenir les jeunes au pays ?

« En rendant notre Martinique attractive. Il ne faut pas leur offrir comme seul choix, celui de partir. La Martinique doit redevenir ou devenir “ le ” choix pour les jeunes. Pour leurs études, leurs formations, leur carrière. Elle doit donc être une promesse. L’éducation joue un rôle primordial et les moyens qui y sont alloués doivent être renforcés. Des liens, conventions, avec les pays qui nous environnent peuvent être conclus. Notamment avec des universités caribéennes et américaines de grande qualité.

Empoisonnement au chlordécone : quelles réparations ? Quelles solutions ?

« La première des réparations est environnementale : nos terres doivent être dépolluées. L’État doit y prendre toute sa part. Nos agriculteurs, nos ouvriers agricoles empoisonnés, nos pêcheurs doivent être indemnisés de manière sérieuse. Des moyens de l’État doivent être déployés pour le contrôle des aliments vendus sur les étals des supermarchés et aux abords des routes. Un véritable dispositif de suivi médical des Martiniquais est nécessaire. »

La vie est toujours aussi chère. Que proposez-vous pour y remédier ?

« Nous importons près de 90% de nos biens de consommation. Il faut réduire cette dépendance et solliciter l’État pour qu’il soit plus investi sur les questions de contrôle des prix. Il existe une accumulation des marges de beaucoup trop d’acteurs. Des moyens humains et financiers doivent être mobilisés pour les associations de consommateurs. »

Doit-on conserver l’octroi de mer ?

« Il participe au financement de nos collectivités locales. Nous ne sommes donc pas favorables à couper la branche sur laquelle nos services publics sont assis. Avec moins de moyens, l’équation est claire, nous aurons moins de solidarité territoriale et humaine. Nous n’ignorons néanmoins pas que cette taxe ne remplit pas sa mission première à savoir : la protection de nos productions locales. Il n’est pas admissible que l’argent public soutienne l’économie sans qu’il n’y ait de contrepartie, à l’emploi et au prix de vente. »

Nou ka fé yonn : Béatrice Bellay et Daniel Robin veulent renouveler la politique 02/06/2021

Dans la campagne pour les élections territoriales, premier meeting pour la liste NOU KA FE YONN. La socialiste Béatrice BELAY et Daniel Robin, qui mène la liste avec elle, ont rassemblé leurs soutiens au Restaurant le Roi Mongin, au François, ce mardi soir.

T shirt multicolores et ambiance festive pour le premier meeting de Nou Ka Fe Yonn. L’occasion pour Béatrice Bellay et Daniel Robin de dérouler les grandes lignes de leur programme.

Rajeunir et renouveler la politique. c’est aussi le mot d’ordre lors de la constitution de la liste. Lucien LOURRI, producteur de cacao et vice-président de l’association Valcaco va mener la section Sud. L’aventure politique est nouvelle pour la sociologue et romancière Nadia Chonville

Le binôme de Nou Ka Fe Yonn entend aussi renouveler les institutions de l’intérieur.

Voir le reportage : https://viaatv.tv/nou-ka-fe-yonn-beatrice-bellay-et-daniel-robin- veulent-renouveler-la-politique/


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