Le Président du Conseil Exécutif de la Collectivité Territoriale de Martinique a saisi la Présidente de la Commission européenne sur les impacts du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) dans les régions ultrapériphériques. Dans un courrier daté du 5 mai 2026, Serge Letchimy alerte sur une hausse estimée entre 68 % et 70 % du prix du ciment en Martinique dès 2026. L’information figure dans un communiqué diffusé ce 11 mai 2026 par la CTM.
Une vulnérabilité structurelle des régions ultrapériphériques
Le courrier rappelle que les spécificités structurelles des territoires ultramarins rendent ces économies particulièrement vulnérables à une application uniforme du MACF. L’insularité, la dépendance aux importations et la taille réduite des marchés sont identifiées comme les principaux facteurs d’exposition. Dans ce contexte, le mécanisme européen d’ajustement carbone aux frontières pourrait entraîner des hausses significatives de coûts, notamment dans le secteur du bâtiment et des travaux publics.
Le ciment martiniquais en première ligne
L’exemple du ciment illustre concrètement les conséquences attendues du dispositif. En Martinique, l’absence de production locale de clinker impose une dépendance totale à l’importation pour la fabrication du ciment. L’intégration du MACF entraînerait une hausse significative des coûts, estimée entre 68 % et 70 % sur le ciment dès 2026, avec des répercussions directes sur les prix de construction, l’investissement et l’emploi dans le secteur du BTP.
Agriculture et industrie également concernées
Au-delà du bâtiment et des travaux publics, d’autres secteurs clés de l’économie martiniquaise seraient affectés. L’agriculture et l’industrie figurent parmi les filières exposées, dans un territoire déjà marqué par un coût de la vie élevé. Le courrier souligne que ces impacts pourraient fragiliser davantage les équilibres économiques et sociaux d’économies insulaires structurellement contraintes.
Une demande d’adaptation fondée sur l’article 349 du TFUE
Le Président du Conseil Exécutif de Martinique rappelle dans son courrier que l’objectif légitime de transition écologique porté par l’Union européenne ne saurait se faire au détriment de la cohésion territoriale. Il appelle à une adaptation du règlement MACF, conformément à l’article 349 du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, afin de tenir compte des réalités des régions ultrapériphériques.
Une dérogation ciblée demandée à Bruxelles
La Collectivité Territoriale de Martinique demande l’introduction d’une possibilité de dérogation ou d’adaptation ciblée du dispositif. Cette dérogation porterait sur une liste précise de produits ne pouvant être importés depuis l’Europe continentale pour des raisons techniques, logistiques et économiques, et destinés exclusivement à un usage local sur le territoire martiniquais. La démarche vise à garantir l’efficacité et la cohérence des politiques climatiques européennes, tout en préservant les équilibres économiques et sociaux des territoires ultramarins.
Source : communiqué de la Collectivité Territoriale de Martinique, 11 mai 2026. Téléchargez le document ici





