Les Bienheureux ont annoncé le 12 août 2026 la signature d’un protocole d’accord avec Campari Group en vue de reprendre Bellonnie et Bourdillon Successeurs, BBS, propriétaire des marques Trois Rivières, Maison La Mauny et Duquesne. L’opération est importante pour la filière rhum martiniquaise, mais elle n’est pas encore définitivement réalisée. Elle intervient surtout dans un contexte économique difficile pour BBS, qui a enregistré près de 10 millions d’euros de pertes en 2025 pour 22,4 millions d’euros de chiffre d’affaires. Derrière le prestige des marques, le futur propriétaire devra donc résoudre une équation industrielle, commerciale, agricole et financière particulièrement complexe.
Philippe Pied
Le communiqué en PJ, publié le 12 août depuis Bordeaux est précis sur le stade auquel se trouve l’opération.
Les Bienheureux n’ont pas encore acquis BBS.
La société française annonce avoir signé avec Campari Group « un protocole d’accord » en vue d’acquérir BBS, présentée comme basée à Rivière-Pilote et produisant ou commercialisant les rhums agricoles Trois Rivières, Maison La Mauny et Duquesne.
Une étape sociale importante a déjà été franchie puisque le Comité social et économique de BBS a rendu un avis favorable à l’unanimité au changement d’actionnaire.
Il reste toutefois au moins une condition explicitement mentionnée dans le communiqué : l’autorisation de la SAFER pour le transfert des terres agricoles détenues par BBS.
Cette précision est loin d’être secondaire. BBS n’est pas seulement un portefeuille de marques de rhum. Le périmètre dont Campari négocie la cession comprend également des activités agricoles, des stocks, des installations de production, des actifs immobiliers et les droits de propriété intellectuelle liés aux marques. Campari avait indiqué dès juillet être entré en négociations exclusives avec un opérateur français pour céder 100 % de BBS et de ses filiales.
Campari avait payé 60,5 millions d’euros en 2019
Pour mesurer l’importance de cette opération, il faut revenir sept ans en arrière.
Campari avait finalisé le 1er octobre 2019 l’acquisition de Rhumantilles, l’ensemble qui comprenait notamment les marques Trois Rivières et Maison La Mauny, pour un montant annoncé de 60,5 millions d’euros.
Il faut en revanche être extrêmement prudent lorsqu’on cherche à comparer ce prix avec celui de la transaction actuelle.
ENCADRÉ : l’historique BBS / La Mauny / Trois-Rivières. Voir en fin d’article
Le prix auquel Les Bienheureux doivent reprendre BBS n’a pas été rendu public.
Un chiffre d’environ 30 millions d’euros apparaît effectivement dans les informations financières publiées autour du désengagement de Campari. Mais il ne correspond pas au seul prix de BBS. Campari indique que deux opérations de cession, celle de BBS d’une part, et celle portant sur Bisquit & Dubouché et Cabo Wabo d’autre part, devraient générer ensemble environ 30 millions d’euros.
Il serait donc erroné d’écrire que Campari revend aujourd’hui pour 30 millions d’euros un actif acquis 60,5 millions en 2019.
À ce stade, on ne connaît tout simplement pas la valorisation retenue pour BBS dans l’accord avec Les Bienheureux.
Des comptes qui se sont fortement dégradés
En revanche, les comptes disponibles permettent de comprendre pourquoi Campari a décidé de céder cette activité et pourquoi la reprise constitue un véritable dossier de restructuration.
En 2023, BBS réalisait encore 26,9 millions d’euros de chiffre d’affaires, avec une perte nette de près de 5,9 millions d’euros.
En 2024, le chiffre d’affaires est descendu à 23,3 millions d’euros et la perte nette s’est aggravée à environ 7,7 millions d’euros.
En 2025, le chiffre d’affaires est encore tombé à 22,39 millions d’euros, tandis que la perte nette atteignait 10,04 millions d’euros.
Autrement dit, entre 2023 et 2025, le chiffre d’affaires a reculé d’environ 16,7 %, tandis que la perte nette annuelle est passée de 5,9 à plus de 10 millions d’euros.
Pour le seul exercice 2025, la perte représente ainsi près de 45 % du chiffre d’affaires.
Les autres indicateurs sont également très dégradés. Le résultat d’exploitation ressort à moins 9,12 millions d’euros, le résultat courant avant impôt à moins 10,22 millions, et l’EBE est lui aussi négatif, à environ moins 5,7 millions d’euros.
Ce ne sont donc pas seulement quelques difficultés commerciales ponctuelles qui apparaissent dans les comptes. Le modèle économique de l’entreprise est structurellement déficitaire dans sa configuration actuelle.
BBS avait déjà dû être recapitalisée
Un autre élément permet de mesurer la situation.
En février 2025, les associés ont décidé de poursuivre l’activité de BBS alors que les capitaux propres étaient devenus inférieurs à la moitié du capital social.
Quelques mois plus tard, l’entreprise a procédé à une importante recapitalisation, avec 10 millions d’euros d’augmentation de capital, portant celui-ci d’environ 5,1 à 15,1 millions d’euros.
Cette recapitalisation n’a cependant pas empêché l’exercice 2025 de se terminer sur une perte supérieure à 10 millions d’euros.
Au 31 décembre 2025, les comptes faisaient notamment apparaître 66,18 millions d’euros d’actifs, 48,21 millions d’euros de capitaux propres et environ 17,4 millions d’euros de dettes. Le besoin en fonds de roulement était très élevé, autour de 29 millions d’euros.
Ces chiffres donnent une autre dimension à la reprise.
Acheter BBS ne signifie donc pas simplement acquérir trois marques connues et relancer leur communication. Le nouvel actionnaire devra également financer l’exploitation, gérer les stocks, retrouver de la croissance commerciale, améliorer fortement la productivité et déterminer quels investissements industriels sont réellement nécessaires.
Trois Rivières, une marque toujours forte, mais plus de distillation sur le site historique
Il faut également distinguer les marques des outils industriels.
Le site historique de Trois Rivières, à Sainte-Luce, ne distille plus depuis 2004. La colonne de distillation avait alors été transférée sur le site de La Mauny, à Rivière-Pilote, où est depuis produit le rhum Trois Rivières. Le site de Sainte-Luce demeure notamment un lieu patrimonial et touristique, mais l’ancienne distillerie est hors service.
La production industrielle est donc aujourd’hui concentrée autour de Rivière-Pilote, notamment sur le site de Maison La Mauny.
Cette réalité est importante car, dans les discussions qui accompagnent la cession, plusieurs scénarios industriels peuvent être évoqués.
Deux professionnels martiniquais du secteur interrogés sont a peu près du même avis, et dans le cadre de cet article estiment que le futur propriétaire devra nécessairement revoir le dimensionnement de l’outil industriel. Ils évoquent notamment, l’hypothèse d’une remise en production du site de Trois Rivières et d’une réorganisation plus profonde de l’ensemble industriel.
Mais à ce jour, rien dans le communiqué des Bienheureux ne permet d’affirmer qu’un tel scénario est envisagé.
Au contraire, la seule indication donnée officiellement par le repreneur concerne la volonté de poursuivre le développement des marques « aux côtés des équipes de BBS » et le travail réalisé « depuis de nombreuses années à Rivière-Pilote ».
Il faut donc clairement séparer l’analyse industrielle que peuvent faire certains professionnels de la filière et le projet effectivement annoncé par Les Bienheureux.
Pas davantage d’annonce sur les emplois
La même prudence s’impose concernant les effectifs.
Dans les échanges que nous avons recueillis, les sources interrogées estiment qu’une restructuration importante des effectifs serait difficile à éviter compte tenu de la situation économique et du dimensionnement actuel de l’entreprise. Elles expliquent également le dossier industriel et social particulièrement lourd.
Ces appréciations constituent uniquement le point de vue de professionnels du secteur, elles ne sont pas un plan social annoncé par l’entreprise.
À ce jour, ni Campari ni Les Bienheureux n’ont communiqué de chiffre concernant d’éventuelles suppressions d’emplois.
Les données publiées pour BBS font état d’environ 103 salariés en 2025, mais ce chiffre concerne la société BBS elle-même et ne permet pas nécessairement de mesurer l’ensemble des salariés éventuellement compris dans toutes les filiales et activités du périmètre cédé.
Le communiqué des Bienheureux adopte, pour sa part, une formulation volontairement rassurante en indiquant vouloir développer les marques « aux côtés des équipes de BBS ».
Il faudra attendre le projet industriel détaillé du nouvel actionnaire pour savoir ce que cette formulation recouvre concrètement.
Pourquoi aucun groupe martiniquais n’a-t-il repris BBS ?
La cession pourrait également susciter un débat sur l’absence de repreneur martiniquais.
Là encore, les éléments dont nous disposons invitent à éviter les conclusions rapides.
Dans nos échanges recueillis, nos interlocuteurs affirment que plusieurs acteurs économiques locaux ont examiné la possibilité d’une reprise avant d’y renoncer, essentiellement, et toujours selon eux, en raison de la situation financière de BBS, du coût industriel potentiel et des conséquences sociales d’une restructuration.
Ils contestent notamment l’idée selon laquelle l’absence de repreneur local pourrait être expliquée principalement par l’environnement politique ou institutionnel martiniquais.
Ces affirmations restent toutefois celles de sources du secteur. Les entreprises ou personnes qui auraient étudié le dossier n’ayant pas publiquement détaillé les raisons de leur renoncement, il serait excessif d’en faire une vérité définitivement établie.
Les chiffres des comptes de BBS permettent néanmoins d’établir un élément objectif : avec plus de 10 millions d’euros de pertes pour 22,4 millions de chiffre d’affaires en 2025, reprendre la société suppose des capacités financières importantes et un véritable projet de retournement.
Qui sont Les Bienheureux ?
Le futur acquéreur n’est pas un groupe traditionnel du rhum martiniquais.
Les Bienheureux ont été créés en 2014 par le groupe Imagine, avec l’ambition de créer leurs propres marques de spiritueux et de développer des positions fortes sur certains segments.
La société a notamment développé les whiskies français Bellevoye, Bercloux et Lefort, ainsi qu’une activité dans le rhum costaricain.
L’actionnariat est particulièrement solide.
Le communiqué mentionne Imagine, division Art de Vivre du groupe Videlot, famille Moueix, ainsi que SCDM, holding familiale de Martin et Olivier Bouygues et de leurs familles.
Cette précision permet aussi de corriger une présentation parfois trop simplifiée de l’opération. Il ne s’agit pas à proprement parler d’un « rachat par la famille Moueix ». La famille Moueix est présente au capital au travers du groupe Videlot et d’Imagine, mais Les Bienheureux disposent également du soutien de SCDM et de la famille Bouygues.
La présidence des Bienheureux est assurée depuis 2026 par Jean-Christophe Coutures, ancien dirigeant de Stock Spirits. C’est lui qui porte publiquement le projet BBS.
Dans le communiqué, il insiste précisément sur la valeur des trois marques martiniquaises et sur la volonté de poursuivre leur développement avec les équipes existantes.
Le vrai enjeu commence après la signature
Le rachat de BBS par Les Bienheureux peut donc être regardé de deux façons.
Du côté des marques, l’acquéreur récupère Trois Rivières, Maison La Mauny et Duquesne, trois noms profondément installés dans l’histoire du rhum agricole martiniquais. Les Bienheureux disposent précisément d’une expérience dans la création de marques, le marketing et la commercialisation de spiritueux.
Du côté de l’entreprise, la photographie est beaucoup plus exigeante.
BBS a perdu près de 10 millions d’euros en 2025, après 7,7 millions en 2024 et 5,9 millions en 2023. La société a dû être recapitalisée. Son chiffre d’affaires recule. Son besoin en fonds de roulement est considérable. Son appareil industriel devra probablement faire l’objet d’investissements et d’arbitrages.
C’est probablement là que se situe la véritable question posée par cette acquisition.
Les Bienheureux savent construire et développer des marques. Il leur faudra désormais démontrer qu’ils peuvent également redresser un ensemble agricole et industriel martiniquais lourd, déficitaire et historiquement complexe.
Et plusieurs inconnues importantes subsistent encore : le prix exact payé à Campari, le montant des investissements programmés, l’avenir des effectifs, la stratégie concernant l’outil industriel de Rivière-Pilote, le devenir à long terme du site de Trois Rivières, les objectifs de production, la politique commerciale qui sera appliquée aux trois marques et, compte tenu de l’importance du patrimoine foncier de BBS, la stratégie concernant les terres agricoles.
La première échéance sera celle de la SAFER.
La suivante, beaucoup plus déterminante, sera la présentation par Les Bienheureux de leur véritable projet industriel, agricole, commercial et social pour BBS.
Car le communiqué du 12 août annonce le changement d’actionnaire.
Il ne dit pas encore ce que deviendra BBS.
Nous en saurons plus lors d’une rencontre prochaine avec le Groupe repreneur
Philippe Pied
BBS : de La Mauny, Trois-Rivières aux Bienheureux
L’histoire de BBS est celle de deux maisons martiniquaises longtemps indépendantes, La Mauny et Trois Rivières, réunies en 1994, puis passées depuis le début des années 2000 entre les mains de plusieurs groupes français et étrangers.
La Mauny, le socle historique de BBS
L’histoire du domaine de La Mauny remonte au XVIIIe siècle. En 1749, Ferdinand Poulain, comte de Mauny, donne son nom à l’habitation de Rivière-Pilote. Après plusieurs changements de propriétaires, notamment les familles Codé puis Lapiquonne, le domaine est acquis en 1923 par les frères Théodore et Georges Bellonnie. Ils modernisent l’exploitation et développent fortement la production et la commercialisation du rhum.
Au tournant des années 1970, après la disparition des frères Bellonnie, la famille Bellonnie s’associe à Jean-Pierre Bourdillon et à la famille Bourdillon. Cette association donne naissance aux Anciens Établissements Bellonnie, Bourdillon et Successeurs, qui deviendront BBS, Bellonnie et Bourdillon Successeurs. Le Groupe Chevrillon, qui en deviendra plus tard propriétaire, retient 1974 comme date de création de BBS.
La Mauny constitue donc le noyau historique de BBS, bien avant l’arrivée de Trois Rivières.
Trois Rivières, une histoire distincte jusqu’en 1994
L’histoire foncière de Trois Rivières est beaucoup plus ancienne, mais sa succession de propriétaires est différente.
In 1785, Étienne Isaïe Marraud des Grottes acquiert le domaine. Au début du XXe siècle, Amédée Aubéry en devient propriétaire, les sources situant son acquisition en 1905. Il abandonne progressivement la production sucrière pour développer le rhum et modernise l’outil industriel.
In 1953, la famille Marraud des Grottes reprend Trois Rivières. Elle possède également la marque Duquesne, sous laquelle une partie des rhums est commercialisée jusqu’au début des années 1970.
Nouvelle étape en 1976, le groupe italien Martini & Rossi prend une participation majoritaire dans la société. Des investissements importants sont alors réalisés et la distillerie est modernisée au début des années 1980.
Puis, en 1994, BBS acquiert Trois Rivières. C’est à partir de cette date que La Mauny, Trois Rivières et Duquesne se retrouvent au sein du même ensemble.
2004, la production de Trois Rivières quitte Sainte-Luce
Un changement industriel majeur intervient dix ans après le rapprochement.
La distillation cesse sur le site historique de Trois Rivières à Sainte-Luce, les sources situant l’arrêt entre 2003 et 2004. Les colonnes de distillation de Trois Rivières et de Duquesne sont transférées à Rivière-Pilote, sur le site de La Mauny.
À partir de là, les trois marques sont produites sur le même site industriel, tout en conservant leurs procédés et notamment leurs colonnes de distillation spécifiques.
2007, Quartier Français rachète BBS
Le premier grand changement d’actionnaire extérieur intervient en 2007.
Le groupe réunionnais Quartier Français, important acteur du sucre et des spiritueux, acquiert BBS et, avec elle, La Mauny, Trois Rivières et Duquesne.
Les deux anciennes maisons martiniquaises entrent alors dans une période de changements de contrôle beaucoup plus rapides.
2010, Tereos prend le contrôle indirectement
In 2010, le groupe sucrier coopératif français Tereos rachète le groupe Quartier Français.
BBS ne fait donc pas l’objet à ce moment-là d’une vente isolée, mais change indirectement de propriétaire avec l’ensemble Quartier Français. Tereos annonce rapidement qu’il ne souhaite pas conserver durablement les activités de spiritueux.
2011-2012, La Martiniquaise doit finalement revendre
Tereos engage alors la cession de Quartier Français Spiritueux à la Cofepp, maison mère du groupe La Martiniquaise.
Mais l’opération provoque l’intervention de l’Autorité de la concurrence. La Martiniquaise possède déjà plusieurs marques majeures de rhum, notamment Saint James, Dillon et Negrita. L’acquisition de La Mauny et Trois Rivières aurait conduit à une concentration jugée excessive du marché.
En décembre 2011, l’Autorité autorise donc l’acquisition de Quartier Français Spiritueux à condition que la Cofepp cède l’ensemble des actifs martiniquais concernés, notamment la distillerie, La Mauny et Trois Rivières ainsi que la société de distribution.
La présence de La Martiniquaise dans l’histoire de BBS aura donc été extrêmement brève et, surtout, contrainte par le droit de la concurrence.
2012, Chevrillon reprend BBS
In juillet 2012, the Groupe Chevrillon reprend 61 % du capital de BBS auprès de la Cofepp, en association avec François de Lavigne, alors président de BBS.
À l’époque, BBS réalise environ 23 millions d’euros de chiffre d’affaires, produit autour de 3 millions de litres de rhum par an et exploite ses propres terres agricoles.
Chevrillon engage alors un repositionnement des marques, avec une stratégie de montée en gamme et de développement à l’international. Le groupe indique avoir conservé BBS jusqu’en 2019.
2019, Campari paie 60,5 millions d’euros
Nouveau changement d’échelle en 2019.
Le groupe italien Campari acquiert Rhumantilles, qui détient alors 96,5 % de BBS, et prend ainsi le contrôle de Trois Rivières, Maison La Mauny et Duquesne.
La transaction est finalisée le 1er octobre 2019 pour 60,5 millions d’euros.
Cette opération fait entrer les trois marques martiniquaises dans le portefeuille d’un des grands groupes mondiaux de spiritueux.
2026, Les Bienheureux à leur tour
Sept ans plus tard, nouveau changement.
The 12 août 2026, Les Bienheureux annoncent avoir signé avec Campari Group un protocole d’accord en vue d’acquérir BBS, c’est-à-dire Trois Rivières, Maison La Mauny et Duquesne.
Le CSE de BBS a rendu un avis favorable à l’unanimité. La transaction reste cependant notamment soumise à l’autorisation de la SAFER concernant le transfert des terres agricoles de BBS.
Le prix de cette nouvelle cession n’a pas été communiqué.
La chronologie en un coup d’œil
La Mauny
1749 : Ferdinand Poulain, comte de Mauny
→ 1883 : famille Codé
→ famille Lapiquonne
→ 1923 : Théodore et Georges Bellonnie
→ années 1970 / 1974 : association Bellonnie-Bourdillon, naissance de BBS
Trois Rivières
1785 : Étienne Isaïe Marraud des Grottes
→ 1905 : Amédée Aubéry
→ 1953 : famille Marraud des Grottes
→ 1976 : Martini & Rossi devient actionnaire majoritaire
→ 1994 : rachat par BBS
À partir de 1994, les deux histoires se rejoignent
1994 : BBS
→ 2007 : Quartier Français
→ 2010 : Tereos, via le rachat de Quartier Français
→ 2011-2012 : Cofepp / La Martiniquaise, passage transitoire avec obligation de revente imposée par l’Autorité de la concurrence
→ 2012 : Groupe Chevrillon
→ 2019 : Campari Group, 60,5 millions d’euros
→ 2026 : Les Bienheureux, acquisition en cours de finalisation.
Ainsi, Les Bienheureux seraient, si l’opération aboutit, le cinquième groupe à contrôler BBS en moins de vingt ans, après Quartier Français, Tereos, la Cofepp-La Martiniquaise, Chevrillon et Campari. Une succession particulièrement rapide pour des marques dont l’histoire, elle, se compte en siècles.
Philippe Pied





Les Bienheureux n’ont pas encore acquis BBS.
