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Rencontre avec le Général de Gaulle
En juillet 1963, en tant qu’étudiant martiniquais, j’ai l’occasion d’échanger en tête à tête avec le Général de Gaulle, Président de la République, sur les difficultés des jeunes antillais, tant aux Antilles que dans l’Hexagone. D’anciens élèves de Sciences Po membres de son entourage m’ont proposé ce rendez-vous.
A cette époque qui suit la fin de la guerre d’Algérie, plusieurs jeunes Martiniquais membres de l’Organisation de la jeunesse anticolonialiste de la Martinique (O.J.A.M.) sont incarcérés. Je n’ai reçu aucun mandat pour justifier leur action ou défendre leur cause. Mais . c’est une occasion exceptionnelle d’appeler l’attention du Chef de l’Etat, comme jeune martiniquais, sur les difficultés et les aspirations des jeunes ultra-marins en général, et de mes camarades incarcérés en particulier.
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Son positionnement est simple, en cohérence avec toutes ses déclarations publiques concernant les Départements d’Outre-Mer : que deviendraient vos régions s i elles n’avaient pas la France ? Aussi bien dans la Constitution qu’il a fait adopter en 1958, que dans ses déclarations officielles, il n’a jamais envisagé pour elles une quelconque autonomie ou une évolution vers l’indépendance. L’électorat martiniquais lui a donné son total accord sur cette ligne, le 28 septembre 1958, en votant « oui » massivement en faveur de la nouvelle Constitution donnant jour à la Cinquième République. Tout au plus un décret pris en 1960 permet-il aux Conseils Généraux d’émettre avis et propositions sur les projets de lois ; cette possibilité n’a d’ailleurs jamais été utilisée.
Je ne peux que lui répondre que les difficultés demeurent, malgré toute et que les souffrances peuvent déboucher sur des situations difficiles à maîtriser.
Il met fin à l’entretien après s’être très courtoisement félicité de notre bref échange.
Cette rencontre avec l’un des géants de l’histoire du XX* siècle reste l’un des moments forts de mon existence.





