Alors que la Martinique continue de débattre de ses spécificités, de son modèle économique, de sa dépendance aux importations, de la place de sa culture et des fractures sociales qui traversent le territoire, Antilla republie aujourd’hui un document rare : une longue interview d’Aimé Césaire réalisée en juin 1981 par Henri PIED et Michel PONNAMAH, quelques semaines après l’élection de François Mitterrand.
À travers ce long échange parfois visionnaire, le fondateur du PPM revient sur la peur sociale, la dépendance économique, l’identité martiniquaise, les mutations de la société locale et la nécessité de défendre les « spécificités » du territoire. Il évoque également le vieillissement de la population, l’effondrement progressif de certains secteurs économiques, la question culturelle et les rapports complexes entre sécurité sociale, autonomie politique et émancipation humaine.
À un moment où les questions de modèle de développement, de production locale, de vie chère et de cohésion sociale occupent de nouveau une place centrale dans les débats martiniquais, ces propos résonnent avec une actualité particulière.
Publié initialement dans Antilla en 1981 puis repris dans le numéro spécial des 30 ans du magazine en 2012, cet entretien demeure un témoignage précieux sur une période charnière de l’histoire politique martiniquaise.
Philippe Pied






