Depuis octobre 2025, Jarry dispose d’un scanner mobile de 850 000 euros capable d’inspecter un conteneur en une minute trente, contre deux contrôles manuels par jour auparavant. L’indicateur déterminant demeure pourtant inconnu : quel pourcentage des conteneurs est effectivement scanné ?L’État annonce par ailleurs l’arrivée, en 2027, de scanners mobiles lourds dans les principaux ports ultramarins. Entre-temps, la priorité semble donnée au dispositif le plus visible plutôt qu’au plus déterminant.
Deux discours différents
Le préfet présente les opérateurs portuaires comme des victimes à protéger contre les narcotrafiquants.
Le général de gendarmerie décrit, lui, une mission de terrain fondée sur le contact quotidien et la recherche de renseignements auprès des travailleurs du port.
Ces deux approches ne reposent pas sur la même analyse de la menace, sans que cette différence soit explicitée.
Une expérimentation difficile à évaluer
L’État annonce qu’en cas de succès, le dispositif pourra être étendu à d’autres ports antillais.
Mais aucun protocole n’est rendu public : pas d’indicateur de départ, pas d’objectif chiffré, pas de calendrier, pas de méthode d’évaluation.
Une politique publique qui ne définit pas les conditions de son succès – ni de son éventuel échec – demeure difficile à apprécier.
Le véritable enjeu
Au-delà de la lutte contre le narcotrafic, l’objectif paraît aussi économique : préserver la réputation internationale du port de Jarry auprès des armateurs, assureurs et ports européens.
Cet objectif est parfaitement légitime. Encore faudrait-il le dire clairement.
La question est ailleurs : le plan privilégie un dispositif immédiatement visible alors que les indicateurs décisifs – taux de contrôle des conteneurs, coordination avec les douanes, résultats attendus – restent absents.
Au final , cette annonce illustre une méthode désormais familière d’administration: davantage de moyens affichés que de résultats mesurables. L’avenir – nous l’espérons- nous contrediraGérard Dorwling-Carter





