« Il n’est pas possible de continuer ainsi. »
Après la sixième édition du festival Graines de Paroles, l’Association Martinique Images poursuit son travail en Martinique avec une programmation soutenue tout au long du mois d’avril. Heures du conte, spectacles en plein air, arts de rue, ateliers et tournée extérieure, l’association confirme son engagement en faveur du conte, de la transmission et du patrimoine culturel immatériel.
L’Association Martinique Images ouvre son mois d’avril avec un message à la fois chaleureux et lucide. Au sortir de la sixième édition du festival Graines de Paroles, consacré aux spectacles interactifs pour les 2 à 5 ans, la structure remercie les artistes, les lieux d’accueil, les partenaires de terrain et toutes les personnes mobilisées autour de l’événement. Mais elle rappelle aussi une réalité plus difficile, celle d’une manifestation organisée sans véritable soutien institutionnel, avec l’appui des seules villes d’accueil et des parents.
Derrière les remerciements, il y a donc un signal clair. L’association continue d’agir, de créer et de transmettre, mais elle souligne que cet engagement ne pourra pas reposer indéfiniment sur les mêmes efforts.
Un mois d’avril très présent sur le territoire
Malgré ces fragilités, AMI propose en avril une programmation riche, tournée vers les familles et les jeunes publics. Les Contes à la Pleine Lune ouvrent et ferment le mois, d’abord au Vauclin, puis au Morne-Rouge, dans un format convivial, accessible et proche du public.
Entre ces deux rendez-vous, plusieurs Heures du Conte sont aussi annoncées, notamment au Carbet et aux Trois-Îlets. À chaque fois, l’objectif reste le même, faire vivre la parole contée dans des lieux du quotidien, au plus près des habitants, avec une attention particulière portée aux enfants.
Cette présence dans plusieurs communes montre la volonté de l’association de ne pas enfermer le conte dans un seul lieu ou un seul cercle. Le choix est clairement celui de la proximité, de la circulation et de la rencontre.
Le conte aussi dans l’espace public
Le mois d’avril est également marqué par la participation au festival Lézard Ti Show, consacré aux arts de rue en Martinique. Au Carbet, plusieurs spectacles de Valer’EGOUY sont annoncés, avec des propositions destinées aux plus jeunes comme aux familles.
Ce positionnement est important. Il montre qu’AMI ne défend pas seulement une pratique patrimoniale ou scolaire du conte. L’association l’inscrit aussi dans le spectacle vivant, dans l’espace public, dans une forme artistique directe et populaire, capable de toucher des publics variés.
Transmettre autant que diffuser
AMI rappelle également qu’elle mène un travail de fond toute l’année à travers des ateliers et des stages. Théâtre, conte, expression corporelle, la structure ne se contente pas de programmer des spectacles, elle accompagne aussi des pratiques, forme des participants et crée des espaces d’apprentissage.
Cette dimension est essentielle. Elle donne à l’association une place particulière dans le paysage culturel martiniquais. Elle ne se limite pas à montrer, elle transmet, elle structure et elle entretient une dynamique autour de l’oralité, de la scène et de l’imaginaire.
« Adhérer à l’Association Martinique Images, c’est participer à un projet dynamique de valorisation du patrimoine culturel immatériel qu’est le conte. »
Un rayonnement au-delà de la Martinique
L’infolettre annonce aussi plusieurs déplacements de Valer’EGOUY hors du territoire, avec des rendez-vous en France hexagonale et en Tunisie. Cette présence extérieure montre que le travail porté depuis la Martinique trouve un écho plus large et permet de faire circuler un imaginaire, une parole et une sensibilité martiniquaise dans d’autres espaces culturels.
Ce rayonnement donne encore plus de poids au message porté par l’association. Car derrière les spectacles et les ateliers, c’est aussi une certaine idée de la culture martiniquaise qui se déploie, vivante, mobile et profondément ancrée dans la transmission.
Une énergie qui mérite d’être soutenue
Au fond, cette programmation d’avril révèle une association active, créative et engagée, mais aussi confrontée aux limites bien connues du secteur culturel. L’Association Martinique Images poursuit sa mission avec constance, en restant fidèle à une ligne claire, faire vivre le conte, rencontrer les publics, former, transmettre et défendre un patrimoine immatériel souvent discret, mais essentiel.
Dans un territoire comme la Martinique, où la question de la mémoire, de la parole et de la transmission reste centrale, cette action a toute sa place. Encore faut-il qu’elle puisse s’inscrire dans la durée.
« La parole contée continue de relier les lieux, les générations et les imaginaires. »
Philippe Pied






