La décolonisation, telle qu’elle se présentait dans les années suivant la deuxième guerre mondiale, était essentiellement d’ordre juridique: il fallait, pour les peuples concernés, éliminer les colonisateurs, et les remplacer par des représentants de la majorité.
La plupart des nouveaux dirigeants accédant au pouvoir étaient, même avec mille nuances, fortement imprégnés de marxisme.
Quelques décennies plus tard, les attentes d’équipements collectif, de consommation et de liberté de la population ont conduit l’énorme majorité d’entre eux à un certain réalisme : peu nombreux sont aujourd’hui les tenants des dogmes marxistes purs et durs; la lutte des classes est souvent oubliée, et les cloisons entre le secteur privé et le secteur public sont loin d’être étanches.
La Chine, première puissance économique actuelle, laisse de larges pans de la production entre des mains privées. Cette même Chine est aujourd’hui le deuxième pays aux inégalités les plus fortes de la planète, juste après les Etats-Unis d’Amérique .
L’aggravation des inégalités, à l’intérieur d’un même pays, mais aussi entre les pays, Intelligence artificielle ou pas, appelle des innovations politiques majeures.
Ces innovations tourneront , dans tous les pays, autour de deux axes.
Axe numéro 1, une plus juste répartition des fruits de l’activité professionnelle, non par la fiscalité génératrice de bureaucraties lourdes, mais par une plus juste répartition des revenus entre propriétaires et salariés, entre hauts fonctionnaire et petits agents publics. Cela sans décourager ceux qui ont l’énorme mérite d’entreprendre à leurs risques et périls, au bénéfice de tous
Axe numéro 2, un positionnement moins central de la profession, et plus central de la culture, dans l’organisation de la société et dans la vie de chacun.
La question mérite encore et encore d’être posée: malgré l’importance majeure du travail pour la dignité humaine, vivons-nous pour travailler, ou travaillons-nous pour vivre?
Maurice Laouchez





