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    Home » Gaza, naufrage du droit : pourquoi l’humanité ne peut plus attendre
    Landmark

    Gaza, naufrage du droit : pourquoi l’humanité ne peut plus attendre

    July 27, 2025No Comments
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    Il existe une communauté juive importante à la Martinique. Cette immigration s’est amplifiée depuis les accords d’Évian, la fin de la guerre d’Algérie a vu des milliers de pieds-noirs s’expatrier et rentrer en France. Ceux qui ont choisi de s’installer ici ont été bien accueillis et même fait fortune. C’est avec une grande sympathie que nous les regardons déambuler – à pied- vers leur synagogue pour honorer le Dieu que la majorité des Martiniquais reconnaissent. 

    Un sondage récent de l’association Tous Créoles révèle que majoritairement la population tolère cette communauté, ne nourrissant d’ailleurs aucun ressentiment ethnico-racial à l’égard des peuples venus ici au fil de notre histoire.

    Toutefois certains d’entre nous restent perplexes devant le silence de bronze de la communauté juive locale face à ce qui se passe dans la bande de Gaza.

    Une histoire née d’une tragédie

    La création de l’État d’Israël, en 1948, est née des ruines de l’Europe et des cendres de la Shoah. L’horreur de l’extermination des Juifs d’Europe par le régime nazi a galvanisé un soutien international inédit à l’idée sioniste. Le projet consistait à établir un foyer national juif sur la terre de Palestine, alors sous mandat britannique. Mais cette promesse d’un refuge pour un peuple persécuté s’est rapidement heurtée à une autre réalité : celle d’une population arabe déjà installée, et massivement déplacée par la guerre de 1948, dans ce qu’elle appelle la Nakba – la catastrophe.

    Depuis lors, Israël s’est construit dans une tension constante entre son idéal démocratique et la logique coloniale de son expansion territoriale. Le rêve d’un État sûr pour les Juifs s’est transformé, au fil des décennies, en cauchemar pour les Palestiniens. L’occupation, l’annexion, le blocus et la répression sont devenus les piliers d’un statu quo militarisé, au prix de milliers de vies humaines.

    Le Handala, ou l’échec en mer du droit international

    Le navire Handala, arraisonné le 27 juillet par la marine israélienne alors qu’il naviguait dans les eaux internationales pour acheminer de l’aide humanitaire vers Gaza, n’est pas un simple bateau. C’est un symbole. À son bord, deux députées françaises, des journalistes, du matériel médical et des vivres pour une population affamée. Sa saisie par les forces israéliennes – sans mandat international – est une violation manifeste du droit de la mer, et un affront à la solidarité humanitaire.

    Ce n’est pas un fait isolé. En juin, le Madleen, un autre navire civil avec à son bord l’écologiste Greta Thunberg et l’eurodéputée Rima Hassan, avait connu le même sort. À chaque fois, des militants désarmés, pacifiques, mus par une exigence morale universelle, sont arrêtés, expulsés, humiliés.

    Qu’avons-nous vu en retour ? Un silence gêné des capitales européennes, des protestations timides, et la sempiternelle invocation du « droit d’Israël à se défendre ». Mais défendre quoi, face à des sacs de riz, des jouets pour enfants et des médecins bénévoles ?

    La faillite morale de la communauté internationale

    Depuis le 7 octobre 2023, et l’attaque atroce du Hamas contre des civils israéliens, l’armée israélienne a déclenché une offensive d’une ampleur inédite sur Gaza. Les chiffres sont terrifiants : famine, malnutrition infantile, hôpitaux détruits, journalistes ciblés, et une population piégée dans une enclave sous blocus. Des centaines de milliers de civils sont déplacés, des centaines d’enfants meurent de faim. Et pourtant, aucune ligne rouge ne semble avoir été franchie aux yeux des puissants.

    Le Conseil de sécurité de l’ONU, paralysé par le veto américain, se révèle incapable d’imposer ne serait-ce qu’un cessez-le-feu. Les résolutions sont votées… et piétinées. Les grands États parlent d’humanité, mais livrent des armes. Ils pleurent les morts, mais ferment les ports. Ils réclament la paix, mais laissent faire la guerre.

    L’humanité prise en otage

    Ce que révèle le Handala, c’est que ce conflit n’est plus seulement une tragédie locale : il est devenu une affaire morale globale. La cause palestinienne, longtemps instrumentalisée, déformée, réduite à une grille de lecture géopolitique, revient au cœur de la conscience universelle. Non pas par les slogans, mais par les faits : on meurt de faim à Gaza, sous les yeux d’un monde qui regarde ailleurs.

    Le règlement du conflit israélo-palestinien ne peut être laissé entre les mains d’hommes politiques obsédés par leur survie électorale. Un Benyamin Nétanyahou, mis en examen dans son propre pays, n’a jamais fait mystère de sa volonté de neutraliser toute perspective d’État palestinien. Quant au Hamas, ses stratégies de terreur n’ont fait qu’alimenter le cycle de destruction. Il est temps que les peuples – et non les seuls gouvernements – reprennent l’initiative.

    Refuser l’impuissance

    Le droit international n’est pas un luxe. Il est la condition même d’un monde habitable. L’arraisonnement du Handala dans les eaux internationales n’est pas un simple incident maritime : c’est le miroir de notre impuissance collective. Face à l’inacceptable, des citoyens se lèvent, quittent leurs frontières, embarquent pour un territoire assiégé. Ce sont eux, désormais, qui portent l’exigence d’un avenir commun.

    La question palestinienne n’est pas celle d’un camp contre un autre. Elle pose à chacun cette question simple et redoutable : quelle part d’humanité sommes-nous prêts à abandonner au nom de nos intérêts ?

    Gdc

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